MM, DE COURCELLES ET TALON QUITTENT LE CAN
pays que pour imprimer toujours dans l'esprit de toutes les nations sauvages la crainte de mes armes, afin de maintenir la paix & le repos parmi mes sujets de la Nouvelle-France. Mais comme le mauvais état de votre santé ne vous permet pas de demeurer davantage dans ce pays, je vous fais cette lettre pour vous dire qu'étant satisfait de l'application que vous avez eue pour vous bien acquitter de l'emploi que je vous ai confié, je vous rappelle dans mon royaume (1). » Le
17 mai suivant, le Roi écrivit à M. Talon une lettre semblable : « Les infirmités qui vous sont survenues depuis
votre retour en Canada ne vous permettant pas d'y demeurer plus longtemps, je trouve bon que vous repassiez dans mon royaume pour que vous travailliez au rétablissement de votre santé, & je serai bien aise de vous donner, en toute occasion, des marques de la satisfaction que j'ai de votre application & des services que vous m'avez rendus dans l'emploi que je vous ai confié (2). » Enfin le mois suivant, Colbert écrivait de son
côté à M. Talon : « Comme vous revenez l'un & l'autre en
France, les petites difficultés qui sont arrivées entre M. de Courcelles & vous n'auront point de suites (3). »
Avant son départ, M. de Courcelles écrivit à M. Dol-
lier de Casson, Supérieur du Séminaire de Villemarie, en remplacement de M. de Queylus, une lettre d'adieu (*), &
(*) « Si jai quelque peine en quittant le Canada, disait le Gouverneur, c’eft de m’éloigner de vous autres, Messieurs, & de Montréal, où j’espérais toujours de vous rendre quelque service, me trouvant dans votre voisinage; & si je ne l’ai pas fait, ce n’eft pas manque de bonne volonté; elle continuera toujours en quelque lieu que je puisse étre. Si l’occasion s’en présentait, je l’embrasserais avec bien de la joie, & c’eft ce dont je vous prie, Monsieur, d’être bien persuadé. Nous espérons partir dimanche au matin, sans faute; voilà la dernière que vous recevrez de moi en ce pays; je la termine en vous embrassant d'aussi bon cœur que je me dis votre très-humbte & très-obéisse nt (4). »