MOYNE
1, Reg. mortuaire de Villemarie,28 août 1065 & 20 juin 1000,
DESSEIN DE LA PROVI- DENCE SUR M, DE MAI- SONNEUVE,
trente-trois ans, tué par les Iroquois, le 27 ou le 28 du même mois d'août de cette année 1665. Enfin, ceux d'Onneiout en prirent un autre pendant l'automne, Michel Guibert, âgé d'environ dix-huit ans, qu'ils emmenèrent avec eux & brülèrent cruellement dans leur village, et l’année suivante, lorsqu'on eut appris sa mort, on fit, pour le repos de son âme, un service à Villemarie, le 29 du mois de juin (1). Vers le temps de la prise de Michel Guibert, le fameux Garacontié, capitaine iroquois, si zélé pour-les Français captifs, délivra Charles Le Moyne, qui, après trois mois seulement de captivité, fut rendu à ses concitoyens. Cette même année, Garacontié fut le premier des ambassadeurs iroquois qui se présenta à M. de Tracy, arrivé enfin, comme Charles Le Moyne l'avait annoncé, amenant avec lui des troupes réglées, envoyées par le Roi pour faire la guerre à ces barbares, & travailler enfin au solide établissement de la colonie, selon le dessein de François I‘.
On a vu par cette hiftoire que la pieuse Compagnie de Montréal avait été suscitée de Dieu, pour commencer par M. de Maisonneuve de remplir cette mission de nos Rois, en attendant qu'ils se résolussent à l'exécuter euxmêmes. Et comme si Dieu, qui fait toutes choses avec nombre, poids € mesure, eût voulu montrer que telle avait éte la fin particulière & unique de cette Compagnie, elle se vit, par suite d'événements indépendants de la volonté de ses membres, dans la nécessité de se dissoudre ellemême, le 6 mars 1663, c'eft-à-dire dans la même année & le même mois où Louis XIV se mit à la tête de l'œuvre de la Nouvelle-France, en reprenant possession de ce pays. Mais parce que, malgré sa bonne volonté, ce prince ne put y envoyer alors les forces qu'il avait promises, & que ce secours, devenu nécessaire, devait se faire attendre encore pendant deux années, la Providence voulut que, durant ce temps de faiblesse & d'abandon prolongés, M. de Maisonneuve inftituât la milice de la Sainte-Famille