HAR
CELÉES PAR
LES IRO-
QUOIS. CRAl
INTE
DES
COLONS DE cirÉBEC.
2* GUERRE. TROIS RIVIÈRES. 1 65 I . I 2g
« autres répondaient, femmes, (yifants & serviteurs (i). »
On peut se rappeler qu'en établissant Villemarie, les Associés de Montréal s'étaient proposé, entre autres fins, de protéger par là Québec, quoique déjà désigné pour être la capitale de la Nouvelle-France. C'était aussi ce que le roi Louis XIV s'était promis de l'œuvre de Montréal, en disant dans ses lettres patentes du i3 février 1644, qu'on pourrait établir dans cette île quelque puissante communauté, qui servirait à l'avenir de refuge assuré aux sauvages (2). Au milieu des événements lamentables que (2) Édits et ordon-
nous racontons ici, on vit heureusement les effets ré- n^"»^", Québec, i,s54,
pondre à ces espérances ; car toutes les hoflilités avaient
pour objet les Trois-Rivières & surtout Montréal, théâtre ordinaire des combats. La mère de rincarnation, réélue Supérieure des Ursulines de Québec, au mois de juin de cette année i65i (3), écrivait le 3 septembre suivant: (3; juumai des j(^- « Les Iroquois continuent leurs courses, ils ont emmené suites, juin ii.e-i. " dans leur pays une femme Française de l'habitation de Il Montréal, après avoir tué son mari ; cette habitation a Il fort à souffrir, aussi bien que celle des Trois-Rivières. Il Tout eft néanmoins en paix à Québec (4). » La même (4} i-ettre 44% 3 année, la mère Catherine de Saint-Auguliin, Hospitalière ^"^pt- 'û^'-f- 45?du même lieu, écrivait de son côté : « Les Iroquois conti- « nuent leurs guerres ; nous ne sommes pas en grand « danger dans notre maison (5). » En etfet, on était si (5) vie de i.i mère tranquille alors à Québec, qu'on y commença, cette année ^-^'•^.'^""'^ "-^^ '''*■'^"" même, un séminaire ou une école pour les enfants Fran- p. 57. çais, sous la conduite d'un homme vertueux, qui leur apprenait à lire & à écrire, & leur enseignait le plain-chant. Il Ce séminaire, lit-on dans la relation de cette année, efi .1 proche de l'église & du collège, où ils viennent en classe « & se forment au bien. Sans cela, nos Français auraient (i moins d'infl:rud1:ion que les sauvages mêmes. La grande « église de Québec, dont on commença la bâtisse il y a Il trois ans (en l'honneur de Notre-Dame Je la Paix), <i n'eft pas tout achevée encore. Toutefois, on commença
Catherine de Saint- Augustin, p. 5G, -7
l3o II'" rARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.
i< à y faire l'Office à Noël, avec un ordre & une majefté (I qui augmentent la dévotion. Il y a huit enfants de chœur, (!)Reiationdei65i, „ des cliantrcs & des officiers (i). » Toutefois, les colons P ^' de ce pofte n'étaient pas sans inquiétude, sachant bien que,
si Montréal était ruiné, les Iroquois tomberaient ensuite sur tout le refte de la colonie Française, « Nous ne nous « pressons pas pour achever le refte de nos bâtiments, (I écrivait encore, en i65i, la mère Catherine de Saint- (I Auguftin, à cause de l'incertitude où nous sommes si « nous demeurerons longtemps ici. Il n'y a personne qui « soit assuré d'être garanti de la fureur des Iroquois. Je « ne sais ce que Dieu veut faire de ce pays; mais je puis « vous assurer qu'il eft bien ébranlé ; Dieu veuille, par sa « grâce, que nous ne soyons pas dans la peine de le quit- (2) Vie de la Mère « ter (2). » Dans ces circonftances si alarmantes, les personnes de chaque maison, à Québec & aux habitations qui en dépendaient, prirent un Saint pour patron, firent vœu, chacune, de se confesser 8c de communier au moins une fois le mois ; & partout on récitait les prières en com- (:-!)Reiationde u.3i, muu, soir & matin (3).
• M. DE MAisoNNEuvE Lcs pcrtes que Villemarie faisait si fréquemment,
BÉsoLu d'aller de- malgré la valeur des colons, avaient réduit de beaucoup T.^lTrs^'^^.J^'^-"' leur nombre. Nous avons dit que, pour conserver le bâti-
PAuME DE MONTREAL J- •^ -l
UN RENFORT DEVENU mcut de l' Hôtcl-Dieu, transformé en forteresse, M. deMaisonneuve n'avait pu y mettre que dix-sept hommes de garnison, y compris le major Closse ; &, au rapport du P. Ragueneau, il ne reftait en tout, tant à l'Hôtel-Dieu qui'au Fort, qu'environ cinquante Français, cette année (4)Reiationdei65i, i65i (4). « Ce trifte état ayant continué près de deux ans sans recevoir ni forces, ni secours de France, dit mademoiselle Mance, 8c nous voyant dans une extrême faiblesse, sans pouvoir recevoir de renforts d'aucun des autres poftes de ce pays, la crainte & l'efiroi étaient partout. On ne parlait que des excès & des cruautés que les Iroquois exerçaient ici 8c ailleurs, 8c des ravages auxquels ils se portaient tous les jours, si bien que tout le