‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 264 sur 392 · XV. LR PREMIÈRES RUES DE VIL: d (2 LEMARIE TRACÉES ET · texte numérisé non relu

XV. LR PREMIÈRES RUES DE VIL: d (2 LEMARIE TRACÉES ET

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Sel dit Le Clos ou Du Clos, autrefois syndic, & la prolon. gea jusqu'à un petit édifice, qui servait de reposoir pour les processions du Très-Saint Sacrement, situé à l'extrémité du coteau, où l'on avait conftruit un moulin servant de redoute. Ce coteau, comme on l'a dit, occupait le sol de la place appelée aujourd'hui d'Halousie. Sur chacune des deux lignes que devait suivre cette rue, Basset posa, de diflance en diftance, huit bornes, & mit sous chacune du mâchefer, avec unc eflampille de plomb, marquée aux armes du Séminaire. La rue Notre-Dame, alors la plus grande de Villemarie, ne devait cependant avoir que trente picds de largeur; c'eft que, dans ces premiers temps, où l'on se voyait dans la nécessité de clore les villes & les villages, on ménageait ainsi le terrain, pour n'avoir pas une trop grande enceinte à garder. Aussi, M. Dollier ne donna-t-il que dix-huit ou tout au plus vingt-quatre pieds aux autres rues. Ainsi, il fixa à dix-huit pieds la largeur de la rue Saint-Joseph, qui devait se trouver derrière le chœur de l'Église paroissiale projetée, & comme cette rue était déjà nommée de la sorte, il se contenta d'en marquer la largeur & d'en déterminer les alignements. Il donna pareillement dix-huit pieds à une troisième rue, qu'il traça & qu'il nomma de Saint-Pierre, en l'honneur du Prince des Apôtres, patron de M. le baron de Fancamp, si généreux pour la fondation de Montréal, Il la fit partir de la rue Notre-Dame, & aboutir à la rue de la Commune, qu'il appela alors rue Saint-Paul, du nom de l’Apôtre des Gentils, patron de M. de Maisonneuve, l'inftrument de la Providence dans la fondation du pays. Parallèlement à la rue Notre-Dame, il en traça une autre, qui commençait à la rue du Calvaire, & se terminait à une autre qu'il appela de Saint-Charles, comme nous allons le dire, & cette quatrième rue, il la nomma de Saint-Jacques, patron de M. Olier. Une cinquième rue parallèle à celle de Saint-Pierre & pareillement de dix-huit pieds de largeur, il la nomma de Saint-François, en l'honneur de son propre patron, & la fit passer le long du jar-

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VILLEMARIE HAUTE-VILLE, 1072, 377 din du sieur de Saint-André, d'un côté, & du jardin du Séminaire de l'autre (*). A une autre qui partait de celle de Notre-Dame & se dirigeait vers la montagne, il donna vingt-quatre pieds de largeur, comme devant servir aux charrois; & cette rue, il l'appela du Calvaire, pour attirer sur la colonie les prières d'une pieuse Communauté de Religieuses, connue sous ce nom à Angers, dont madame Dollier de Casson, sa sœur, était alors Prieure (1). Une huitième rue, qu'il fit partir de la rue Notre-Dame, en tirant vers les coteaux, il l'appela de Saint-Lambert, patron de M. Closse, à qui Villemarie était si redevable, & pour honorer davantage encore la mémoire de ce brave major, mort pour la défense du pays, il accorda à Élisabeth Moyen, sa veuve, un nouveau fief noble, le 27 juin de cette année 1672 (2). À la rue Saint-Lambert il donna vingt-quatre pieds de largeur, aussi bien qu'à celle du Calvaire, comme étant pareillement deftinée aux charrois. Une neuvième rue, parallèle à celle de Saint-Joseph, & qui d'abord partait de la rue Saint-Paul, traversait celle de Notre-Dame & allait aboutir à la rue Saint-Jacques : il l'appela de Saint-Gabriel, patron de M. de Queylus & de M. Souart. Il lui donna dix-huit pieds de largeur, comme à la précédente. Enfin, la dernière rue, parallèle à celle de Saint-Gabriel, & aboutissant aussi à la rue Saint-Jacques, il la nomma de Saint-Charles, patron de M. Le Moyne de Longueuil, qui avait rendu tant de services au pays (**) (3).

(*) Dans le procès-verbal de l'établissement des premières rues de Villemarie, celle-ci eft appelée simplement rue Saint-François, & aussi dans un plan de la ville fait avant la démolition du château : ce qui, dans ce temps surtout, signifiait Saint-François d'Assise. Mais, dans la suite, M. de Laval ayant mis en grand honneur le culte de saint François Xavier, apôtre des Indes, qu’il donna pour l’un de ses patrons au Canada, appelé alors les Indes occidentales, cette rue prit insensiblement le nom de ce saint, qu’elle porte encore aujourd'hui.

(**) Quelques propriitaires de terres que ces rucs devaient traverser, ne laissèrent pas de les labourer dans leur entier comme auparavant, & méme de les ensemencer, malgré le tracé que M. Dollier

(1) Vie de M. Dollier, par Grandet,

(2) Grefle de Viilemarie, 27 juin 1672,

(3) 1bid., 12 mars

MESURES PRISES PAR LES SEIGNEURS POUR AC- CÉLÉRER LA CONS- TRUCTION DE LA

HAUTE-YILLE,

(1) Arch, du séminaire de Villemarie, 12 jaav. 1675,

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