‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 331 sur 392 · M. DE FRONTENAC CHER- CHE A ATTIRER M · texte numérisé non relu

M. DE FRONTENAC CHER- CHE A ATTIRER M

PERROT À QUÉBEC POUR L'EMPRISONNER, (2) Regiftre du Con-

seil souverain, 13 juin

titre de l’eftime & même de la vénération universelle, affigea d'autant plus sensiblement les colons de Villemarie, qu'après un pareil abus de pouvoir, ils se voyaient tous exposés à être victimes des caprices injuftes & de la vengeance aveugle de leur Gouverneur. Madame Le Ber, sœur de Charles Le Moyne de Longueuil, éprouva même une si grande émotion de frayeur en voyant les soldats conduire son mari en prison, qu'elle fut saisie d'une fièvre continue qui la retint longtemps au lit; &, comme pendant la maladie de cette dame, Charles Le Ber, son beau-frère, était absent de Villemarie pour le service du Roi, le commerce de son mari demeura suspendu tout le temps qu'il demeura en prison, n'y ayant plus personne dans la maison pour répondre aux sauvages & aux Français, qui furent ainsi dans la nécessité d'aller chercher ailleurs des marchandises. Tout ce que put faire M. Jacques Le Ber, pendant sa détention, ce fut d'envoyer à ses frais des hommes à Québec pour demander juftice à M. de Frontenac d'une si atroce violence (1). »

Ce procédé, de la part de M. Perrot, rend trèscroyable le dessein que celui-ci attribuait à M. de Frontenac de vouloir, disait-il, lui faire ôter le gouvernement de Montréal (2); & il semble qu’en effet il avait pris cette résolution après l’emprisonnement du lieutenant de ses gardes. Pour l'exécuter, il chercha d’abord l'occasion de se saisir adroitement de la personne de M. Perrot en l'invitant à venir le voir à Québec, &, dans ce dessein, lui écrivit de mettre M. Le Ber en liberté & d'aller lui rendre compte de sa conduite. Mais pour l'attirer plus aisément, en lui ôtant tout soupçon, il eut soin d'écrire plusieurs lettres à M. de Fénelon, donnant à entendre à celui-ci qu'il désirait de terminer à l'amiable le différend survenu entre lui et M. Perrot, & n'user que de moyens de douceur. M. de Fénelon avait de juftes motifs pour croire que sa médiation, dans cette affaire, aurait l'heureux effet que faisait espérer M. de

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