‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 61 sur 392 · ORDRE TEMPOREL ET SPIRITUEL · texte numérisé non relu

ORDRE TEMPOREL ET SPIRITUEL

livres d'amende & de telle autre punition qu'il jugerait à propos (*).

« Le Roi, écrivait la Mère Marie de l'Incarnation, a « envoyé, avec le nouveau Gouverneur & notre Évèque, « un intendant qui, depuis son arrivée, a réglé toutes les « affaires du pays. (Elle parle ici de M. Gaudais.) Il à « établi des officiers pour rendre la juftice selon les règles « du droit, & a fait des règlements pour le commerce & « pour l'entretien de la société civile. Il s'ett fait rendre « foi & hommage des habitants du pays qui ont confessé « tenir (leurs terres) du Roi, à cause de son château de « Québec. Dans les règlements qui ont été faits, Québec « se nomme ville, & la Nouvelle-France province ou « royaume. L'on a élu un maire (M. Legardeur de Répen- « tigny) & des échevins (MM. Jean Madry & Claude Char- « ron), & généralement tous les officiers, qui sont gens « d'honneur & de probité, ont été choisis par élection. On « remarque entre tous une grande union. Mgr l'Evèque & « M. le Gouverneur sont nommés les chefs du Conseil ; « & on parle de faire bâtir un palais pour rendre la jus- « tice, ainsi que des prisons pour enfermer les criminels, « les lieux qui servent à cela étant petits et incommodes. « L'on a pareillement établi l'usage des dimes qui sont « deftinées pour l'entretien d’un séminaire fondé par notre « Évèque, qui doit, par ce moyen, faire bâtir des églises « partout où il! sera nécessaire, & x : ntretenir des prêtres

(*) Les domeftiques étaient alors assez rares en Canada, comme il a déjà été dit; & plusieurs de ceux que des particuliers avaient fait venir de France quittaient ensuite leurs maîtres pour en servir d’autres, qui leur offraient de plus forts émoluments : ce qui faisait naître des procès entre les colons & des troubles dans les familles. Pour les prévenir, le Conseil souverain défendit, le 1°" décembre de cette année 1663, de retirer aucun domeflique à son maitre sans le consentement de ce dernier, par écrit, sous peine d’une amende arbitraire, & de payer au maître chaque journée d’absence ou du temps perdu, à raison de cinquante sous par jour (1).

ul, ORDRE ÉTABLIE POUR LE TEMPOREL ET POUR LE SPIRITUEL,

(1) Archives de la marine (Gouverneurs) 1663 à 1669. Arrèt du Conseil suprême, ver déc. 1C063.

1) Marie de l'Incarnation, lettre 67°,

P LRITR 300, Sat.

Page 1