LIEU
2)Journal des Jésuites, 1064.
(3) Annales de l'HÔtel-Dieu Saint-Joseph, par la Sœur Morin.
(4) Journal des Jé-
suites, 100.
Compagnie de Jésus, fut un des premiers qui éprouvèrent les eflets salutaires de cette dévotion. « Ayant commencé « ma première campagne sous les favorables auspices de « la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, écrivait-il, « j'ai expérimenté en diverses rencontres combien Dieu « agrée qu'on lui demande des grâces par la médiation « de Jésus-Chrift, qui nous les a toutes méritées, & qu'on « s'adresse à la Sainte Vierge & à Saint Joseph comme «aux plus puissants avocats que nous puissions avoir « auprès de cet adorable Sauveur. » Ce Religieux fait ensuite le récit de plusieurs événements où 1l crut ètre délivré de la mort d'une manière miraculeuse par l'invocation de la Sainte Famille; enfin d'autres délivrances semblables, regardées comme miraculeuses, accréditèrent en peu de temps cette dévotion dans tout le Canada; ce qui fait dire à la Mère Marie de l'Incarnation, dans une lettre du mois d'août de l'année suivante : « Tout le pays a une « dévotion très-grande à la Sainte Famille pour beau-
« coup de raisons (1). »
Alors commencèrent diverses associations pieuses (2) formées sur le modèle de celle de Villemarie, qui toutes contribuèrent efficacement à la réformation des mœurs & au salut des âmes ‘3). A Québec, on loua, pour y tenir les assemblées, une maison qui appartenait aux Ursulines (4}; & la Confrérie fut d'abord commune aux hommes, aux femmes & aux enfants. « L'on a inftitué en ce pays, « rapporte Marie de l'Incarnation, une Congrégation de « la Sainte-Famille, pour la réformation des ménages, « dans laquelle les hommes sont conduits par les RR. « PP. Jésuites, 1es femmes par des Dames de pitié, & « les filles par les Ursulines. Les filles se réunissent le « dimanche chez nous, où l'une des Religieuses a soin « de leur faire l'inftruction, dont le but eft de conser- « ver en elles les sentiments & les pratiques qu'on leur « avait déjà enseignés dans la maison; car il n'y en a “ pas une qui ne passe par nos mains, & cela réforme
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CONFRÉRIE DE LA SAINTE-FAMILLE. 1003. d7
« toute la Colonie en faisant régner dans toutes les « familles la religion & la piété (1). »
L'inftitution de cette Confrérie chez les sauvages chrétiens ne produisit pas de moindres fruits. « Depuis « qu'on a introduit chez les Hurons de Québec, dit le « P. Lalemant dans la relation de cette même année, une « dévotion qui fait de grands fruits parmi les Français de « ce pays, & qu'on leur a inspiré le dessein de régler « leurs familles sur celle de Jésus, Marie & Joseph, on « ne peut croire jusqu'où va la ferveur de ces barbares. « Ceux qui sont admis dans la Sainte-Famille ne souffrent « point chez eux de discours messéants, & l’on voit à pré- « sent de pauvres femmes, qui n’eussent pas auparavant « osé ouvrir la bouche, s'élever comme des lionnes contre « ceux qui veulent mal parler en leur présence, ce qui eit « bien rare & bien à admirer parmi des nations barbares « où la licence de tout dire & de tout faire règne avec € impunité (2). »
Telle fut l'origine des Confréries de la Sainte-Famille, qui persévèrent depuis deux siècles dans toutes les paroisses du Canada, & sont encore aujourd'hui en grand honneur chez les sauvages chrétiens. Madame d'Aillebouft, pour céder aux inftances qui lui furent faites, alla se fixer à Québec dans l'unique dessein de diriger l'association des Dames de cette ville & de leur en communiquer le véritable esprit; & rien assurément ne pouvait mieux répondre que cette inftitution pieuse aux désirs de la Compagnie de Montréal. Elle s'était crue appelée de Dieu à répandre dans la Nouvelle-France la dévotion envers la Sainte Famille, & dans cette vue avait consacré cette ile à Jésus, Marie & Joseph, le 2 février 1642, pour faire honorer & imiter ces trois auguites personnes par tous les sauvages (3) & par tous les colons; & parce que tel était, en efïet, le dessein de la divine Providence sur le Canada, personne ne contribua plus eflicacement à répandre cette même devotion
(5) Lettre du août 1864.
2) Relation de 1664,