‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 384 sur 392 · ACTES IRRÉGULIERS DE M, DE FRONTENAC · texte numérisé non relu

ACTES IRRÉGULIERS DE M, DE FRONTENAC

Les étranges abus de pouvoir auxquels M, de Frontenac s'était porté depuis sou arrivée en Canada, & toutes les procédures contre M. Perrot & M. de Fénelon, firent sentir à Colbert la nécessité de reftreindre à des limites fixes l'autorité du Gouverneur général. Dès son arrivée à Québec, celui-ci, ayant convoqué de son chef, & sans aucun ordre de la Cour, tous les habitants du pays, les avait divisés en trois ordres ou états, pour leur faire prêter serment de fidélité & les tenir ainsi liés & assujettis à son autorité & à celle du monarque. Sur quoi Colbert lui avait répondu : « Il eft bon de vous faire savoir que vous « devez toujours suivre, dans le gouvernement du Canada, « les formes qui se pratiquent en France, où les Rois ont « eftimé du bien de leur service de ne point assembler « depuis longtemps les États généraux. Ainsi vous ne « devez que très-rarement, ou pour mieux dire jamais, « donner cette forme au corps des habitants du pays. « Cependant, quoique Sa Majefté eflime que tout ce que « vous avez fait en cela excède votre pouvoir, elle ne veut « pas que vous les révoquiez; mais elle exige qu'à l'avenir « vous vous conformiez ponétuellement à ses ordres (1). » Outre divers règlements de police que M. de Frontenac s'était donné la liberté de faire de son chef, il avait établi des échevins à Québec, &, contre les droits de la Compagnie des Indes occidentales qui subsiftait encore, leur avait attribué le pouvoir de juger de la police. « Sa Ma- « jefté m'ordonne de vous dire, lui écrivait Colbert, que

ter à vivre en bonne harmonie avec M. Perrot : « Comme les dix mois « de la prison qu’il à soufferte & celle de trois semaines dans la Bas- « tille doivent suflire pour expier la faute qu’il a faite, & que d’ail- « leurs il eft parent & allié de personnes que je considère beaucoup, « je vous prie de recevoir avec agrément les excuses qu’il vous fera; « &, n’y ayant aucune apparence qu'il retombe jamais en aucune « faute semblable, vous me ferez aussi un singulier plaisir, en lui « accordant l’honneur de vos bonnes grâces & de votre amitié, & en « lui donnant par là les moyens de servir le Roi avec satisfaétion dans « ce pays (2). »

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