‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 166 sur 428 · VILLEMARIE FORMÉE EN COLONIE · texte numérisé non relu

VILLEMARIE FORMÉE EN COLONIE

se voyant sans enfants & étant résolus de passer l'un 8.: Fautre en Canada, pour se dévouer à Tœuvre de Montréal, désirèrent de l'avoir avec eux, & obtinrent de ses père & mère de la conduire à Villemarie, afin de Félever comme si elle était leur propre fille, & de laisser ainsi une héritière dans la personne de cette enfant. Catherine n'avait alors qu'environ un an, & comme ses parents adoptifs prirent un très-grand soin de son éducation dès le bas âge, & eurent toujours pour elle une afïedion de père & de mère, elle fut considérée, dans la colonie, comme étant leur propre fille & appelée, de leur nom, Catherine Primot. Sa mère adoptlve, cette femme forte, en qui le courage égalait la vertu, car c'était la même que nous avons vue surnommer Parmanda, s'appliqua à former l'esprit & le cœur de l'enfant, & eut la joie de voir se développer, comme à vue d'œil, les heureuses dispositions, aussi bien que les belles qualités naturelles dont le Ciel l'avait douée. A l'âge de quatorze ans, Catherine annonçait déjà ce qu'elle serait un jour, une mère de famille accomplie & un modèle achevé de vertu pour toute la colonie. Charles le Moyne, qui songeait alors à s'établir, frappé de la modeftie, de la solide piété & de la droiture d'esprit de cette jeune personne, en qui la sagesse semblait devancer les années, désira d'obtenir sa main, & ce choix seul, de la part d'un homme si grave, si judicieux & si chrétien, eft le plus bel éloge qu'on puisse faire de la jeunesse de Catherine. Il la demanda donc en mariage à ses parents, &, pour être préféré à tout autre, il passa un compromis avec eux, le lo décembre i653, par lequel il s'engageait à l'épouser prochainement, sous peine de leur donner six cents livres en cas de dédit de sa part. De leur côté, ils ne désiraient pas moins vivement ce mariage; aussi s'obligèrent-ils à compter la même somme à Charles le Moyne s'ils manquaient à la parole qu'ils lui donnèrent réciproquement. Ces conventions furent faites au Fort de "Villemarie, en présence de M. de Maisonneuve, de mademoiselle Mance, de Michel Messier & d'autres témoins,

qui les signèrent, parmi lesquels on trouve un David le Moyne, qui appartenait sans doute à la famille de Charles (*;.

M. DE MAisoNNEuvE, AU Le marlagc fut célébré le 28 mai suivant 1 654, &

NOM DES SEIGNEURS, jyj dc Maisonneuvc, qul désirait de contribuer au bien des

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