THE GRAND NOMBRE DE HUHONS
CATASTROPHE d'un AU- Lcs Hurous dc quluze autres bourgs, apprenant les
désaftres que nous racontons, prirent le parti d'abandonner leurs cabanes & d'y mettre le feu, dans l'espérance de trouver leur salut au milieu des bois, ou en se réfugiant chez d'autres peuples. Mais un grand nombre, n'ayant pas de quoi vivre, à cause de la famine, plus cruelle cette année qu'on ne l'avait vue depuis cinquante ans, se virent réduits à manger du gland ou à aller chercher dans les
Ci) Relation de 1C49, bois des racincs pour soutenir leur vie languissante (2). Quelque dure que fût cette extrémité, les Pères Jésuites se décidèrent, le i5 mai 164g, à mettre eux-mêmes le feu à leur maison de Sainte- Marie, & allèrent se réfugier dans une île appelée par eux de Saint-Joseph, où trois cents familles Huronnes, la plupart chrétiennes, les suivirent, & dont un très-grand nombre périrent l'hiver, la famine exerçant alors plus cruellement ses ravages. Pour surcroît de maux, au commencement de mars i65o, ceux qui restaient encore à Saint-Joseph partent pour aller chercher quelques glands dans les bois, &, lorsqu'ils traversent le lac, les glaces fondant sous leurs pieds, les uns se noient dans ces abîmes, les autres ne s'en retirent que transis d'un froid mortel; & enfin, le 25 du même mois, une armée
1^ GUERRE. RUINE DES MURONS. l65o. Il3
d'Iroquois tombe sur ces derniers & en fait une cruelle boucherie. Divisant ensuite leurs troupes, les vainqueurs se mettent à la poursuite des autres; en moins de deux jours, ils trouvent toutes les bandes de ces Hurons dispersées çà et là, éloignées les unes des autres de six à huit lieues; & de toute cette multitude de fuyards un seul homme s'échappe, qui vient apporter aux PP. Jésuites (i)Reiationde 1649, ces triites nouvelles (i). p- ^-«'^9' 3°- f^'^t'*"^
^ ' de i65o, p. 23, 24.