A PAIX
« faites quelque coup, vous serez cause qu'ils seront tués (( par les Français. « A cette nouvelle, la Grande Armée renonce aussitôt à son plan de campagne ; il n'eft plus occupé que des moyens d'obtenir la paix avec Villemarie, pour délivrer les siens ; & l'autre, profitant de cette disposition, l'assure qLi'il l'obtiendra facilement s'il va la demander aux Français, naturellement portés à la bonté & à la clémence. Incontinent, la Grande Armée fait faire un pavillon blanc , qu'il arbore à l'extrémité de son canot, passe en pleinjour devant le Fort, met pied à terre un peu au-dessus, s'avance 8: demande à parlementer. Mais, avant de faire aucune proposition , il veut s'assurer de la prise des siens & demande à les voir. On fait aussitôt venir les prisonniers, &, dès qu'il les a vus, il propose lui-même la paix, à condition qu'on romprait leurs liens. On lui répond qu'on acceptera la paix, pourvu qu'il ramène auparavant tous les prisonniers Français détenus au pays des Iroquois, & qu'à cette condition on lui rendra réciproquement tous les captifs. C'était ainsi que l'entendait le capitaine ; aussi promit-il , de son côté , de les ramener dans un certain temps qu'il fixa, 8: fut très-fidèle à sa ^^^"Sr^^StP'-o-essed).
xviii. Les Iroquois qui ramenèrent les captifs étaient si em-
pressés & si désireux de recouvrer les leurs, qu'ils mirent ces LES DEMOISELLES prisouniers Français en liberté, sur la grève, sans attendre MOYEN ET MACART. q^'g^ leur Teudît les leurs propres, ni même sans les demander, voulant témoigner par cette confiance, que c'était avec une sincérité entière qu'ils recherchaient l'aUiance " ' des Français. On leur rendit donc réciproquement tous (2)Hiftoire du Ca- leurs gens, au nombre desquels étaient six capitaines (2).
nada, par M. de Bel- r-'^i ^ ,• ^ ■ ■ ■ ^ -^■Il^'\
mont. r.nnn les autres nations Iroquoises qui avaient ete ndeles
à la paix envoyèrent aussi des ambassadeurs pour pro-
tefter qu'elles avaient toujours vécu en amies avec les
(3) Lettres de Ma- Français, & s'étaient abftenues de tout afle d'hoftillté
rie de rincarnation, ^^^^^/g ^^^^ jg -g j^ ^^ jj^ ^^ l'automue (3). Parmi les
lettre 52% 12 oflobre , , '^ . . ^ ■'
i655, p. 5 18. captifs qu'ils ramenèrent, on diftingua surtout les deux de-
LES CAPTIFS RENDUS DE PART ET d'autre
PAIX AVEC LES IROQOUIS. i655. 23g
moiselles Moyen^ dont la plus jeune n'avait alors que huit
ans, les deux filles de M. Macart, Michel Messier, sieur de
Saint-Michel, Gilles Trottier, interprète de Villemarie, &
le nommé la Perle, pris aux Trois-Rivières, du retour
duquel on n'avait plus d'espoir. Mademoiselle Mance
reçut à l'Hôtel-Dieu les demoiselles Macart & Moyen, &
leur témoigna raffecl;ion & la sollicitude d'une mère. Elle
prit soin surtout de l'éducation des deux premières, &
développa heureusement les belles qualités & les germes
de vertu qui les mirent, par la suite, en recommandation
dans la Nouvelle-France. Ce qui fait dire à M. DoUier de
Casson : « La reftitution de ces prisonniers fut un grand
« bienfait que Villemarie procura au Canada, spécialement
« celle des enfants de MM. Moyen & Macart, comme il a.
(( paru par les alliances que ces jeunes personnes ont
» faites. » L'une des demoiselles Moyen, nommée Élisa- riages df irparoiTsl
beth, épousa, en lôSy, le Major de Villemarie, Lambert deViiiemarie, 12 août
Closse (i); l'autre, Marie Moyen, après être reftée plus de ' (2) Archives de Q.ué-
douze ans auprès de mademoiselle Mance {2), épousa bec, regiftredesjuge-
M. Sidrac Du Gué, sieur de Boisbriant, capitaine de mé- ™ents du Conseil su-
' ' \ perieur, fol. 7J,verso.
rite &: de condition (3). L'aînée des demoiselles Macart (3) Greffe de viiieépousa M. Basire, l'un des plus riches particuliers du Ca- '"^''"^' '9 "o'^'- '^67.
j -.n -11 -M- Regiftres de la pa-
nada, 6c 1 autre un brave gentilhomme, M. de ViUiers. roisse, /nov. 1667.
La paix fut donc conclue avec les nations Iroquoises, a la faveur de la paix, &, cette année i655, les colons de Villemarie protitèrent ''''"'' """ villemarie