FAVORISE LE MARIAGE
DE LE MOYNE. dcux époux, Icur donna, de la part des seigneurs, au
quartier dès lors appelé la pointe Saint- Charles, proche la grande anse, une terre située entre le fîeuve Saint-Laurent & celle de Jean de Saint-Père, à condition qu'Antoine Primot & Martine Messier, son épouse, jouiraient pendant leur vie de la moitié de la terre donnée. Par une distinction particulière, qui fait assez connaître Tintérêt qu'il portait aux nouveaux époux, il leur accorda quatre-vingtdix arpents de terre, ce qui était alors sans exemple dans l'île de Montréal. En outre, il leur donna le privilège de chasse & de pêche, avec le droit d'usage sur la prairie Saint-Pierre, ainsi que le droit de prendre du bois dans la Commune pour leur chauffage, lorsqiie les quatre-vingtdix arpents auraient été entièrement défrichés, ou, au défaut de la Commune, d'en prendre sur le domaine des seigneurs. Il leur accorda enfin, dans le lieu désigné pour la ville, un arpent de terre, sur lequel Charles le Moyne avait
(i) Greffe de Mont- déjà fait Construire une maison proche de l'Hôpital (i).
rexaae du 23 juillet ^ntoine Primot & son épouse, ayant toujours traité &
chéri Catherine Thierry comme si elle eût été leur propre
enfant, l'avaient donnée de bonne foi à Charles le Moyne^
sans déclarer, dans le contrat civil, ni dans Taifte ecclé-
(*) Charles le Moyne eut un frère du nom de David, fils de
Pierre le Moyne & de Judith Duchesne, baptisé à la paroisse de
(2) Etat civil de Saint-Jrcques de Dieppe, le 6 juin 1634 (2), mais qui pouvait être
Dieppe. Regiftres de jifl-jirent de celui qui assilla à ce compromis- nous trouvons, en effet,
Saint-Jacques, 6 luin , r-v-jim l --li ■ jc'„» D„~,, i„
,, -1 ' ' up, autre David le Movne, baptise à la paroisse de baint-Kemy, le
f3 ' Ibid Re<»iftres '^ '"'" i'J38, né de Pierre le Moyne, autre que le père de Charles de Saint-Remy i6 & de Marguerite Fontaine. Ce jDfl!'/(/ lut nommé de la sorte par son juin i638. parrain, noble homme, David Gally, Procureur du Roi (3).
VILLEMARIE FORiMÉK EN COLONIE. l(')54. 207
siaftique de mariage, qu'elle n"était que leur fille adopti\e^ & Charles le Moyne, en Tépousant, avait cru s'allier, en effet, à la famille Primot. Mais, six ans après, Antoine Primot & son épouse, considérant qu'il n'exillait aucune déclaration juridique de cette adoption, & que, faute d'un pareil ade, les droits de Catherine à leur succession pourraient un jour lui être conteftés, ils se présentèrent devant M. de Maisonneuve, comme chargé par les seigneurs de rendre la jultice, & déclarèrent qu'ils adoptaient Catherine Thierry pour leur fille & leur héritière, à la charge quelle retiendrait toujours le nom de Catherine Primot (i). /'■' '^■"'^f ^ '''= *^ont-
J- ' . ^ -' real, 20 mars s 660.
En procurant ainsi rétablissement de nouvelles fa- sollicitude de m. de milles, M. de Maisonneuve avait plus de sollicitude en- ""soNNEtTE envers