‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 238 sur 392 · DE COURCELLES PART DE VILLEMARIE AVEC CINQUANTE®*=CINQ BRAVES · texte numérisé non relu

DE COURCELLES PART DE VILLEMARIE AVEC CINQUANTE®*=CINQ BRAVES

332 It PARTIE. LOUIS XIV.

certain que le Gouverneur ne trouverait pas le moyen d'aller chez eux avec des troupes; que pour cela 1l faudrait porter des vivres, dans des bateaux à la Française; & que la conduite de ces bateaux leur semblait être impossible, à cause des rapides & des chutes d'eau, qui les séparent de nous. Cependant, les Agniers, qui avaient éprouvé déjà la jufte vengeance de M. de Courcelles, n'eurent garde d'’entrer dans l'entreprise des autres nations Iroquoises : car depuis la ruine de leurs cabanes, ils proteftèrent toujours qu'ils reconnaissaient le Roi de France, pour le seigneur de leur pays. Informé de l'opinion défavorable que les Sonnontouans & les Onnontagués avaient conçue de son inexpérience dans cette sorte de navigation, M. de Courcelles, pour les détromper, & tenir tous les Iroquois en crainte, forma le dessein d'aller chez eux en barque (1), & de faire une promenade en bateau, dans leur pays; en même temps, pour maintenir les Outaouas dans le respect, il fut arrêté que M. Talon ferait prendre possession de leur pays, cette année même, comme nous l'avons raconté, au chapitre précédent (2). Un autre motif, qui portait M. de Courcelles à entreprendre ce voyage, était de reconnaître les terres voisines du lac Ontario, pour y établir ensuite un pofte & une colonie, afin d'arrêter les lroquois, qui portaient leurs pelleteries aux Anglais. Enfin, il avait aussi en vue de faciliter le passage, pour aller au Mississipi, ce chemin étant plus court & plus facile.

Au retour du printemps de cette année 1671, le fleuve Saint-Laurent ne fut pas plus tôt libre, par le départ des glaces, que le Gouverneur monta à Montréal, suivi des officiers & des gentilshommes du pays, sans rien dire encore à personne de son dessein. Le motif avoué de ce voyage était de recevoir à Montréal les prisonniers Outaouas qu'il avait sommé les Iroquois de lui amener; il en reçut en effet quelques-uns, & comme il avait promis aux Outaouas, qui devaient venir en traite, de les y voir, il fit quelque séjour à Villemarie pour les attendre. Jusque-

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