POUR AMENER UN SECOURS DEVENU NÉCESSAIRE
DE l650 A l652.
Nous avons raconté que les Récollets d'abord, & mœurs des hurons, ensuite le Pères Jésuites, avaient établi des missions dans verIionde^cepeuplÈ des bourgades Huronnes 8: s'étaient livrés à mille travaux pénibles pour amener les peuples de ces pays à la connaissance du vrai Dieu. Il serait difficile d'imaginer les difficultés sans nombre qu'ils rencontrèrent, & s'il eût fallu juger de l'établissement de la Foi dans ce pays d'après les vues de la prudence humaine, à peine aurait-on pu trouver un peuple au monde plus difficile à soumettre à l'empire de Jésus-Christ. Les Hurons n'avaient aucun usage des lettres, aucun monument de l'hiftoire, aucune idée de Dieu créateur du monde, qui le gouverne par sa providence. Ils étaient d'ailleurs si naturellement indépendants, que chez eux les pères n'avaient aucun pouvoir sur leurs enfants, ni les lois du pays sur les uns & les autres, qu'autant qu'il plaisait à chacun de s'y soumettre volontairement ; enfin il n'y avait, chez les Hurons, aucun criminel dont les biens 8: la vie ne fussent assurés, eût-il été convaincu d'avoir commis trois ou quatre meurtres, ou même d'avoir trahi sa patrie. Ce n'eft pas qu'il n'y eût des lois & des punitions proportionnées aux crimes ; mais les coupables ne portaient pas la peine, c'était au public à satisfaire pour les fautes des particuliers, en faisant des présents ; & encore personne ne pouvait y être contraint, ces sortes de
dédommagements étant toujours fournis par ceux qui
voulaient bien y contribuer. Nous avons parlé déjci de
rinllabilité de leurs mariages 8c de la liberté qu'ils croyaient
avoir de les rompre &: d'en contrader de nouveaux,
(i}Reiationdei645. commc aussi de leurs pratiques superûitieuses ( i)^ qui
f'' '^°' "^'* s'étendaient presque à toutes les adions de la vie, comme
à leurs divertissements, leurs pèches, leurs chasses, leurs
trafics, la culture de leurs champs, leurs guerres, leurs
conseils, leurs remèdes dans les maladies. De sorte que, la
superllition ayant corrompu presque toutes leurs aiftions
communes, il semblait que, pour être chrétiens, ils devaient
se priver des choses les plus nécessaires ; en un mot, mou-
{2)iiù/., p. 41 rir au monde (2).
MISSIONS HURONNEsÉTA- Malgré ces difficultés, les Pères Jésuites eurent la
BUES PAR LES RR. pp. congolatiou de voir s'élever, au milieu de cette barbarie,