‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 375 sur 392 · M. D'URFÉ DEVIENT L'ALLIÉ DE COLBERT · texte numérisé non relu

M. D'URFÉ DEVIENT L'ALLIÉ DE COLBERT

le contenu lui déplaisait. Assurément M. de Frontenac n'aurait pas donné cette peine à M. d'Urfé, & l'eût même traité avec autant de bonté & de prévenance qu'il lui témoigna de dureté & de hauteur à son départ, s'il eût prévu alors un événement qui arriva le 8 février suivant (1), & qui, par sa nature, devait inspirer à Colbert pour M. d'Urfé une considération toute particulière. Ce fut le mariage du fils de ce miniftre, le marquis de Seignelay, avec mademoiselle d'Allègre, cousine germaine de M. d'Urfé, que cette alliance rendit ainsi proche allié de Colbert. Ce mariage contribua aussi à resserrer les liens qui attachaient ce miniftre aux Séminaires de Saint-Sulpice de Paris & de Montréal, & nous rappellerons ici une circonftance assez singulière, qui le fit conclure à la grande satisfaétion de Colbert.

Son fils recherchait en mariage la jeune marquise, Marie-Marguerite d’Allègre, de l’une des plus grandes maisons d'Auvergne, fille unique de Claude-lves d'Allègre, & devenue, par la mort de son père, le plus riche parti du royaume qu'il y eût alors. Son tuteur & la plupart de ses parents, non moins que ceux du marquis de Seignelay, donnaient volontiers les mains à cette alliance; & comme M. de Bretonvilliers était le directeur de la demoiselle, on le pria de lui en faire la proposition, ainsi qu'à Madame d'Allègre, sa mère. D'abord il s’en excusa, en répondant qu'il n'avait point grâce pour traiter les affaires temporelles de ses pénitents. Louis XIV, qui désirait beaucoup l'avancement du marquis de Seignelay, nommé déjà par lui pour succéder à son père au miniftère d'État, mettait lui-même une grande importance à la conclusion de ce mariage. Mais ne voulant pas faire intervenir l'autorité du Souverain dans une affaire qui devait dépendre uniquement de la volonté libre des parties, & sachant les diffcultés qu'avait faites M. de Bretonvilliers, il lui ordonna, par une lettre de cachet, d'aller demander à Madame & à Mademoiselle d’Allègre leur sentiment sur cette proposi-

(1) Dictionnaire de Moréry, article d'Al lègre. Edit, 1725, tt. 1,p.205.

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