XI, RICHAMATIONS CONTRE LA DIME ; M, DE LAVAI LA METAL VINGTIÈME
2 Marie de l'Incarnation, dettre 67e, p. 580, 300, 501.
(3) Archives de l'ar chevéché de Québec, vol, À, p. 40. Déclaration du 10 noveme bre 1063,
(4) Lbid., vol, A, p.40. Déclaration du der fér. 1664.
« pour les desservir. Ces églises seront comme des pa- « roisses; mais ceux qui y présideront, au lieu d'être « nommés curés, seront appelés supérieurs, dont l'Évêque « sera le chef. Le surplus des dîmes doit aller à l'entre- « tien des pauvres. Ce digne prélat a déjà fait bâtir une « maison à Québec pour l'Évêque & pour loger le gros de « son séminaire. Voilà l'état du Canada, tant pour le spi-
« rituel que pour le temporel (1). »
« Tout cela sonne gros & commence bien, ajoute la « Mère Marie de l'Incarnation; mais il n'y a que Dieu « qui voie quelles en seront les issues, l'expérience nous « faisant voir que les succès soût souvent bien différents des idées que l'on conçoit (2). » De la réflexion que fait ici cette sage Religieuse, il paraîtrait que plusieurs à Québec doutaient si ces règlements auraient tous les résultats qu'on s'en était promis. Celui qui concernait la dîime fut regardé comme trop onéreux & excita d’abord des réclamations assez vives. M. de Laval, voyant le mécontentement que la taxe portée à la treizième partit des récoltes faisait naître, & voulant calmer l'agitation des esprits, la réduisit à la vingtième pour l'espace de six ans, le 10 novembre, environ deux mois après son retour de France. Il remit, en outre, les dîimes de l'année courante 1663, à l'exception de celles de la côte de Lauson & de la pointe de l'île d'Orléans, deftinées à bâtir les églises paroissiales de ces lieux (3). Toutefois ce terme de six ans ne contenta pas les colons, qui craignirent que la dîme ne fût ensuite remise au treizième. M. de Laval, pour les satisfaire, étendit la taxe du vingtième à toute sa vie, & comme cette limitation ne les contentait pas non plus, il permit enfin aux particuliers de s'adresser au Roi & de lui exposer eux-mêmes leurs raisons (4). De plus, quelques personnes, par une crainte mal fondée ou par quelque autre motif, voyant que, dans les lettres d'établissement de la dîme, il était dit qu'elle aurait pour objet tout ce qui naît par le travail des hommes € ce que la terre produit d'elle-même, semèrent