‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 385 sur 392 · XXI, COLBERT BLAME M, DE FRONTENAC DE S'É · texte numérisé non relu

XXI, COLBERT BLAME M, DE FRONTENAC DE S'É

TRE ATTRIBUÉ DES POUVOIRS ot “L N'a VAIT PAS,

(1) Archives de ja marine, 13 juin 16973,

(2) 1bid, 13mai1695, fol, [NE

(1) Archives de la marine. Régiftre des dépèches, 17 mai 107.4.

POUR RENDRE LE CON- SEIL INDÉPENDANT, LE ROI NOMME LUI- MÊME LES CONSEILe LERS,

(2) Mémoire de M, d'Urfe à Colbert, t. Ier des Lettres de M. Tronson au Canada,

(3) Archives de la mariae. Cana, t, li, 1070, &25 avrilr675.

« vous avez en cela passé les bornes du pouvoir qu'elle « vous a donné. D'ailleurs, les règlements de police au- « raient dû être faits par le Conseil souverain & non par « vous seul. Le pouvoir que vous avez du Roi vous donne « l'autorité entière sur tout ce qui concerne le commande- « ment des armes ; mais à l'égard de ce qui tient à la jus- « tice, votre autorité consifte à présider le Conseil souve- « rain. L'intention de Sa Majefté eft donc que vous preniez « les avis des conseillers, & que ce soit le Conseil qui « prononce sur toutes les matières qui sont de sa dépen- « dance (1). »

Les ordres qu'on voit ici avaient été donnés par Colbert dans le courant de l'année 1674; mais, l’année suivante, ce miniftre ayant su que les procédures contre M. Perrot & celles contre M. de Fénelon avaient été faites par le Conseil sous l'influence entière de M. de Frontenac, il jugea nécessaire de reftreindre dans des bornes plus étroites encore l'autorité du Gouverneur général. M. d'Urfé, dans son mémoire, après avoir signalé l'insulte que lui avait faite M. de Frontenac en le chassant de sa chambre avec clameur & la canne levée sur lui, ajoutait cette réflexion : « M. le Gouverneur s'eft rendu

.« absolu dans le Conseil; il en eft tellement le maître, qu’il

«y met des conseillers comme il lui plaît, & même contre « toutes les formes. Il faut donc s'adresser à lui pour avoir « juftice. Mais si, dans cette nécessité où l’on se trouve, « il prend Îles plaintes les plus juftes & les plus raison- « nabies pour des insultes qu'on va lui faire chez lui, « quelle voie pourra-t-on trouver à l'avenir dans toute la « Nouvelle-France pour se défendre de l'oppression (2)? » Touché de cette observation, Colbert, pour affranchir le Conseil de toute dépendance, voulut que le Roi nommit lui-même les conseillers, & fixât à chacun le rang qu'il tiendrait dans les séances. En conséquence, le 25 avril de cette année, Louis XIV nomma pour son Procureur général M. Denis-Joseph Ructte d'Auteuil (3); & le 10 mai

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