JUSTICE DE MONTRÉAL
M. Souart, obligé par le Conseil souverain de produire les titres du Séminaire, qui se trouvaient en France, s'empressa d'en écrire à M. de Bretonvilliers. Celui-ci, avant de les lui envoyer, réunit ses confrères pour examiner de concert s'il ne serait pas plus utile au bien des colons de Villemarie d'abandonner la juftice que de la conserver, malgré les oppositions qu'on rencontrait & celles qui pourraient naître par la suite. IIS convinrent tous qu’en y renonçant le Séminaire se délivrait de charges très-onéreuses, entre autres de la nécessité d'avoir toujours des juges capables & de les salarier, & de salarier aussi les autres officiers indispensables pour l'exercice de la jufice; de l'obligation de répondre des sentences que ces juges porteraient & de payer les amendes auxquelles ils pourraient être condamnés pour leurs jugements; enfin de l’assujettissement où l'on serait d'entretenir les prisons, de fournir le pain aux prisonniers & d'être chargé de la nourriture, de l'entretien & de l'éducation des orphelins. Néanmoins, après s'être assemblés plusieurs fois, ces Ecciésiaftiques demeurèrent convaincus qu'il était plus utile au bien du pays qu'ils retinssent la juflice, & ils résolurent de faire tout ce qui serait en leur pouvoir pour la conserver. Les motifs de cette délibération furent les inconvénients plus graves encore qu'on aurait à subir si la juftice était rendue aux colons par des juges intéressés, incapables ou vicieux, sans que les seigneurs pussent apporter à ce mal aucun remède efficace (1).
M. Souart, ayant donc reçu des copies collationnées des titres de propriété du Séminaire & des lettres patentes du Roi de l’année 1644, déjà citées dans cette hiftoire, se rendit à Québec. Le 12 juillet 1664, il mit sous les yeux
difficile de faire droit à leurs prétentions, puisque M. de Maisonneuve avait en main les ailes qui certifiaient la solution de cette somme reçue par chacun des trois plaignants (2).
SAINT -SELPICE VEUI CONSERVER LA JUS- TICE, POUR L'AVAN- TAGE DES COLONS,
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(1) Lettre de M.
‘Fronson au séminaire de Villemarie. Lettre à M. Dollier, du 20 mai 1600,