‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 90 sur 392 · LIT DE MORT · texte numérisé non relu

LIT DE MORT

2, Annales de THE tel-Picu Saint-Joseph.

par la Sœur Morin,

St Vic de la Sœur Bourgcoys, tt [r, p. 227.

74) Grefle de Villeinaric, Inventaire des titres demademoiselie

Mance,

lorsque quelqu'un d'eux allait le visiter à Paris dans sa

modefte retraite, « Le lendemain de mon arrivée, » raconte

la Sœur Bourgeoys, parlant de son voyage, en 1670, pour

solliciter des lettres patentes en faveur de son inflitut,

« j'allai au Séminaire de Saint-Sulpice pour savoir où je pourrais trouver M. de Maisonneuve. Il était logé au Fossé-Saint-Viétor, proche des PP. de la Doétrine chrétienne, & j'arrivai chez lui assez tard. Il n'y avait que quelques jours qu'il avait fait garnir une petite chambre & conftruire une cabane à la facon du Canada, afin d'y loger quelques personnes qui viendraient de Montréal. Je frappai à la porte, & lui-même descendit pour m'ouvrir; car il était logé au deuxième étage, avec Louis Frin, son serviteur, & il m'ouvrit la porte avec une trèsgrande joie (1) {*). »

M. de Maisonneuve employa à se préparer à la mort les onze années qu'il vécut encore depuis son départ de la Nouvelle-France, & Dieu, qui l'avait toujours visiblement protégé dans toute sa vie publique, se plut à le bénir

surtout à la fin de ses jours. Non-seulement il lui fit ense-

(‘) Ravi d’avoir fait préparer, comme tout exprès, cette cabane pour que la Sœur Bourgeoys y logeät ainsi la première, M. de Maisonneuve s’empressa de lui donner à souper; & désirant qu’il ne manquât rien au repas, il alla en personne, comme le fait remarquer la Sœur Morin, chercher une bouteille de vin chez un marchand du voisinage, car, ajoute-t-elle, «quoiqu’il n’eût qu’un seul domeftique, « ille servait plus qu’il n’en était servi (2). » Cette hospitalité si cordiale & si prévenante ne fut pas le seul service que M. de Maisonneuve rendit à la Sœur Bourgcoys. Lorsqu'elle eut obtenu ses lettres patentes, comme elle était à Rouen avec dix ou onze filles, dont six pour sa communauté, & les autres destinées à Villemarie, il lui envova Louis Frin, chargé pour chacune d’elles d’un mandat de deux cents livres, & d’une rétribution journalière de onze sous six deniers jusqu'à leur arrivée à Québec; secours qui, selon toutes les apparences, leur était procuré par le miniftre Colbert, très-dévoué à Pœuvre de Villemarie (3). Enfin, à Paris, M. de Maisonneuve était comme l'agent officieux de ceux des habitants de cette colonie à qui il pouvait rendre quelque service (4). |

velir, dans l'obscurité d'une vie cachée & d'une retraite inconnue, toute sa gloire militaire, il daigna encore lui Ôter à lui-même la joie du succès de ses entreprises précédentes & des grands services qu'il avait rendus au Canada. L'un des plus signalés avait été sans doute d'y conduire, en 1653, la recrue de cent hommes : ce qui, en r687, faisait dire à M. de Denonville, Gouverneur généal, & à M. de Champigny, intendant, dans une lettre à la Cour : « Ces cent hommes ont sauvé l'île de Montréal &

« tout le Canada aussi (1). » Néanmoins, M. de Laval! (1 Archives de ta

ayant appris que, dans la somme de soixante-quinze mille livres que ces hommes avaient coûté à la Compaynie de Montréal, M. de Maisonneuve avait fait entrer vingt deux mille livres de la fondation de l'Hôtel-Dieu, que mademoiselle Mance échangea alors pour cent arpents de terres défrichées du domaine des seigneurs, ce prélat voulut alarmer la conscience de M. de Maisonneuve sur l'emploi de ces vingt-deux mille livres, & revint une multitude de fois sur ce sujet. Comme il exigeait même que mademoiselle Mance reftituât la somme, ou qu'à son défaut le Séminaire de Saint-Sulpice la rendit à l'Hôtel- Dieu, M. de Maisonneuve fut très-sensiblement affligé de ces poursuites, (qu'il jugeait contraires à l'équité ; jusquelà que, sur sonTt de mort, il fit un écrit pour déclarer que ni le Séminaire ni mademoiselle Mance n'étaient tenus à aucune refltution. Il eft à remarquer qu'il donna cette déclaration de son propre mouvement, sans y avoir été invité par personne, uniquement pour l'acquit de sa conscience, au moment où 1l allait paraître devant Dieu (2.

Nous ne connaissons pas les autres circonftances qui précédèrent & accompagnèrent son trépas; mais ce dernier trait montre assez que M. de Maisonneuve porta jusque dans les bras de la mort cette droiture conftante & invariable qui avait été le caractère de toute sa vie. Nous pouvons ajouter qu'il s'endormit dans le Seigneur avec une confiance d'autant plus parfaite que, n'avant point reçu

marine, Colonies en

moire

l'hôpital de Montréal,

général, t. XVI. Mé-

de 1687 sur

Lettres de MN

l'YronsonauSéminaire F v .

{ de Villemarie, Lettre

Rem, 1680,

\ pe 150,

XANVIHE

RE PEM, DE MAISONe

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