‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 360 sur 392 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

LÉ CONSEIL DÉFEND A M DE BERNIÈRE DE CONNAITRE DE L'AF- FAIRE DE M. DE FÉ- NELON.

(1) Archives de Ja marine, 29 août 1074.

(2) Mémoires du Clergé, Énumération des ces dits privilégics.

(3) Archives de la marine, Lettre de M.

de Frontenac à Colbert, 14 novembre

été alité à l'hôpital la matinée du jour de Pâques, il n'avait point été présent au sermon, & par conséquent n'avait rien à dire là-dessus.

Mais c'était surtout M. de Fénelon que le Gouverneur général avait résolu d'humilier ; & pour cela, après l'avoir fait assigner à comparaître, il voulut qu'avant le jour de l'assignation, le Conseil déclarât abusif & de nul effet l'appel que M. de Fénelon avait interjeté à M. de Bernière, grand vicaire, déjà saisi de l'affaire en qualité d'official. Nous n'entrerons pas ici dans le détail des aétes qu'on fit alors, tant pour contefter à M. de Bernière sa juridiétion sur les Ecclésiaftiques du pays, que pour l'obliger à prendre, dans les séances, une autre place que celle que le Roi lui avait assignée. Nous dirons seulement que, malgré les Bulles données par le Saint-Siége à M. de Laval, malgré les lettres patentes du Roi en forme de déclaration, & ses lettres de cachet, qui ordonnaient aux magiftrats de maintenir ce Prélat dans la pleine fonction de sa charge, soit comme honoré du caractère épiscopal, soit comme vicaire apoflolique ; qu'enfin, malgré la création faite par M. de Laval d'une officialité dont M. de Lanzon-Charny avait exercé publiquement & paisiblement les pouvoirs en Canada : le Conseil défendit néanmoins à M. de Bernière de s'ingérer dans l'affaire de M. de Fénelon & de recevoir à l'avenir aucune requête semblable (1). 11 fonda son arrêt sur deux propositions bien étranges : la première, que l'affaire de M. de Fénelon appartenait à l'espèce de cas privilégiés, dont les magiftrats s’attribuaient seuls la connaissance, & cette supposition était fausse (2); la deuxième, que M. de Laval n'avait pas le pouvoir de faire en Canada toutes les fonctions épiscopales, ni d'y avoir un official (3), ce qui était contraire à la vérité. Aussi, lorsque le Roi eut appris les détails de cette affaire, il ne put s'empêcher de blâmer la conduite du Conseil & celle de M. de Frontenac. « Je dois vous dire, écrivait-il à ce dernier, le « 22 avril de l'année suivante, qu'il fallait remettre l'abbé

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