‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 329 sur 392 · HT, M, PERROT, IRRITÉ, AR- RÊTE ET EMPRISONNE BIZARD · texte numérisé non relu

HT, M, PERROT, IRRITÉ, AR- RÊTE ET EMPRISONNE BIZARD

eux, ne se contente pas de les faire évader en présence même du sergent, il en vint jusqu'à maltraiter cet officier de juftice. M. Perrot, au lieu de punir M. de Carion, mande aussitôt le juge, lui reproche d’avoir envoyé ainsi un sergent chez un officier, sans l'en avoir auparavant prévenu lui-même, & le menaçe de la prison si, nonobstant tous les ordres qu'il pourra recevoir de M. de Frontenac, 1l se permet à l'avenir des arreftations semblables. M. d’Aillebouft, surpris de ce procédé, écrit ce qui venait d'avoir lieu, à M. de Frontenac, qui, pour ne pas laisser cette rébellion impunie, dépécha aussitôt trois de ses gardes, avec leur lieutenant, le sieur Bizard, pour arrêter M. de Carion & le conduire à Québec. Bizard l'arrêta en ctlet, laissa auprès de lui l'un de ses gardes, & alla ensuite à la maison de M. Jacques Le Ber, où il déposa pour M. Perrot une lettre de M. de Frontenac, qui lui donnait avis de cette arreftation. Selon les formes usitées en parcilles rencontres, M. de Frontenac aurait dû d’abord en avertir M. Perrot. Mais il paraît que Bizard, craignant que l’autre ne se portât à quelque violence pour s'y opposer, laissa ainsi cette lettre pour qu'il ne fût informé de l’arreftation de M. de Carion qu'après leur départ de Villemarie.

En effet, à peine M. Perrot a-t-il été informé de cette arreftation par Madame de Carion, qui s'était rendue pour cela chez lui en toute hâte, qu’il va lui-même à la maison de M. Le Ber avec trois ou quatre soldats de sa garnison & un sergent. Là, s'adressant au sieur Bizard, sur lequel le sergent met la pointe de sa hallebarde, il lui dit, tout transporté de colère : « Qui vous a donc rendu si hardi, que de « venir arrêter ainsi, sans ma permission, un officier dans « mon gouvernement? » L'autre lui ayant présenté la lettre de M. de Frontenac, qui lui était adressée, M. Perrot la prend, &, la lui jetant au visage, lui dit : « Rapportez-la à « votre maître, & avertissez-le de vous mieux apprendre « une autre fois votre métier. En attendant, je vous fais

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