DÉFRICHEMENT DES
cents arpents de terre : « Nous ayant ete remontre par ^^rres, et encou-
« mademoiselle Jeanne Mance, disent-ils, que, pour "age jiademoisfi.lf
« mettre l' Hôtel-Dieu de Villemarie en état d'assifter les
« sauvages, qu'on espère y devoir venir en grand nombre,
« lorsque la paix sera faite avec les Iroquois, il n'y
« a point de meilleur moyen que de faire défricher des
« terres, & qu'à cette intention, la personne quia fondé
« ledit Hôtel-Dieu Saint-Joseph de Villemarie veut cha-
« ritablement donner, cette année, une somme notable,
« afin d'y envoyer des défricheurs, nous, pour témoigner
« le désir que nous avons de contribuer, autant qu'il nous
« sera possible, au soulagement des pauvres sauvages, le
(I zèle du salut desquels nous a assemblés, avons donné,
<i par ces présentes, deux cents arpents de terre, au lieu
« qui sera trouvé le plus com.mode, & qui seront bornés
« huit jours après l'arrivée de mademoiselle Mance dans
« la même île (2;. » Enfin, pour que la Compagnie des (2) Archives du sé.
Associés de Montréal pût procéder librement à toutes ses m'^aire àe: Québec
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opérations, on en nomma les officiers, & M. Olier en fut tel-Dieu de viiiemafait Diredeur, en remplacement de M. de Renty, décédé rie, Smars iGdo. au mois d'avril de l'année précédente (*). Mademoiselle
(') M. Dollier de Casson dit qu'on nomma M. Olier Direcleur, à cause que M. de Renty était du Conseil privé. Cette assertion semblerait supposer que M. Olier avait été nommé Direcleur avant le mois d'avril 1649, où M. de Renty mourut.
Mance^ voyant dans tous ces Messieurs les dispositions les plus sincères & les plus généreuses de contribuer, de tout leur pouvoir, à Toeuvre de Villemarie, fut beaucoup consolée & remplie d'une nouvelle ardeur, pour s'y dévouer elle-même. Elle eut des conférences particulières & des communications intimes avec M. Olier, qui Tencouragea à se sacrifier, jusqu'à son dernier soupir, pour Tœuvre de Dieu. Elle visita aussi M. de BretonviUiers, prêtre du séminaire de Saint-Sulpice, qui l'assura de son généreux concours, & qui, en etfet, fut en grande partie le soutien de la colonie de Montréal, par ses largesses ; il jouissait d'un gros revenu, & passait même pour être lecclésiaftique de France le plus riche en biens de patrimoine. Enfin elle vit, en particulier, chacun des autres membres de la Compagnie, qui tous lui témoignèrent le plus entier dévouement.
ZELE DE LA COMPAGNIE Ccpendaiit des p>ersonnes peu portées pour cette
œuvre, voyant mademoiselle Mance à Paris, & n'ignorant pas la grande eftime qu'avaient pour elle tous les Associés de Montréal, l'engagèrent à leur faire abandonner ce dessein, qu'elles regardaient toujours comme téméraire, & la pressèrent de leur conseiller d'employer plutôt leurs largesses à assifter les Hurons, dans l'état malheureux où ils se trouvaient alors réduits. Quoique mademoiselle Mance eût engagé, en lôqS, madame de BuUion à appliquer, en effet, aux missions Huronnes les fonds considérables qu'elle venait de donner alors pour l'Hôtel-Dieu de Villemarie, elle ne se sentit pas portée à entrer dans ces vues, & répondit que MM. de la Comp>agnie de Montréal, malgré leur petit nombre, étaient tous résolus à poursuivre leur œuvre, & plus zélés que jamais. Voyant donc qu'elle se refusait à ce qu'on demandait d'elle, une des personnes dont nous parlons ne laissa pas d'aller trouver le Duc & la Duchesse de Liancourt, pour leur faire à eux-mêmes la proposition d'employer leurs aumônes en faveur des missions Huronnes. Mais, pour toute réponse, ils lui di-