‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 111 sur 428 · GUERRE. HOSTILITÉS A VILLEMARIE. 1 65 I · texte numérisé non relu

GUERRE. HOSTILITÉS A VILLEMARIE. 1 65 I

généreux colons. Jls auraient été pris infailliblement, si cette même porte eût été fermée ; &: de plus si, de leur côté, les Iroquois eussent passé les premiers devant Thôpitàl ainsi ouvert, ils y fussent entrés, eussent pris mademoiselle Mance, qui s y trouvait alors seule, & pillé & livré aux fîammes toute la maison. Mais ces trois hommes y étant entrés promptement, & ayant fermé les portes sur eux, les Iroquois ne songèrent pas à les forcer.

Ils se retirèrent incontinent, emmenant avec eux Catherine Mercier, & se mirent à chercher Jean Chicot, qu'ils avaient vu se cacher sous Tarbre. Celui-ci, ayant été découvert, se défendit avec tant de vigueur contre tous ces Iroquois, quoiqu'il fût sans armes, & les frappa si rudement du pied & du poing , qu'il leur fut impossible de l'entraîner de force avec eux & de le prendre. Craignant enfin, pendant qu'ils se débattaient ainsi avec lui, d'être joints par des Français qu'ils voyaient venir au secours de Chicot, ils lui enlevèrent la chevelure avec un morceau du crâne : ce qui pourtant, chose assez remarquable, ne l'empêcha pas de vivre près de quatorze ans depuis ce jour, qui fut le 6 du mois de mai 1 65 1 . On lit dans le journal des PP. Jésuites que Boudart, appelé vulgairement Grand-Jean, eut la tête coupée par les Iroquois qui, sans doute, l'emportèrent dans leur pays comme trophée de guerre (i; (*). Son corps fut inhumé le lendemain 7 mai; &, le 14 mai suivant, Jean de Saint-Père, en qualité de greffier de la juftice de Villemarie, procéda à l'inventaire & à la vente des meubles de Boudart.

On voit, par un autre ade du même de Saint-Père, en date du 5 juillet de cette année, que Catherine Mercier vivait encore alors 6c était prisonnière chez les Iroquois (2). Mais

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