‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 344 sur 392 · COMBIEN CETTE DÉ- FENSE TYRANNIQUE AFFLIGE LES MISSION NAIRES · texte numérisé non relu

COMBIEN CETTE DÉ- FENSE TYRANNIQUE AFFLIGE LES MISSION NAIRES

(1) Mémoire de M, d'Urté à Colbert, t, [ des Lettres de M, Tronson.

DURETÉ DE M, DE FRON° TENAG ENVERS M, D'URFÉ, LETTRES DES MISSIONNAIRES OU- VERTES,

{2) Mémoire de M, d'Urfé à Colbert,

« notre propre résidence. Les malades meurent ainsi « abandonnés, & les peuples perdent toute confiance, « s'imaginant qu'on n'a pas de charité pour eux. Quel « moyen, dans cet état de choses, d'encourager les Fran- « çais, de convertir les sauvages & d’affectionner les Mis- « sionnaires, à qui on ne laisse plus la liberté de s'appli- « quer à leurs emplois (1)? » On ne comprend donc pas quel motif avait pu inspirer à M. de Frontenac une défense si étrange, si dure & même si impie, à moins de l'attribuer à quelque désir secret de retenir ainsi les Missionnaires dans leurs résidences, afin de leur ôter par re moyen la connaissance du trafic que ses protégés allaient faire dans les autres villages des sauvages, au mépris des ordonnances du Roi.

Ce fut apparemment pour ce même motif que, par un abus de pouvoir non moins révoltant, il refusa, & de vive voix & par écrit, à M. d'Urtfé la permission de conduire à sa Mission de Kenté un domeftique qu'il avait amené de France, dont les services lui étaient nécessaires; & comme sans doute il représentait à M. de Frontenac la dureté d'un tel refus, ce dernier en vint jusqu'à le menacer plusieurs fois de le faire mettre en prison. Cette menace peut donner une idée des emportements & des violences étranges auxquels les Missionnaires étaient exposés & des variations du caraétère de M. de Frontenac, qui d'abord avait témoigné pour M. d'Urfé beaucoup de considération & même une amitié spéciale. Mais, ce qu'on a de la honte à écrire, ce Gouverneur, par une politique aussi injufte que basse & déloyale, s’arrogeait le droit, au mépris de la liberté publique, d'arrêter & d'ouvrir toutes les lettres que les Missionnaires écrivaient en France, & celles qu'on leur adressait à eux-mêmes (2), dans la crainte sans doute d'y voir sa conduite blâämée ou signalée à la Cour.

ainsi iance, ue CHAPITRE IV s Misappli- M. DE FRONTENAC, PERSUADÉ PAR LA SALLE ne pas QUE M. DE FÉNELON AVAIT BLAMÉ EN CHAIRE LES CORVÉES Pas dé- IMPOSÉES POUR KATARAKOUI, ms Le S'EFFORCE DE LE POURSUIVRE DEVANT LE CONSEIL 8 Mis- ET, CONTRE LÉS LOIS DE L'ÉTAT, pe MOLESTE ENCORE LE SÉMINAIRE DE VILLEMARIE ps ET M. DE BERNIÈRE.

ris des 7 L.

ie, par Nous avons rapporté que, dans la querelle SUFVENUC \, pe FÉNELON ÉrousE a, & de entre M.de EF rontenac & le Gouverneur de Montréal, le RME RSS D le con- | Séminaire de Villemarie crut devoir demeurer neutre; HE pvait M. de Fénelon cependant n'imita pas en cela ses confréres. ssaires : Il cut le tort d'épouser le parti de M. Perrot, du moins de atiac:la ne pas dissimuler ses sentiments pour ce dernier, lorsque mea. la prudence aurait dû lui faire garder cette sage réserve, Here: | surtout à Villemarie. Depuis que M. de La Nauguère ocio cupait la place de Commandant & M. de Boisvinet celle ExPOSCS de juge, on peut dire que M. de Frontenac régnait souveac, qui rainement par eux dans cette ville, où il avait d ailleurs de con- des flatteurs dévoués, qui, pour lui faire la cour, éplaent qu'on a la conduite de tous ceux qu'ils soupçonnaient lui être conolitique traires. Celui à l'égard duquel M. de Fénelon aurait dû roit, au principalement s'observer, était sans contredit M. La toutes Salle, qui avait déclaré ‘ouvertement qu'on eût à se méfier nce, & | de lui, parce qu'étant à M. de Frontenac, il ne manquecrainte rait pas de l'informer de tout ce qui pourrait intéresser sa a Îe personne (1). Ce fut lui, en effet, qui acheva d'irriter l'es- 1) archives de 1

prit du Gouverneur contre M. de Fénelon, & suscita la Le Done À . . . . ” . n, éclaration de on,

tempête violente qui obligea ce dernier à quitter le Sémi- Rs.

naire & même le Canada, comme nous allons le raconter.

Il,

DE

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