‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 342 sur 392 · MISSIONS · texte numérisé non relu

MISSIONS

(3) Arclmves de la marine, vol, Canada, t Il, de 1670 à 1676.

Lettre du 5 juin 1672,

(4) Archives de la marine, lettre de M, de Frontenac, 2 novembre 1572.

« commerce dans la route, sous peine d’être pillés (1), » Malgré la grande liberté donnée ainsi aux colons, il eft certain qu'un assez bon nombre l'étendait encore au delà de cette ordonnance. Car, l'année suivante, le Conseil souverain condamna une troupe de traiteurs à des amendes, pour avoir vendu de l'eau-de-vie aux sauvages, contrairement à ce qui avait été prescrit. Il ajouta que, s'ils étaient insolvables, on les tiendrait un mois en prison, & que, pendant la dernière quinzaine, ils seraient exposés sur un cheval de bois, une heure chaque jour, à la vue du public, avec un écriteau attaché sur eux, portant ces mots : Pour aroir traité de l'eau-de-rie aux sauvages (2).

Nous ne devons pas oublier de signaler ici une mesure des plus étranges, prise par M. de Frontenac, qu'on ne peut guère expliquer qu'en supposant qu'il voulut dérober aux Missionnaires, par le moyen que nous allons dire, la connaissance d'une partie des excès auxquels pouvaient se porter les marchands, qui jouissaient de la liberté

d'aller trafiquer chez les nations sauvages. En 1672, le Roi lui ayant écrit de détourner prudemment les colons de repasser en France, & s'en étant rapporté à sa sagesse pour leur accorder cette permission (3), il prit de là occasion d'exiger que les Jésuites & les autres Missionnaires recussent de lui des passe-ports, non-seulement pour aller en France, mais simplement pour aller de Québec ou de Villemarie dans leurs propres missions. « Les Jésuites, écrivait-il à Colbert le 2 novembre de la même année, avaient coutume de passer & de repasser dans ces différents pays sans prendre aucuns passe-ports ni congés. Fai fait connaître adroitement & civilement au Père supérieur que cela n'était pas dans l'ordre, & qu'ils devaient être les premiers à donner l'exemple de la soumission & de l'obéissance. Je crois que vous approuverez que j'en aie usé de la sorte, & qu'il eft bon que ces Religieux ne s’attribuent pas des priviléges particuliers (4). » Mais il n'osa pas faire connaître à ce miniftre

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