‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 52 sur 392 · RÉAL SONGE A SI DISSOUDRE · texte numérisé non relu

RÉAL SONGE A SI DISSOUDRE

(1) Hiftoire de l'H6il Dieu de Québec, p.230,

(2) Les Véritables Motifs de MM, ct dames de Montréal, 1045, in-49, pe 127,

3) Mémoire de M.

Tronson pour lettres

patentes, 1077.

{4) Description du monde, par Davity, in-fol, Paris, 1860, UV, p. 20.

(5) Mémoires de M. D'Allet.

(6) Lettre de M. de Bretonvilliersaux Ecclésiaftiques de Villemarie, du 17 mars

(7) Edits & ordonnances, Québec, 1803, LI, peSr, 1854p.p. 32,

« que de donner l'ile de Montréal à cette communauté « fondée par M. l'abhé Olier, qui était de leur associa- «tion (1), » C'était ce qui, en 1643, leur faisait dire dans l'exposition des vrais motifs de cette Société : « Quant à la « prophétie que vous faites de la rupture de notre Com- « pagnie, pensez-vous qu'une Société appelée de Dieu à « l'établissement d'un dessein particulier ait besoin d'être « perpétuelle? Nous savons qu'elle se dissoudra quelque « Jour, & nous faisons des vœux à Dieu pour que cela « soit (2). » Ce fut donc l'année 1663 que leurs vœux furent exaucés, & en partie sur les inflances de mademoiselle Mance, venue à Paris pour ce dessein. Outre que plusieurs des associés les plus zélés étaient morts, d'autres s'étaient volontairement retirés (*), depuis que le Séminaire de Saint-Sulpice avait pris sur lui une partie considérable des frais de l'œuvre & qu'il entretenait des Ecclésiaftiqués à Villemarie; en sorte que, si l'on en excepte M. de Maisonneuve & quelques directeurs du Séminaire de Paris, la Compagnie de Montréal ne se composait plus, en 1663, que de cinq membres (**). Voyant donc la difticulté qu'il y aurait par la suite d'entretenir dans leur Société la pureté d'intention & le désintéressement parfait qu'elle s'était proposés dès le commencement (3); que d'ailleurs plusieurs, parmi eux, n'avaient pas les moyens de soutenir plus longtemps cette œuvre; persuadés enfin de l'inutilité de leurs eflorts & des grandes dépenses nécessaires pour la continuer, ils résolurent d'engager les prêtres du Sémi-

(*) Entre autres, nous voyons dans ce nombre M. de Vantadour, chanoine de Paris, qui avait été direéteur de la Compagnie de Montréal (4), M. le prince de Conty, qui occupa aussi cette place (5), & se rendait aux assemblées de la Compagnie que l'on tenait alors au Séminaire de Saint-Sulpice, dans la chambre où était mort M. Olier (6). 1

(**) C'étaient M.le baron de Fancamp, M. Jean Garribal, maître des requêtes & président au grand Conseil, M. Antoine Barrillon de Morangis, conseiller d'Etat, M. Chiflophe Duplessis, de Montbar, aussi conseiller, & M. Bertrand-Drouart, écuyer (7).

S. SULPICE SUCCÈDE A MM. DE MONTRÉAL, Gt

naire de Saint-Sulpice à en prendre seuls la charge (1). (1) Etablissement C'était le parti le plus sage, après l'expérience qu'on avait Eee Fu Le faite du zèle & de la générosité de ces Ecclésiaftiques au dis depuis six ans qu'ils étaient établis à Villemarie; ce qui fait {A dire au P. le Clereq : « L'on aurait peine à croire, comme

« je l'ai su de personnes dignes de foi, jusqu'à quelle

« somme se montent les fortes contributions de la com-

« munauté & des particuliers du Séminaire pour cette

« bonne œuvre (2). » (2) Ibid, p. zu.

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TE [R Sur les inftances des associés de Montréal, les direc- 1e séminame pe sunr- [10 SULPICE SECHARGE DI

teurs de cette maison tinrent entre eux plusieurs assem- Finn 1 blées: & considérant que M. Olier avait eu le dessein néar. d'accepter l'île de Montréal, ils conclurent au'ils ne pou-

vaient pas avoir de marques plus assurées de la volonté

de Dieu que les vues de ce saint prêtre. Ils résolurent donc

unanimement d'accepter l'offre qu'on leur faisait, en exi- | geant toutefois que l'affaire demeurât secrète, jusqu'à ce qu'elle fût entièrement consommée. En conséquence, le 9 mars suivant, les cinq associés de Montréal dont on vient de parler signèrent le contrat de donation de l’île au Séminaire de Saint-Sulpice, du consentement de M. de Maisonneuve, quoique absent, & de celui de mademoiselle Mance, qui était présente. « Considérant, disaient-ils dans « cet acte, les grandes bénédiétions qu'il a plu à Dieu de « répandre sur l'ile de Montréal, pour la conversion des « sauvages & l'édification des Français, par les soins de € MM. Olier, de Renty & autres, depuis vingt années ; « & combien, dans ces derniers temps, Messieurs du « Séminaire de Saint-Sulpice ont travaillé, par leurs soins « & par leur zèle, pour soutenir cette bonne œuvre: ayant Rp « exposé leurs personnes & fait de fortes contributions PATES « pour le bien de la Colonie & l'accroissement de la gloire Li « de Dicu: les associés désirant, d’ailleurs, contribuer de | « leur part pour seconder les pieux desseins de Messieurs |

« du Séminaire & honorant la mémoire de l'abbé Olier, leur inflituteur & l’un des promoteurs & des bienfai-

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