VILLE DE QUÉBEC
s'élevaient les magasins de la Compagnie, flanqués de deux tourelles du côté du midi & accompagnés de deux petits pavillons du côté du nord. C'était là aussi qu'était la batterie établie par Champlain pour commander sur le fleuve.
De la Basse-Ville on montait à la Ville-Haute par un chemin tortueux pratiqué entre des rochers, & sur la droite on rencontrait le cimetière, Ce chemin, qui aboutissait à l'église paroissiale, se divisait en deux : d'un côté, il conduisait chez les Jésuites & à l'Hôpital, &, de l'autre, au Fort des sauvages & au château Saint-Louis, Le chàteau, ou le Fort du Roi, gardé pur des soldats nuit & jo:r, sous les ordres du Gouverneur, était de forme irrégulière, flanqué de baflions armés de pièces d'artillerie, & offrait à l'intérieur plusieurs corps de logis séparés les uns des autres. À quarante toises de là environ, on voyait, du côté du midi, un petit jardin clos, à l'usage du Gouverneur; & devant le château, à loueft, était la Place d'Armes en forme de trapèze. Sur lun des côtés de cette place, l'on voyait un bâtiment attribué d'abord à la sénéchaussée & qui portait le nom de Palais; c'était là, sans doute, qu'en 1664 le Conseil souverain tenait ses séances. De la Place d'Armes partait le grand chemin qui conduisait au Cap Rouge, & à droite & à gauche de ce chemin étaient quelques emplacements donnés à des particuliers pour y bâtir. Le Fort des Sauvages était ce réduit, dont on a parlé, qui servait d'asile aux trifles reftes de la nation Huronne, formant en tout quatre-vingts âmes, en l'année 1065 (*) (1). I continua d'être occupé par eux jusqu'à la
« In inferiore sunt portus, vadosa navium ora, mercatorum apothecx a ubi & merces servantur & venduntur, commercium quodlibet « peragitur publicum, & magnus civium numerus commoratur, » Informatio de Statu F'eclesiæ, ibid,
(*) « Huronica apud Canadenses Ecclesia, écrivait M. de Laval, « tota penè interiit, si animas exceperis oétoginta communi ruinx « superitites, hicque Quebeci, velut in asylo vitam trahentes, Multô « plures numerantur adhuc; sed captivi partim detinentur ab hofle
(4) Arch, de la Pros pagande, vol. Ame:
rica, 3, Canada, 156; | de Ecclesia Huronica, 1663, fol 56,
(r; Relation de 1669, p. 23.
(2) Arch. de la Propagande, vol. America, 3, Canada, 256; Relatio Missionis, an, 1660, art. 47, 48, fol 12,
(5) 1bid., de Statu Ecclesiæ, 21 o@obris 1661, fol. 27, 28.
paix faite avec les Iroquois après l’arrivée des troupes, & ils le quittèrent alors pour se livrer à la culture des terres (1), comme nous l'avons raconté ailleurs. Outre les bâtiments des RR. PP. Jésuites, ceux des Religieuses Ursulines & ceux de l'Hôpital, on voyait à la Haute-Ville une maison située derrière le chevet de l'église paroissiale, où habitait M. de Laval. C'était probablement celle qu’il appelait son Séminaire, & où il faisait élever des jeunes gens qu'on pût promouvoir un jour au sacerdoce. Déjà, avant l'année 1661, il avait conféré les Ordres mineurs à un jeune Canadien, né de parents Français, & le sacerdoce à M. Henry de Bernières, venu avec lui de France (2). C'était au Séminaire que le prélat résidait avec ses prêtres, au nombre de huit, qui composaient alors tout le clergé séculier de Québec. Là était aussi l'église de Notre-Dame, en forme de croix latine, construite en pierre, & regardée dans ces commencements de la colonie comme un vafte & magnifique bâtiment. On y observait, pour la célébration du Service Divin, le cérémonial des Évèques; & les prêtres, ainsi que les jeunes clercs élevés au Séminaire, assiftaient toujours aux offices, comme aussi dix ou douze enfants de chœur. En outre, les fêtes solennelles, on y chantait en musique la Messe, les Vèpres & le Salut, avec accompagnement d'un inftrument à cordes & de l'orgue qui ajoutaient beaucoup à l'harmonie & à la douceur du chant (*) (3). Après que le Roi
« omnis tum humanæ, tum divinæ fidei experte, partim ad loca, « quo tutiüs saluti consulerent, remotissima omnibusque impervia « penetrarunt, » Archives de la Propagande, ibid.
(*) Voici la description que M. de Laval fait de la Haute-Ville :
« In superiore urbe sunt Propugnaculum regium, cui militi- « busque plurimis diu noétuque in eo vigilantibus præficiturGuber- « nator, Caftellum ferorum hominum, Religiosa Domus & aliquot « habitantium priterea. Basilica nunc ibi lapidibus conftruéta cer- « nitur & magna sane & magnifica. Officium in ea divinum juxta « Episcoporum cæremoniale celebratur, cui & presbyteri & clerici « juniores qui in noftro Seminario Ecclesiæ vacant disciplinæ & « decem duodecimve à Choro pueri continuô assiftunt. In majoribus
roupes, ure des utre les igieuses te-Ville paroisnt celle ver des erdoce.
res miis, & le lui de résidait osaient t aussi , CONSents de . On y e Céréjeunes ffices, outre, Messe, inftrul'harle Roi
d loca, npervia
-Ville :
militi- Guberaliquot ta cer- 1 juxta clerici inx & joribus
Tom. I, ag. 474 EEE RENTE ERRERERSSE NES ISLE VASTES