‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 237 sur 392 · QUINS; RÉPONSE DE GARAKONTIÉ · texte numérisé non relu

QUINS; RÉPONSE DE GARAKONTIÉ

XIE

GARAKONTIÉ REÇCIT LE BAPTÊME,

(n° Relation de 1070, p. 3,0.

XIV, DISPOSITIONS DES Ale GONQUINS ET CELLES DES IROQUOIS. M. DI COURCELLES LEUR OR- DONNE DE SE RENDRE MUTUELLEMENT LEURS PRISONNIERS,

(2) Relation de 1670,

(3) Voyage de M.

de Courcelles, par M.

Dollier,

A toutes les interrogations, qu'on a coutume de faire aux catéchumènes qu'on baptise, Garakontié répondit avec beaucoup d'assurance & de bon sens; & lorsqu'on lui demanda s'il voulait être baptisé, il répondit : qu'il y avait déjà trois mois entiers qu'il désirait cette grâce. Après qu'il eut reçu le Baptème & la Confirmation, on le conduisit au Château de Saint-Louis, pour qu'il remerciàät M. de Courcelles de l'honneur qu'il lui avait fait en lui donnant son nom; & à son entrée il fut salué, par une décharge de tous les canons du Fort & de toute la mousqueterie des soldats, disposés en haie pour le recevoir. La fête se termina enfin par un feflin, que M. de Courcelles avait fait préparer, pour toutes les nations assemblées alors à Québec (1).

De tout ce qui fut dit dans le Conseil entre les Iroquois & les Algonquins, on jugea que ces derniers avaient eu tort d'avoir recommencé la guerre par des actes d'hostilité; & que de leur côté les Iroquois étaient blämables de n'avoir pas attendu que le Gouverneur fit juftice sur leurs plaintes & de s'être eux-mêmes vengés; qu'au refte les Algonquins paraissaient vouloir la paix avec plus de sincérité que les Iroquois; qu'ils avaient mis en liberté deux prisonniers, l’année précédente, & cette année en renvoyaient quatre autres, en assurant qu'ils étaient prêts de rendre tous ceux qu'ils retenaient encore, si le Gouverneur ie leur ordonnait; tandis que les Iroquois, au contraire, n'avaient renvoyé aucun captif, & qu'enfin ceux de Sonnontouan, qui avaient le plus d'intérêt en cette querelle, ne s'étaient pas mème trouvés à ce Conseil, pour la terminer (2). M. de Courcelles voyant ainsi que, malgré la paix, les Iroquois ne laissaient pas de faire la guerre aux Outaouas, les attaquant lorsqu'ils venaient en traite chez nous, les pillant & les emmenant en captivité, il jugea qu'il était nécessaire, pour le bien de la colonie, d’obliger les Iroquois à faire la paix avec eux; & pour la mieux établir, il ordonna aux uns & aux autres de se rendre mutuecllement les prisonniers qui seraient encore en vie (3); sur-

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tout que les Sonnontouans se conformassent à cet ordre; qu'autrement, il les considérerait, comme perturbateurs & les traiterait comme ennemis du Roi (1). Il ajoutait qu'en ramenant les prisonniers, 11 leur défendait expressément de les mutiler, ou d'exercer envers eux aucun acte de leurs cruautés ordinaires, les menaçant, dans le cas contraire, de le voir arriver dans leur pays avec son armée.

Ce commandement révolta l'orgueil des Iroquois. « Pour qui nous prend le Gouverneur, dirent-ils? I se « fache que nous allions en guerre, & il veut que nous « laissions en repos ses alliés. Qui sont donc ses alliés? « Et comment veut-il que nous les connaissions, puisqu'il « prétend prendre sous sa protection tous les peuples « que découvrent les Missionnaires, & que tous les jours « ceux-ci entrent dans des nations qui ne nous ont jamais « été qu'ennemies? Le Gouverneur nous menace de rui- « ner notre pays? Nous verrons s1l aura les bras assez « longs, pour enlever la peau & la chevelure de nos têtes. » S'ils parlaient avec cette insolence, c'eft qu'ils étaient persuadés que les rapides & les torrents qu'il fallait remonter, pour aller dans leur pays, étaient inaccessibles aux Français. Néanmoins, après avoir jeté leurs premiers feux, ils jugèrent expédient de donner quelque satisfaétion au Gouverneur (2). En quoi, dit M. Dollier, ils ne laissèrent pas d'agir avec fraude : car, entre leurs prisonniers, ils choisirent ceux qui leur étaient le moins utiles, comme quelques femmes & quelques enfants, au nombre de douze ou quinze, & retinrent plus de cent hommes vigoureux, en déclarant qu'ils feraient plutôt la guerre aux Français, que de leur rendre des captifs de cette espèce.

Îs étaicnt même si audacieux, ajoute-t-il, que, l'année dernière, on apporta ici trois ou quatre fois la nouvelle, que les Sonnontouans & les Onnontagués se préparaient à nous faire la guerre tout de bon, se fiant dans la difficulté des chemins qui conduisent à leurs pays; & tenant pour

(1) Relation de 1670, p. 6.

LES IROQUOIS RÉVOLTÉS DE CE COMMANDEMENT NE RENDENT QUE QUELQUES CAPTIFS ; LEUR INSOLENCEs

(2) Relation de 1671, p. 3.

LES SONNONTOUANS ET LES ONNONTAGUÉS RE* GARDENT LEUR PAYS COMME INACCESSIBLE, M, DE COURCELLES VEUT Y ALLER,

FÉÈÉ

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