VIGNE
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Sainte-Siiianne, du nom de son pays (i). Le i8 du ir.ois (o Joumai des Jésuivant, jour de dimanche, à l'issue des deux messes, un '^"'**^' '° ™' ''^ '' très-grand nombre dlroquois attaquèrent quatre Français entre le Fort & la Pointe Saint-Charles : c'étaient probablement des habitants qui, après l'office du matin, retournaient en armes dans leurs maisons nouvellement construites. Surpris ainsi à l'improvifte , ces quatre hommes se jettent dans un petit taudis, appelé assez improprement Redoute, qui se trouvait alors au milieu d'une grande quantité de bois abattu, & là, résolus de vendre chèrement leur vie, ils commencent à faire de vives décharges de fusils sur les assaillants. A ce bruit, un des plus anciens colons, Urbain Tessier, dit Lavigne, que nous venons de nommer, étant le plus proche du lieu où se faisait l'attaque, y court le premier, en toute hâte, avec tant d'audace & de bonheur, qu'il passe sans accident, avec une légèreté & une vitesse nonpareilles, par-dessus tous ces bois abc^ttus ; 8c quoique, pour parvenir jusqu'à ses camarades, il donnât dans quatre embuscades d'Iroquois, les unes après les autres & essuyât soixante ou quatre-vingts coups de fusil, il arrive sans être blessé ni arrêté dans sa course. Enfin, étant entré dans ce taudis, il se joint aux assiégés & ne contribue pas peu à rehausser leur cœur par un tel acle de courage.
xvin.
Le bruit de cette fusillade ne fut pas plutôt entendu des action de la pointe autres colons, toujours prêts à courir sur l'ennemi , qu'il saint-charles,tres-
' ■■- ' i. MEURTRIERE POURLES
sembla ranimer leur ardeur; & sur-le-champ M. de Mai- moaucis.
sonneuve envoie aux assiégés un secours, sous la conduite
de Charles Le Moyne (2). A peine les Iroquois virent-ils (2) Hîftoire du Cana-
ces auxiliaires à la portée du mousquet, qu'ils firent im- da.parM.deBeimont.
prudemment sur eux une décharge générale, que les autres
eurent l'adresse d'éviter; & se mettant alors à tirer sur les
Iroquois, ils en abattirent un grand nombre, au point que,
voyant leurs hommes tomber de tous côtés, ces barbares,
qui n'avaient pas le temps de charger leurs arquebuses,
n'eurent plus d'autre moyen de salut que la fuite ; 8c tou-
tefois, comme ils étaient obligés de passer sous un grand nombre de gros arbres abattus, ils essuyaient de nouvelles décharges à mesure qu'ils se relevaient pour s'enfuir : aussi laissèrent-ils morts sur la place vingt-cinq ou trente des leurs, indépendamment des blessés, qui furent em- ^0 Doiiier de Cas- portés OU qui prirent la fuite (i). Le Journal des Pères son, i(j.-.o-i(j5i. His- jésuites nous apprend qu'il nV eut, du côté des colons,
toire du Canadii, par '^ '^ 1,1 ,. t jt
M. deBeimont. quc quatre hommes de blesses, dont 1 un, Léonard Lucault, dit Barbot, ne survécut que deux jours à ses bles-
(2) Journal des Je- surcs (2) (*). 11 mourut, en effet, le 20 du mois de juin,
suites, iSjuin iô.->i. q^j-q^^ avoir reçu les derniers sacrements, & fut enterré au
(3)Regiftredeiapa- cimetière (3). Le 2 juillet suivant, Jean de Saint-Père fit
roisse,2o juin i65,. pin^^g^taire dcs meubks du défuiît, en présence de M. de
(4) Greffe de Mont- ^aisonueuve, de Pierre Gadois & d'Auguftin Hébert (4).
real, 2 juillet 103 1 . ' o \ ly
xtx. . . . .
M. DE MAisoNNEuvE Au Hiilieu de CCS hoftiUtés j oumalièrcs, il u j avait plus
OBLIGE LES COLONS ^^ sécurlté Dour personne à Villemarie ; on ne voyait
DE VILLEMARIE DE SE 'i '^ , . , j .
RETiRERDANSLEFORT partout quc dcs Iroquois, toujours prêts a surprendre les ET TIENT GARNISON A colons; & personfie n'eût osé ouvrir sa porte la nuit, ni
l'hôpital. ,11,-. 1
aller, durant le jour, a quatre pas de sa maison, sans avoir
(5) Doiiier de Cas- son épéc, SOU pillolet &: SOU arquebuse (5). Mademoiselle
Mance, dans un écrit qu'elle composa dans la suite, parle ainsi de ces hoftilités incessantes : « Après la défaite
(*) Le P. Ragueneau, dans sa Relation de i(J5r, où il adonné (ij) Journal des Je- un court article sous ce titre : De la Résidence de Montréal (6), a suites, 18 juin iG5i, oublié de parler de ce combat, que M. DoUier de Casson qualifie le P- 9- plus heureux que nous ayons eu. Pareillement, dans le Journal déjà
cité, où l'on a mentionné les quatre Montréaliftes blessés, & notamment la mort de Léonard Lucault, l'un d'eux, on a oublié aussi de parler des Iroquois qui périrent dans cette occasion. On y lit seulement : « Dans ce combat, les Français se comportèrent vaillamment, « un capitaine Iroquois étant demeuré sur la place, & plusieurs « blessés. » M. de Belmont porte à trente le nombre d'Iroquois qui turent tués, & ajoute que les colons perdirent deux hommes & en (7) Hiftoire du Ca- eurent deux autres de blessés (7). Il faudrait conclure de là qu'indénada, i65i. pendamment de Lucault, l'un des trois autres mourut de ses bles-
sures, quoique pourtant le regillre des sépultures n'en fasse pas mention.
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des Hurons, les Iroquois, devenus beaucoup plus orgueilleux & insolents qu'ils ne Tavaient été jusqu'alors, recommencèrent à nous incommoder si souvent & si conflamment, qu'ils ne nous donnaient point de relâche. 11 ne se passait presque point de jour qu'on ne découvrît quelque embûche de leur part, ou qu'ils ne nous donnassent quelque alarme. Ils environnaient nos maisons & nous tenaient de si près, qu'ils avaient toujours des espions cachés derrière quelque souche; & cela vint à une telle extrémité, que M. de Maisonneuve obligea tous les habitants à abandonner leurs maisons & à se retirer, avec toutes leurs familles, dans le Fort. L'hôpital étant isolé, éloigné de tout secours, 8: surtout ne pouvant être assifté la nuit, les Iroquois l'eussent sans doute pris, s'ils avaient fait quelque attaque; &, après avoir enlevé tout ce qu'il renfermait, ils l'auraient livré aux flammes, comme ils firent de diverses maisons. Pour éviter ce désaffre , M. de Maisonneuve m'obligea aussi moi-même de me retirer dans le Fort; tk, ahn de conserver la maison de l'hôpital, il y mit une escouade de soldats en garnison pour la garder. Dans ce dessein, il y fit mener deux pièces de canon, placer des pierriers aux fenêtres des greniers & pratiquer des meurtrières tout autour du logis, en haut & en bas, & même dans la chapelle, qui servait de magasin d'artillerie (i). » (i) Archives du sé- M. de Maisonneuve désira d'en user de la même sorte, """"^"""^ '^^ Québec,
. ,., . papiers concernant
pour conserver quelques redoutes isolées qu il avait fait l'Hôtei-Dieu deViiieconftruire dans les champs, afin de protéger les travail- rn-^"<^leurs; & aussitôt des soldats, pleins de courage & d'intrépidité , allèrent s'y établir en garnison , quelque exposés qu'ils dussent être aux attaques des barbares.
L'expérience jullifia bientôt la sagesse de cette pré- n. garnison de l"hovoyance : car, en retranchant ainsi ses colons, partie dans "'^'^^' ■*^*'^'^'=^ ''■^'*
' '^ DEUX CENTS IROCLUOIS,
le Fort & partie dans l'hôpital & ailleurs, M. de Maisonneuve les mit à même, malgré leur petit nombre, de faire tête aux Iroquois 8c de soutenir avec avantage toutes leurs