‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 82 sur 392 · POUVOIR DE LA PART · texte numérisé non relu

POUVOIR DE LA PART

DE M, DE MÉZV.

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(1) Archises de la Cour civile à Québec, Insinuations depuis le cr mars 1604,fol, 235, Archives de lamarine, Mémoire du Roi pour M, Talon. Regittre des ordre du Roi, fol, -8, Journal des Jésuites, sept, 1054 Teflament de M, Bourdon,

(2) Journal des Jésuites, ot, 16061.

XXI

MODE MEZV, MALADE, SE RÉCONCILIE AVEC LE CLERGÉ, ÉCRIT À Me DE FRAC,

‘3, Journal des Ié-

suites, £° pan, 1003,

(D lbit,

de l'opposition de l'Évêque, quoique enregiftrée au greffe, celui-ci la fit publier au prône le lendemain. Enfin M. de Mézy ayant ordonné à M. Bourdon & à M. de Villeray de passer en France pour rendre compte de leur conduite au Roi, M. Bourdon fit son teflament, & partit le 23 du même mois, avec son fils, dans le dernier navire qui quitta cette année la rade de Québec, nommé /e Saint-Jean- Baptiste, commandé par le capitaine Le Moyne, de Dieppe (1). Au mois d'oétobre, le Gouverneur fit encore publier au son du tambour une autre déclaration, dont les Ecclésiaftiques furent très-offensés; & comme ceux-ci croyaient être en droit de lui refuser les sacrements, il se plaignait partout & tout haut de cette conduite (2).

Malgré tous ces fâcheux démêlés, le C'erge & les Religieux ne laissèrent pas d'aller le saluer le premier jour de l'année 1665; & M. de Mézy, de son côté, envoya le soir son major chez l'Évêque & chez les Pères Jésuites, pour leur rendre la visite du nouvel an(3). Enfin, le Gouverneur étant tombé grièvement malade, on lui facilita sa réconciliation, qui eut lieu vers le commencement de mars. Il reçut les sacrements de pénitence & d'Euchariftie, & le jour de saint Joseph, premier patron du pays, ainsi que le jour de Päques, on célébra la sainte Messe dans sa chambre (4). Sentant alors que sa fin approchait, il se détermina de lui-même, le 24 avril de cette année 1665, à dicter son teflament (*), &, deux jours après, il écrivit à M. de

(*) Le teftament de M. de Mézy respire la piété la plus sincère. 1 y déclare qu'il « donne son âme à Dieu & à la Très-Sainte Vierge, ñ sa bonne mère, qu’il prie de tout son cœur, avec saint Auguftin, « son patron, saint Jean, saint Pierre & tous les autres Saints K « Saintes, d'être ses intercesseurs envers Notre Seigneur Jésus- « Chrift, afin qu'il lui plaise recevoir sa pauvre âme & la mettre dans « son royaume célefte. » Il ordonne que son corps soit inhumé dans le cimetière des pauvres, & son cœur envoyé aux Capucins de la ville de Caen. Il lèégue deux cents livres aux Hospitalières üe Québec, autant œux Ursulines de cette ville, trois cents livres aux pauvres de

Tracy, alors en mer, envoyé par le Roi, dans la crainte où il était de mourir avant son arrivée, comme la chose eut lieu : « J'aurais eu une consolation très-grande, lui disait- «il, si votre arrivée en ce pays avait précédé ma mort, « afin de vous entretenir des affaires de la Colonie, dont «j'ai fait connaître au Roi les particularités les plus im- « portantes. Mais, Dieu ayant disposé de mes jours pour « m'appeler à lui, j'ai prié M. de Tilly de vous donner les « éclaircissements avec les écrits de ce que j'ai envoyé au « Roi l'année dernière, & de ce qui s'eft passé ensuite « entre M. l'Évèque de Pétrée, les Pères Jésuites & moi. « Vous éclaircirez bien mieux que je n'ai pu le faire ce « que j'ai mandé touchant leur conduite, dans les affaires « temporelles. Je ne sais néanmoins si je ne me serai point « trompé, en me laissant trop légèrement persuader ; & je « remets à votre prudence & à l'examen que vous en ferez « la définition de cette affaire. C'eft pourquoi, si vous « trouvez quelque défaut dans mes procédés, je vous con- « jure de le faire connaître au Roi, afin que ma conscience «“ n'en puisse être chargée, mon intention, à ce qu'il me

l'hôpital, & la même somme pour les nécessités du pays; cette dernière devait étre remise à M. de Laval, chargé de la difiribuer selon sa prudence. A Péglise paroissiale de Québec, il lègue mille livres, deftinées aux frais de ses funérailles, comme aussi à faire un service tous les mois & à célébrer une messe basse, tous les jours de la première année, après son décès; & enfin un service tous les ans à perpétuité. En même temps il donne à M. de Tilly la somme de cinq cents livres, à M. de Répentigny trois cents livres, à M. de Villeray, à M. Denis, à M. Madry & à M. d’Angouville, deux cents livres chacun. A ce dernier, qui était major de la garnison de Québec, il lègue ses hardes, entre autres son épée avec sa ceinture, son habit de drap d'Angleterre, son manteau de camelot. Enfin il fait divers autres legs, entre autres cinq cents livres pour les pauvres de la ville de Caen, & ordonne qu’on fasse des services & autres prières pour le repos de son âme, tant à Notre-Dame de la Délivrance que chez les PP, Carmes, chez les Cordeliers de Caen & ailleurs; & dans cette intention il veut qu’on envoie à M. d’Esqueville-Morel, l'un de ses amis, résidant en France, la somme de huit milles livres, destinées à acquitter tous ces pieux legs (1).

(1) Regiftre des délibérations & jugements du Conseil.

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1) Regiflre des

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