M, DE COURCELLEB ET M. TALON QUITTENT LE CANADA
celles, & de celui de M. Talon l'année suivante (*). La sagesse que celui-ci faisait paraître dans la conduite des
] affaires, son affabilité envers les colons dont il procurait l les avantages avec tant de sollicitude, ses autres qualités | personnelles, & surtout la grande autorité que le Roi lui fl: 4 avait donnée, lui conciliaient l'eftime & la considération ju universelle dans la colonie, de manière à le mettre, dans
{ l'opinion des peuples, à légal & même au-dessus du Gouverneur. M. de Courcelles était doué lui-même de trèsbelles qualités, & le P. de Charlevoix le regarde comme l'un des Gouverneurs les plus accomplis qu'ait eus la
QG) Hit de la Nou- Nouvelle-France (1). Mais il n'eut pas toujours assez de veetrane, 1: vertu pour étoufler les ressentiments de la faiblesse hu-
Ste maine que lui faisait éprouver le grand crédit de M. Talon, ce qui causa entre eux quelques germes de froideur; &, comme les suites d'un désaccord auraient pu tourner au désavantage de la colonie, ils demandèrent très-sagement l'un & l'autre leur rappel, en alléguant encore l'altération de leur santé, causée par le climat sévère du pays. M. de Courcelles, en particulier, avait beaucoup souffert de son voyage au lac Ontario; &, dans sa lettre au miniftre où il demandait son retour en France, il ajoutait que s'il avait le bonheur de recouvrer ses forces, il irait se faire tuer pour le service du Roi comme tous ses frères l'avaient
(2) Jbid., p.407. déjà fait (2). Le 6 avril 1672, ce prince nomma M. de
(8) Arch. de la ma Frontenac pour lui succéder (3), & le lendemain écrivit à
He ss M. de Courcelles : « J'ai appris, par votre lettre du « 10 novembre dernier, le voyage que vous avez fait
« l’année passée au lac Ontario, tant pour reconnaitre le
(*) M. Talon avait été nommé sans limitation de temps, aussi bien que M. de Courcelles. Mais, au bout de trois ans, des affaires
(4) Hift. de la Nou- de famille qui demandaient sa présence à Paris (4), & quelques sujets velle-France, par le de mécontentement qu’il avait eus en Canada, lui firent souhaiter l. de Charlevoix. de s’en éloigner momentanément. Le Roi, pour lui donner cette satisfaction, nomma à sa place, le 5 avril 1668, M. de Bouteroue, qu’il
rappela peu après en renvoyant M. Talon en Canada.
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