‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 95 sur 392 · SA GRANDE PIÉTÉ · texte numérisé non relu

SA GRANDE PIÉTÉ

(3) Relation de {a

Nouvelle-France,

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1665, p. 25. Journal des Jésuites, 19 juin

Le régiment choisi pour cela fut celui de Carignan, nouvellement arrivé de Hongrie, où il s'était fort diftingué contre les Turcs, & qui eft célèbre en Canada comme ayant été la source d’une multitude de familles encore exiftantes dans ce pays. Il était appelé de Carignan, du nom du prince qui le commandait, fils de Thomas-François de Savoie, chef de la maison de Carignan, dont les descendants règnent aujourd’hui en Sardaigne. Le prince Thomas-François était passé au service de la France, &, après avoir commandé nos troupes en Italie avec beaucoup de succès, était mort à la suite d’une expédition. Son fils, qui servait aussi la France, y commandait ce régiment d'infanterie, qui pour cela fut appelé Carignan ; mais, en l’absence du prince, Louis XIV en ayant donné le commandement, en 1659, à M. Henry de Chapelas, sieur de Salières, colonel d'un autre régiment d'infanterie incorporé au précédent, on l'appela alors des noms de Carignan-Salières, & c'eft ainsi qu'on le trouve désigné communément dans les anciens aëtes en Canada. Le Roi avait beaucoup de considération pour le prince de Carignan, qu'il qualifiait de cousin ; aussi, en donnant le commandement de son régiment à M. de Salières, mit-il pour condition que celui-ci ne le commanderait que sous les ordres du prince & en son absence (2), ce qui fut cause que M. de Salières le conduisit lui-même en Canada. M. de Tracy avait emmené avec lui quatre compagnies dans les îles françaises, qui de là devaient le suivre en Canada; les autres partirent direétement de France en 1665, mais leur traversée fut longue & pénible.

Quatre compagnies parties de la Rochelle arrivèrent à Québec le 17 & le 19 du mois de juin (3), & M. de Tracy, avec celles qu'il conduisait, n'y parut que le 30 du même mois. L'incommodité de la navigation & la fièvre l'avaient extrêmement abattu, ce qui fut cause qu'il refusa les honneurs que les habitants s'étaient préparés à lui

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