‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 292 sur 392 · MM.DE COURCELLES ET TALON QUITTENT LE CAN · texte numérisé non relu

MM.DE COURCELLES ET TALON QUITTENT LE CAN

« bonnes prières, sur lesquelles je vous assure que je « fonde mes meilleures espérances en vous disant adieu, « vous priant de croire que je serai toujours de cœur « & d’afleétion votre très-humble & très-dévoué (1). »

Quoique M. Talon fût, de son côté, très-attectionné au Séminaire de Villemarie, à qui il avait rendu des services importants, nous ne voyons pas qu'à son départ il lui ait écrit quelque semblable lettre. Ce qui devait lui inspirer plus de réserve, c'était la conduite de son neveu, M. Perrot, alors Gouverneur de l'île de Montréal, qu'il aurait condamné, en louant le Séminaire, comme nous le dirons en son lieu ; & vraisemblablement aussi la froideur qu'il avait conçue contre l'un des Ecclésiaitiques de cette maison, M. Remy, trop versé peut-être dans la connaissance & la pratique de la jurisprudence pour un homme de son état. Celui-ci était consulté de trente lieues à la ronde, & au défaut de tout légifte dans le pays ‘car M. d'Aillebouit & M Migeon suivaient en tout point ses avis), il dressait, par charité, des requêtes, indiquait la marche à suivre dans la poursuite des affaires, & employait une partie considérable de son temps à donner des avis, & à terminer les différends à l'amiable. Quoique M. Talon, dans ses voyages à Villemarie, l’eût appelé plusieurs fois poui avoir son sentiment sur des affaires qu'il avait à juger, il paraît que la réputation que M. Remy s'était acquise en matière de jurisprudence, ou plutôt que quelques observations peu discrètes qu'il put faire à M. Talon, causèrent à celui-ci quelque déplaisir ; en sorte que M. Remy crut devoir s’abftenir de répondre à ceux qui le consultaient, & écrivit même au Séminaire de Saint-Sulpice à Paris, pour qu'on lui traçät, à cet égard, une ligne de conduite. Mais comme, sur ces entrefaites, M. Talon repassa en France, on répondit à M. Remy : « Vous ne devez point « refuser vos avis à ceux qui ont recours à vous : M. l'In- « tendant ayant quitté le pays, vous n'aurez plus ce sujet « de craindre (2). »

QG) Hit, du Montréal, par M. Dollier.

Conclusion. Arch, du

séminaire de Villemarie, Lettre autographe.

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