SYNDIC
ÉTABLISSEMENT d'lX RE- CEVEUR ET d'un directeur DES BATI- MENTS POUR LA CONS- TRUCTION d'une Église PAROISSIALE.
présent à Téledion, pour en dresser un ade en forme. Les citoyens étant ainsi réunis, le greffier commençait son procès-verbal, &, après y avoir énoncé le motif de rassemblée générale & mentionné l'agrément préalable du Gouverneur, il écrivait, les uns au-dessous des autres, les noms de tous ceux des citoyens qui semblaient être plus propres à remplir la place de syndic. Chacun donnait ensuite son suffrage à l'un d'eux, & pour cela faisait ou faisait faire, sur le procès-verbal même, une marque d'un trait de plume à côté du nom de celui qu'il préférait aux autres. Lorsque tous avaient ainsi donné successivement leurs suffrages, on comptait les marques ou les voix, & celui qui en avait obtenu un plus grand nombre était élu syndic. Son élection ne lui imposait pas cependant l'obligation d'accepter le syndicat; mais, en l'acceptant, comme il arrivait toujours, il promettait à l'assemblée de remplir fidèlement sa charge. Le dernier des syndics remettait alors au nouveau les papiers de la corporation, s'il en exiftait, tels que les ordonnances des Gouverneurs particuliers, les contrats de propriétés ou autres titres de la communauté des habitants. Ainsi, à Villemarie, on lui remettait toujours, depuis i65i, le contrat du 2 odobre de cette année, par lequel M. de Maisonneuve leur a-vait accordé, au nom des seigneurs, quarante arpents de terre pour servir de Commune.
Jusqu'alors la colonie de Villemarie avait eu pour église la chapelle du Fort. Après l'arrivée de la recrue, cette église était devenue insuffisante & se trouvait, d'ailleurs, un peu écartée de la plupart des maisons récemment conflruites & habitées par les colons. Comme c'efl aux corporations à bâtir des églises pour leur usage & à les entretenir, M. de Maisonneuve proposa, cette année 1654, aux citoyens de Villemarie, de contribuer à la conflrudion d'une nouvelle église paroissiale, plus vafte & plus commode, & pour cela de recueillir les fonds qui seraient volontairement offerts; ce qu'ils agréèrent tous avec une vive
VILLEMARIE FORMÉE EN COLONIE. l654. 201
satisfadion. En conséquence, le 2g juin, fête de saint - Pierre et de saint Paul, le syndic réunit les colons en assemblée générale, &, en présence de M. de Maisonneuve, on élut, à la pluralité des voix, Jean de Saint-Père pour receveur des aumônes qui seraient faites en faveur de la conftrudion de Téglise projetée. On arrêta, dans cette assemblée, que le receveur tiendrait un regiltre de sa recette, où il marquerait les sommes qu'il aurait reçues & les noms des donateurs, & que tous les trois mois il donnerait un état de sa recette au Gouverneur de Villemarie. On régla aussi que les aumônes faites en grains, ou en autres denrées sujettes à se détériorer, seraient vendues par le receveur au plus offrant 8: dernier enchérisseur, pourvu que, trois jours auparavant, il eût fait publier & afficher Tenchère à la grande porte du Fort; qu'enfin le receveur serait obligé de livrer les sommes dont il serait dépositaire, suivant les ordres du directeur du bâtiment de l'église, élu par les citoyens en présence du Gouverneur, quand il en serait besoin (i). Divers particuliers firent, en effet, des (o Greffe de vnieoflfrandes pour le bâtiment, etxM. de Maisonneuve, de son niarie, 29 juin 1654. côté, comme chargé de rendre la juffice, appliquait à la même deltination les amendes auxquelles étaient condamnés des particuliers, comme nous le dirons ailleurs.