‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 53 sur 392 · NV · texte numérisé non relu

NV

3) Lettres de M.

Leschassier, Archives

lu séminaire de Ville-

arie: réponses faites

teurs de l'œuvre de Montréal, ils ont, après plusieurs « conférences sur ce sujet, & pour la plus grande gloire « de Dieu, donné à ces messieurs tout le droit de pro- « priété qu'ils ont en l'ile de Montréal, comme aussi « la maison scigneuriale, dite le Fort, la métairie, les « terres défrichées, & tous les droits qu'ils ont dans ce « pays (*) 1), »

Les conditions imposées au Séminaire furent : 1" Que le domaine & la propriété de l'île seraient inséparablement unis à cette communauté, sans pouvoir en ètre séparés pour quelque cause ou occasion que ce fût (**). 2° Comme subrogé par là aux associés de Montréal, le Séminaire fut chargé d'acquitter toutes leurs dettes, tant en France qu'en Canada. Il parait qu'elles étaient alors très-considérables ; du moins, c'eft une tradition conflante que, par leur acquittement, le Séminaire paya la seigneurie deux fois ce qu'elle valait au moment de la donation. 3° Il fut flipulé que si, après toutes ces charges acquittées & après les dépenses nécessaires pour la conservation de l'ile, il restait du revenant bon provenant des terres alors défrichées, il serait employé pour le bien de l'œuvre, selon le zèle et la prudence des prêtres du Séminaire; mais que, quant aux terres qui n'étaient point défrichées encore, & que le Séminaire pourrait mettre en valeur par la suite, comme aussi quant aux améliorations, augmentations à acquisitions qu'il ferait, 1l pourrait en disposer selon son bon plaisir. Le Séminaire n'a cependant jamais tiré aucun avantage de cette dernière clause, qui aurait tourné à la ruine de l'œuvre & à l'abandon de la Colonic; car fe

(*) Quoique, dans cette énumération, il ne soit pas fait mention expresse de la seigneurie de Saint-Sulpice, elle a été néanmoins comprise dans le contrat comme faisant un tout avec l'ile de Montréal (2).

(**) L'on a toujours conclu de là que le Siminaire ne pouvait ni vendre, ni donner, ni échanger la seigneurie de Saint-Sulpice, non plus que l'ile de Montréal (3).

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revenu net des terres défrichées alors ne s'élevait pas au delà de cent écus par an (1): celles de Saint-Gabriel & de Sainte-Marie appartenant en propre aux Ecclésiaftiques de Saint-Sulpice, qui, par l'entretien des hommes qu'ils y avaient placés pour garder le pays, dépensaient chaque année beaucoup plus que ces terres ne pouvaient pro-

duire (*).

Mais à peine le Séminaire eut-il accepté cette donation, qu'il mit séricusement en queftion s'il continuerait ou s'il n'abandonnerait pas tout à fait l'œuvre de Montréal,

(*) Par cette donation, M. de Maisonneuve devait se trouver dépossédé de tout droit de propriété sur Pile; aussi mit-on dans cet acte une clause en sa faveur. « Le sieur de Maisonneuve, y eft-il dit, « l'un des associés, & qui a très-utilement servi l'œuvre, demeurera, « sa vie durant, Gouverneur & capitaine de l'ile & de la maison sci- « gneuriale de Montréal, où il eft présentement établi par les associés ; « néanmoins, sous le bon plaisir & les ordres de Messieurs du « Séminaire, comme propriétaires de l'ile. Il aura donc son logement « dans la maison scigneuriale; &, en outre, il jouira de la moitié de « la métairie & des revenus du moulin, sa vie durant, à la charge de « les entretenir en bon état, pendant le temps de la jouissance. Il sera « toujours considéré comme ayant été de la Compagnie, & ayant « rendu de très-grands services pour l’établissement de la colonie de « Montréal, Le logement & le revenu dont on vient de parler lui « tiendront lieu d’appointements; & néanmoins les Messieurs du « Séminaire auront droit, dès à présent, de loger dans la maison sei- « gneuriale, comme seigneurs & propriétaires du pays, en laissant « toutelois pour le Gouverneur le logement convenable, »

I fut ftipulé, comme on le voit ici, que M. de Maisonneuve demeurerait Gouverneur sa vie durant, sous le bon plaisir & les ordres de Messieurs du Séminaire; c'était une conséquence nécessaire de la cession que la Compagnie leur faisait de tous les droits qu’elle avait elle-même reçus. Aussi, en explication de cette clause, déclara-t-elle, le méme jour 9 mars : « Que le Séminaire pourrait changer le Gou- « verneur pour de juftes raisons, » quoiqu'il n’y eût aucune apparence que jamais il fût queftion d’ôter le gouvernement de l'ile à un homme si capable & si digne de l’exercer. C’eit pourquoi M. de Bretonvilliers, comme représentant les nouveaux seigneurs, en sa qualité de Supérieur du Séminaire, envoya-t-il à M.de Maisonneuve des lettres pour le confirmer dans la charge de Gouverneur (2).

(1) Mémoire de M, Couflurier sur Montréal,

LE SÉMINAIRE MEL EN DÉLIBÉRATION S'IL N'ABANDONNERA PAS L'ŒUVRE DE MONT:

RÉAL

2) Archives de la marine, lettre de M, Talon à Colbert, 10 nov. 1070,

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(1) Archives du Séminaire de Paris, assemblées du 18 janwicr et du 15 mars

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