GUERRE. RUINE DES HURONS. 1649-5O. III
Le 4 juillet 1648, une armée de ces barbares s'étant hurons massacrés ietée à Timprovilte sur la mission de Saint-Joseph, com- ^^^ iroq.uoi; posée de quatre cents familles, au moment de cette inva sion inopinée, des Hurons courent au combat, d'autres "°«t '=■'* ""^'e de prennent la fuite ; au milieu du carnage, le P. Daniel, après avoir baptisé un grand nombre de catéchumènes, par aspersion, est lui-même blessé èk tué par les Iroquois, qui jettent son corps dans les flammes; 8: pour tout dire, en un mot, il y eut dans cette action jusqu à sept cents Hurons massacrés ou faits prisonniers de guerre (i). Le (o Relation de 1649, 16 mars de l'année suivante, environ mille Iroquois, la p- -'' i' ^• plupart armés d'arquebuses, que leur donnaient les Hollandais, leurs amis, font irruption, à la pointe du jour, sur le bourg de la mission de Saint - Ignace, dont ils s'emparent; &, sans perdre eux-mêmes plus de dix hommes, ils tuent ou font prisonniers tous les Hurons de ce bourg. De là, ils vont attaquer le village de Saint-Louis, qu'ils livrent aux flammes ; des Hurons, au nombre d'environ cinq cents personnes, prennent incontinent la fuite, tandis que les PP. de Brebeuf &: Gabriel Lallemant, qui tiennent ferme pour pouvoir absoudre ou baptiser ceux qui étaient reliés au village, sont pris l'un & l'autre par les Iroquois & expirent dans les plus horribles tourments (2). 2; ibid., p. 10, n, La haine de ces barbares à l'égard des missionnaires '^' '^• avait surtout la religion chrétienne pour objet; comprenant que ces deux Religieux prononçaient le nom de Jésus dans leur supplice, ils voulurent les empêcher d'invoquer ainsi celui pour lequel ils mouraient, & en vinrent jusqu'à leur mettre, à diverses fois, des tisons enflammés dans la bouche, afin de leur griller la langue. Le P. de Brebeuf expira ainsi, le 16 mars 1649, ^ ^^ P- Gabriel Lallemant, le lendemain (3). " ^ ^^'^ '^*'''-' p- ' '' ' -
L im des Hurons chrétiens condamnés aux flammes, mort admirable dYx
se voyant pris 8c garrotté, se mit à exhorter ses compagnons
d'infortune, en leur rappelant les motifs de la Foi, & leur
recommandant de soutfrir les tourmejits qui leur étaient
HfRO.N CHRETUN.
(i) Relation de i65o,
préparés, comme devaient le faire des enfants de Dieu, à qui le ciel était ouvert. Les Iroquois, irrités de ses discours,, lui défendent aussitôt de prier Dieu & d'animer ses compatriotes ; mais voyant qu'il continuait toujours, ils entrent dans une sorte de rage & lui déclarent qu'il sera tourmenté d'une façon nouvelle s'il ne cesse d'invoquer son Dieu. Insensible à leurs menaces, ce jeune homme se rit de leur fureur 6c remercie Dieu de la grâce qu'il lui fait de souffrir comme chrétien, & non simplement comme Huron. Il ne démentit jamais cette confiance, au milieu des douleurs horribles de son martyre, qui dura trois jours & trois nuits, pendant lesquels il ne cessa de chanter les. louanges de Dieu, & continua toujours de la sorte, jusqu'à
3i. ' son dernier soupir (ij.