‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 83 sur 392 · PAR LES IROQUOIS · texte numérisé non relu

PAR LES IROQUOIS

jp Marie de l'Incar-

nation, Lettre 7or,

HW 201 pr. 200,

5) Hiftoire de Montréal, dé tp à 1603,

« semble, n'ayant jamais été autre que de servir fidèle- « ment Sa Majefté & de maintenir l'autorité de la charge « dont elle m'a fait la faveur de m'honorer en ce € pays (1), »

Le lendemain 27 avril, M. de Mézy, qui voulait pourvoir à la conduite du pays après sa mort, signa une commission de lieutenant par interim dans le gouvernement général en faveur de M. Jacques Leneuf de la Potterie(2), & termina enfin sa vie à Québec, dans la nuit du 5 au 6 mai 1665, M. de la Potterie s'étant présenté au Conseil souverain avec sa commission, le Conseil refusa de le recevoir à ses séances, & déclara que le Roi n'avait point donné à M. de Mézy le pouvoir de transmettre la charge de président du Conseil, ni d'y envoyer quelqu'un pour tenir sa place de son vivant, ce qu'il avait accordé à M. de Laval seul; qu'en conséquence M. de la Potterie ne serait point considéré comme chef du Conseil, n'aurait aucune part à l'exercice de la juftice, de la police, ni dans la gestion des finances, & n'exercerait le pouvoir de lieutenant qu'en ce qui regardait la milice du pays (3).

Durant ces fcheux conflits dont Québec était le théàtre, Villemarie était exposée, comme auparavant, aux hoftilités & aux surprises des Iroquois. La Mère Marie de l'Incarnation écrivait, le 28 juillet 1665 : « L'hiver dernier « & ce printemps les Iroquois ont fait plusieurs meurtres « sur les Français & sur les sauvages, tant à Montréal que « dans les bois (4). » Nous ne connaissons rien de ce qui eut lieu à Villemarie durant l'hiver, & M. Dollier de Casson dit que cette saison se passa sans qu'il arrivàt rien de funefte, parce que les colons faisaient bonne garde (5). Mais, au mois d'avril, les Filles de Saint-Joseph, malgré la douceur & la charité qu'elles témoignaient aux Iroquois, éprouvèrent leur cruauté dans la personne des serviteurs qu'elles employaient à défricher leurs terres. Depuis que Mathurin Jouaneaux, dont on a parlé, s'était donné à leur

service, elles lui avaient associé quatre hommes qui travaillaient sous sa conduite, afin de mettre plus promptement ces terres en valeur. C'étaient les nommés Basile Rollin, Guillaume Jérôme, Jacques Petit, & un autre surnommé Montor, qui avait été soldat (1). Le 24 avril 1665, pendant que ces hommes étaient appliqués à leur ouvrage & que Jouançaux leur apprêtait à diner, des Iroquois cachés dans les bois voisins fondirent tout à coup sur eux, firent une décharge de fusils, tuèrent Rollin, qui demeura sur la place, blessèrent mortellement Guillaume Jérôme, & firent prisonniers Jacques Petit & Montor. Jouaneaux, qui se trouvait heureusement à la grange au moment de cette décharge, eut assez de présence d'esprit pour n'en pas sortir, ce qui lui sauva la vie. Aïnsi renfermé, il se mit en devoir de se défendre, montrant avec résolution les armes aux Iroquois, qui, par un effet de leur lâcheté naturelle, ou plutôt de la protection de Dieu sur Jouaneaux, n'osèrent pas l'attaquer.

Cependant, au bruit de cette décharge, qui avait porté l'alarme dans tous les alentours, on sonna le tocsin à Villemarie, en disant que les ennemis étaient à Saint-Joseph, qu'ils avaient pillé la maison, pris & tué Jouaneaux & les autres. « Lorsque nous apprîimes cette affligeante nou- « velle, dit la Sœur Morin, je n'eus point envie de monter « au clocher. Dieu seul sait les convulsions intérieures « que nos Mères souffrirent, surtout la Sœur Massé, alors « Hospitalière de notre communauté, qui était inconso- « lable de la mort de ces pauvres hommes. Le pillage de « la maison n'était rien pour nos Mères, la mort du bon- « homme Jouaneaux les touchait plus que tout le refte, « tant par la reconnaissance du bien qu'il leur avait déjà « fait en prenant soin de leurs travaux & de celui qu'il « avait dessein de leur faire encore, que par la considé- « ration de sa vertu & de ses bonnes qualités. Cet homme, « d’ailleurs, leur avait été beaucoup recommandé par ses « parents à leur départ de la Flèche (2). » Les Montréa-

(1) Reg, mortuaire de Villemarie, 24 & 26 avril 1005,

JOUANEAUX ÉCIIAPPE 4 CE DANGER,

(2) Annakes de l'H6tel-Dieu Saint-Joseph, par la Sœur Morin,

(1: Reg. mortuaire, 24 avril 1665,

2° Ibid., 26 avril

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