‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 54 sur 392 · PE · texte numérisé non relu

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(2) Annales de l'Hôtel-Dieu, par la Sœur Morin,

quelque zèle qu'il eût fait paraître jusqu'alors pour en procurer le succès. Cette œuvre devait occasionner de grandes dépenses, & il semblait que le Séminaire ne pût y suffire sans le concours de M. de Queylus, toujours exilé du Canada. D'ailleurs, M. Olier l'ayant choisi pour Supérieur de l'établissement des Ecclésiaftiques de Villemarie, on jugeait que sa présence était nécessaire dans ce pays. On tenta donc toutes sortes de moyens pour qu'il pût y retourner & y reprendre l'exercice de ses fonctions. Comme les difficultés venaient uniquement de M. de Laval, qui se trouvait alors à Paris, l'Évèque d'Angoulème lui fit les plus vives inftances, mais inutilement. M. de Bretonvilliers alla aussi le trouver pour le fléchir : tout fut inutile ; non-seulement M. de Laval ne voulut point consentir au retour de M. de Queylus au Canada cette année 1663, il refusa même de donner aucune espérance pour les années suivantes. Là-dessus, les prêtres du Séminaire crurent devoir examiner entre eux si les oppositions persévérantes du prélat n'étaient pas une marque d'improbation que Dieù donnait à leurs travaux à Villemarie, & s'il ne serait pas à propos de rappeler ceux de leurs confrères qui s'y trouvaient alors (1). Dans ces circonftances, le désiftement du Séminaire eût dû entraîner tout à la fois la ruine de la communauté des Hospitalières, celle de la Congrégation de Notre-Dame & même de toute la Colonie, qui, au défaut de la Compagnie de Montréal déjà dissoute, se serait vue deftituée de tout soutien. Aussi M. de Fancamp écrivit-il aux Hospitalières qu'elles eussent à repasser en France, si les Ecclésiaftiques du Séminaire venaient à quitter Villemarie (2). Il parait même que M. de Queylus, lassé par les oppositions de M. de Laval, si fermement résolu à lui interdire le Canada, envoya alors sa procuration à M. de Béleftre pour qu'il procédât à la vente des biens qu'il possédait dans ce pays. Il s'agissait apparemment des maisons & des terres de Sainte-Marie & de Saint-Gabriel; mais cette vente n'eut pas lieu, par suite de l'opposition que M. Souart y mit le 21 août de cette

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année (1), en conformité aux ordres qu'il reçut de M. de Bretonvilliers, comme nous allons le dire.

L'assemblée du Séminaire de Paris se réunit donc le 15 mars 1663, &, considérant les suites de la délibération qu'elle allait prendre, fut unanimement d'avis qu'auparavant chacun de ses membres vaquerait pendant trois jours à la prière, pour qu'il plût à Notre Seigneur de faire connaître sa volonté sur une affaire si importante, & qu'ensuite on se réunirait de nouveau, pour la conclure à la pluralité des voix (2). Mais, ce terme ne paraissant pas sans doute suffisant, on s'assembla enfin le 31 mars, qui fut le jour de la conclusion. Tous convinrent que, puisque l'œuvre de Villemarie avait été entreprise suivant les desseins de M. Olier, & après beaucoup de priëres pour connaître la volonté de Dieu, le Séminaire ne devait la détruire que dans la dernière extrémité, & lorsqu'il serait évident que Dieu en demandait la suppression. Ils conclurent donc que, n'ayant pas encore des marques assez manifeftes de sa volonté pour la rompre, il fallan la conserver en attendant, & qu'ainsi on écrirait aux Ecclésiaftiques qui résidaient à Villemarie de continuer leurs travaux comme par le passé (3), au moins pendant l'année courante.

M. de Laval était d'autant plus ferme dans son refus, qu'il se sentait alors plus appuyé dans toutes ses demandes à la Cour, où la réputation de sa sainteté le rendait considérable (4). Déjà même avant son passage en France, la Reine Marie-Thérèse, dans une lettre qu'elle lui avait écrite le 15 avril précédent, s'était recommandée à ses pières, en ajoutant qu'elle voulait s'occuper de son solide établissement à Québec (5). Le Roi, de son côté, après l'arrivée de M. de Laval à Paris, avait réitéré ses inflances pour l'érection du siége du Canada, & nommé ce prélat à Sa Sainteté pour être fait premier évêque (6). Dans ce dessein, il l'avait pourvu de l'abbaye de Maubec, au diocèse

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