NEUVE
172 ir PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTREAL.
NOMBKE, cLUALiTÉs ET Lc desscm (Jc M. de Maisonneuve étant de repousser
!;l?L!Lrt'^!m^! les Iroquois & d'établir solidement la colonie de Ville-
DES HOMMES ENROLES 1
PAR M. DE MAISON- marie, il ne voulut conduire avec lui que des hommes jeunes, robuftes & courageux, tous propres au métier des armes, exercés chacun dans quelque profession nécessaire ou utile au nouvel établissement, & tous sincèrement catholiques. Il exigea de plus qu'ils fussent gens de bien & de moeurs irréprochables, afin qu'ils ne gâtassent pas le refte du troupeau, en quoi, dit la Sœur Morin, il a parfai-
(i) Annales de l'Hô- temeut réussi (i). Pour s'aider dans ce choix, il se servit Morin!"' ^^'^ de M. de la Dauversière ; & l'un & l'autre levèrent ainsi
des hommes, dans la Picardie, la Champagne, la Normandie, rile-de-France, la Touraine, la Bourgogne, mais principalement dans le Maine & l'Anjou, surtout aux environs de la Flèche, d'où M. de la Dauversière les tira presque tous. Dans le courant des mois de mars, avril & mai i653, ces hommes passèrent, par-devant des notaires, leurs ades d'engagement avec la Compagnie de Montréal; & ceux qui s'engagèrent de cette manière à la Flèche furent au nombre de cent dix-huit, ainsi que le montrent encore aujourd'hui leurs ades d'engagement, conservés en original dans les minutes du notaire de Lafousse, qui les écrivit. En outre, trente-six autres passèrent aussi ailleurs des contrats semblables, en sorte que le nombre total de ces hommes, tous propres à porter les armes, s'éleva à cent cinquante-quatre. Nous en donnerons le rôle détaillé à la fin de ce volume, en désignant les pays d'où la plupart furent tirés. Quelques-uns cependant se désiltèrent; d'autres moururent dans la traversée; &, au témoignage de M. de Belmont, il n'en arriva que cent cinq à Villemarie.
ACTES d'engagement Lcurs ades d'engagement sont semblables les uns aux
DES HOMMES DE LA -i • , 1 J '
RECRUE DE M. DE Autrcs, « Hc vaneut guère que pour le nom des engages MAISONNEUVE. §, \q^ sommcs quc leur assurait à chacun la Compagnie de
Montréal. Celui d'Etienne Bouchard, que nous rapporterons ici, fera connaître tous les autres. « Paul de Cho-
RECRUE DE M. DE MAISONNEUVE. l653. I yS
« medey, sieur de Maisonneuve, Gouverneur de lile & « Fort de Montréal & terres en dépendant ; noble homme « Jérôme le Royer, sieur de la Dauversière, procureur Il de la Compagnie des Associés pour la conversion des « sauvages en ladite île , & Etienne Bolichard, maître <i chirurgien, natif de la ville de Paris, paroisse Saint- « Paul, ont fait entre eux l'accord qui suit : Ledit Bou- « chard s'eft obligé d'aller servir de son art de chirurgie « en Tîle de Montréal, sous le commandement du sieur « de Maisonneuve, pendant cinq années entières & con- « sécutives, à commencer du jour où il entrera dans cette M île; &, pour cet etfet, il a promis de se rendre dans la i( ville de Nantes le quinzième jour de ce mois, pour K s'embarquer. Au moyen de quoi, les sieurs de Maison- « neuve & de la Dauversière ont promis, au nom des « Associés de Montréal, de le nourrir, loger & coucher, (i tant pendant le voyage que durant les cinq années de K son service, comme aussi de lui fournir tous les inlfru- <( ments nécessaires pour exercer son art de chirurgie ; en «( outre de lui payer, chaque année, la somme de cent (I cinquante livres de gages, & enfin, les cinq années finies, (( de le faire reconduire en France, à leurs frais & dépens, « sans qu'il en coûte rien audit Bouchard. » Comme on le voit par cet ade, la Compagnie de Montréal transportait ces hommes dans son île, les nourrissait 8c les logeait à ses propres frais pendant cinq ans, & leur fournissait les outils & la matière nécessaires à l'exercice de leur art ou de leur profession particulière. Elle ne se chargeait pas de les vêtir; mais, pour qu'ils pussent se pourvoir euxmêmes de linge & d'habits, elle assurait à chacun des gages proportionnés à l'importance des services qu'il pouvait rendre, par le métier ou l'art qu'il avait à exercer. Plusieurs n'étant pas assez fournis de hardes & d'autres objets qu'ils étaient bien aises d'emporter de France, elle fit des avances sur leurs gages à cent trois d'entre eux, & leur donna ainsi, avant leur départ, plus de onze mille livres, quoique les gages de ceux qui partirent ne dussent
pas s'élever au-dessus de la somme de sept mille cinq cents livres par an.
MADEMOISELLE BouR- Avaot Ic départ, fixé au 20 du mois de juin de cette GEovs. DÉSIR QUELLE ^^^^^ ^ gg 3 ^ ^^ Malsonneuvc désira d'aller à Troyes