ROT EN CANADA
(2) Archives de la
marine,22 avril1075,
tol.
fol 12,
avoir donné cette satisfaétion à mon autorité qui a été violée en votre personne, je vous dirai, pour vous inftruire de mes sentiments, que, sans une nécessité absolue, vous ne devez point faire exécuter d'ordre dans l'étendue d'un gouvernement particulier, sans en avoir fait part au Gouverneur; & aussi que la punition de dix mois de prison que vous lui avez fait souffrir m'a paru assez grande pour la faute qu'il avait faite. C'eft pourquoi je ne lui ai fait souffrir la prison de la Bañille que pour réparer publiquement le violement de mon autorité. Une autre fois, j'efime qu'en faute pareille vous devez vous contenter des satisfaétions qui vous seront offertes, ou de quelques mois de prison, ou me renvoyer l'affaire pour la décider, en faisant repasser en France l'officier qui aura manqué; la prison de dix mois étant un peu trop rigoureuse (1), »
Mais, si M. de Frontenac, en retenant si longtemps
M. Perrot en prison, s'était promis de lui faire ôter le gouvernement de Montréal, il se trompait étrangement. La dureté même de cette conduite envers lui, aussi bien que la considération de M. ‘Talon, furent les motifs qui obligèrent le Roi de le renvoyer à Villemarie. En conséquence, il écrivait à M. de Frontenac : « Après avoir laissé quelques
jours à la Baflille le sicur Perrot, je le renverrai dans son gouvernement, & lui ordonnerai auparavant de vous voir & de vous faire ses excuses de tout ce qui s'eft passé. Après quoi je désire que vous ne conserviez aucun ressentiment contre lui, & que vous le traitiez selon le pouvoir que je lui ai donné (2). Enfin, vous ne devez punir dans les habitants que les fautes capitales, évitant avec soin d'entirer les punitions en longueur, parce que les esprits se divisent, s'aigrissent & se détournent entièrement de leur principal travail, qui consifte à pourvoir à la sûreté & à la subsiftance de la famille (3) (*), »
(*) Colbert, de son côté, écrivit à M. de Frontenac, pour lPexhor-
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