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CHARITÉ ET PIÉTÉ DES En pailaut ici de la première organisation de la
colonie, nous ne pouvons nous dispenser de rappeler la sainteté des mœurs qui régnait alors. Villemarie était toujours, comme nous Pavons vue dès son commencement, une image de la primitive Église, surtout par la charité, qui en faisait le caradère diftindif. Voici ce que rapporte, sur ce sujet, la Sœur Morin : « Rien ne fermait à clef en ce temps-là, ni les maisons, ni les coffres, ni les caves ; tout demeurait ouvert, sans que personne eût à se repentir de sa confiance. Ceux qui jouissaient de quelque aisance s'empressaient d'aider les autres, & leur donnaient spontanément, sans attendre qu'ils réclamassent leurs secours, se faisant, au contraire, un plaisir de les prévenir & de leur donner cette marque d'aff"edion & d'eftime. » La piété de ces fervents colons n'était pas moins remarquable que leur charité. Comme il y avait alors à Villemarie deux Pères Jésuites^ on célébrait ordinairement deux messes : la première, avant le jour en hiver, & à quatre heures en été, était pour les hommes. Ils y assiftaient tous. Celui qui y eût manqué un jour de travail, dit encore la Sœur Morin, se serait regardé comme excommunié de la société des autres; &, pour s'abftenir d'y assifier ces jours-là, il fallait avoir des motifs d'empêchement aussi forts que ceux qu'on exige aujourd'hui pour s'en dispenser les fêtes d'obligation & les dimanches. « C'était un spedacle bien édifiant, ajoute-t-elle, de voir « tous ces hommes aussi modeftes & aussi recueillis, pena dant le saint Sacrifice, que pourraient l'être les plus dévots
VILLEMARIE FORMÉE EN COLONIE. 1654. 2l3
Religieux . » La seconde Messe se célébrait à huit heures, &
celle-ci était pour les femmes, qui ne le cédaient pas à '0 Annales de tho-
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leurs maris en dévotion m en vertu (i). p^,,. .^ g^^^ ^^^i^';
Lorsqu'ils avaient quelque devoir à remplir ou quelque confrérif: mu iturede honneur à rendre, à Toccasion de rarrivée d'une personne la très-sainte mer-