‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 374 sur 392 · DURETÉ DE M. DE FRON- TENAC ENVERS M, D'URFÉ · texte numérisé non relu

DURETÉ DE M. DE FRON- TENAC ENVERS M, D'URFÉ

(1) Mémoire de M. d’Urfé à Colbert.

Lettres de M. Tronson, t. I.

PAR LE MARIAGE DE MADEMOISELLE D’AL- LÈGRE, M. D'URFÉ DEVIENT PROCHE ALe LIÉ DE COLBERT.

de donner un passe-port à cet homme, en l’assurant qu'il le ramèncerait en Canada dès que ses affaires seraient termi-

nées ; le Gouverneur le lui refusa absolument, Arrivé avec son domeftique à Québec pour l'embarquement, il voulut faire de nouvelles inftances. « M. de Frontenac, rapporte-

t-il, m'assura que, quand il avançait quelque chose, il tenait ferme & ne se relàchait jamais. Qu'il avait déjà dit qu'il me refusait cette permission, & l'avait dit devant trop de monde pour s'en dédire. Toutes mes inftances ne firent aucune impression sur son esprit : ce qui m'obligea de lui répondre que, puisqu'il me refusait de conduire avec moi mon domeftique, je serais obligé d'en demander juftice à la Cour. Je ne sais si ce mot lui fit quelque peine; mais il fut aisé de remarquer qu'’ensuite 11 n'épargna rien, jusqu'à mon départ, pour me faire paraître son ressentiment. Il n'avait aucun sujet de douter que je ne gardasse ponétuellement sa défense, quelque sévère qu'elle fût : je lui avais donné assez de marques de mon obéissance, & lui-même l'avait mise assez souvent à l'épreuve, pour n'avoir pas le moindre sujet d'en douter. Cependant il envoya faire défense au capitaine du vaisseau de recevoir mon domeftique, & y fit même tenir quelques gardes, afin que tout le monde connût sa défense & la rigueur avec laquelle il me traitait. La conséquence que l'on a tirée de cette conduite ceft que, n'ayant point trouvé de sujet suffisant pour m'arrêter & me mettre en prison, comme il m'en avait menacé souvent, 11 a voulu se venger, en cette rencontre, de l'amitié que je n'avais pu me dispenser d'avoir pour M. l'abbé de Fénelon(r). »

L'un des motifs qui obligeaient M. d'Urfé à ce voyage

était la nécessité de faire connaître à la Cour les vexations de M. de Frontenac à l'égard des Missionnaires dans l'exercice de leurs fonctions, & de les exposer de vive voix,

puisque ce Gouverneur se donnait la liberté d'ouvrir les lettres qu'ils adressaient en France & d'arrêter celles dont

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