‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 293 sur 392 · M. TALON NE REVIENT PLUS EN CANADA, QUOIQUE SON RETOUR Y SOIT DÉSIRÉ · texte numérisé non relu

M. TALON NE REVIENT PLUS EN CANADA, QUOIQUE SON RETOUR Y SOIT DÉSIRÉ

(3) Arch. de la marine, 5 juin 1675. Regiftre des dépêches de 1074, fol. 43.

(4) Arch. de la marine. Regiftre des dépêches de 1674. Lettre à M. de Frontenac, 17 mai, lol, 28,

Quoi qu'il en soit, M. Talon, avant de quitter le pays, se porta à un aéte bien digne de sa grande affection pour la colonie. Ce fut de faire publier que tous ceux qui auraient à réclamer des payements, pour des travaux, pour des denrées fournies, ou pour quelque autre objet que ce fût, en fissent leur déclaration, « afin, dit-il, que « par nous il soit pourvu à leur payement, avant notre « départ; & pour que la présente soit connue de tous, « elle sera lue, publiée & affichée partout où besoin « sera. » Cet avertissement fut publié à Villemarie, à l'issue de la Grand'Messe paroissiale, au mois d'oétobre 1672 (1). Après avoir employé les derniers inftants de son séjour en Canada à faire toutes les concessions de fiefs dont nous avons parlé plus haut, M. Talon partit enfin pour la France avec M. de Courcelles. « Nous ne pou- « vons regarder sans quelque chagrin les vaisseaux qui « partent de notre rade, lit-on dans la Relation de cette « année, puisqu'ils enlèvent, en la personne de M. de « Courcelles, & en celle de M. Talon, ce que nous avions « de plus précieux. Éternellement, nous nous souvien- « drons du premier qui a si bien rangé les Iroquois à leur « devoir; & éternellement nous souhaiterons le retour du « second, pour mettre la dernière main aux projets qu'il « a commencé d'exécuter si avantageusement pour le

bien de ce pays (2). »

Ces dernières paroles sembleraient indiquer qu'on espérait que M. Talon serait renvoyé une troisième fois à Québec ; & peut-être la Cour avait-elle déjà arrêté ce dessein, si sa santé lui permettait d'aller reprendre ses fonctions dans la Nouvelle-France. On aurait peine à comprendre, sans cela, pourquoi la place d'Intendant retta vacante pendant trois années consécutives, c'eft-à-dire, jusqu'au mois de mai 1675 (3). Quoique M. Talon, de retour en France, eût été fait d'abord premier valet de chambre du Roi (4), ensuite secrétaire du cabinet, & capitaine du chàteau royal de Marimont, il semble que l'intention du Roi

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