‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 223 sur 392 · PRISE DE POSSESSION DE LA BAIE D'HUDSON · texte numérisé non relu

PRISE DE POSSESSION DE LA BAIE D'HUDSON

En envoyant ainsi M. de Saint-Lusson, pour prendre possession du pays des Outaouas, M. Talon chargea d'autres Français d'aller découvrir, tant la mer du Nord, par où l’on espérait de parvenir à la Chine, que la fameuse baie d'Hudson, reconnue en 1612 par ce navigateur (1), & depuis longtemps oubliée des Anglais. Déjà, en 1661, sur le rapport d'un capitaine Nipissingue, les PP. Druillettes & Dablon avaient résolu d'aller à la recherche de cette mer. « Nous savons depuis longtemps, écrivait le « P. Lejeune, que cette mer du Nord eft contiguë à celle « de la Chine, & qu'il n'y a plus que la porte à trouver; « que c'eft là que se voit cette fameuse baie, large de « septante lieues & profonde de deux cent :ixante, dé- « couverte pour la première fois par Hudsen, qui lui a « donné son nom, sans qu'il en ait recu d'autre gloire « que d'avoir, le premier, frayé un chemin qui se ter- « mine à des empires inconnus. C’eft dans cette baie que « se trouvent, en certains temps de l'année, quantité de « nations circonvoisines, comprises sous le nom général « des Kiliftinous (2). » Ceux-ci, ayant appris que des Français étaient établis en Canada, avaient, en 1661, envoyé par les terres, des députés à Québec, & demandé à M. d’Argenson, alors Gouverneur général, d'établir un commerce avec eux & de leur donner un Missionnaire. M. d’Argenson, dans l'espérance de trouver, par la mer du Nord, ur passage au Japon, & aussi de découvrir des nations sauvages encore inconnues, leur envoya les PP. Druillettes & Dablon, qui partirent de Québec, au mois de mai 1661, avec M. de la Vallière, gentilhomme de Normandie, Denis Guyon, Desprez, Couture & François Pelletier, Ils s'étaient

1672. Il conduisait avec lui un orignal vivant, âgé d’environ six mois, un renard & douze grandes outardes, qu’il s’empressa d’aller présenter au Roi. Ce navire, qui était de trois cents tonneaux, portait dix mille livres de caftor, valant alors quatre francs & demi la livre, quatre cents peaux d’orignaux, diverses pierres, du bois, de la poix'& beaucoup d'autres productions du pays (°).

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