‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 190 sur 428 · I.E CAPITAINE LA Pl.lMK MENACE LES MONT- REALISTES s'ils ne · texte numérisé non relu

I.E CAPITAINE LA Pl.lMK MENACE LES MONT- REALISTES s'ils ne

NIERS.

Comme ils jouissaient de quelque considération parmi les Iroquois, un de leurs capitaines, nommé la Plume, RENDENT LES PRISON- témolu dc Cette prise, parut aussitôt, en menaçant les Français de sa vengeance, si on ne lui rendait au plus tôt les deux prisonniers. On lui répond qu'ils sont en bon état & bien traités, & que, s'il veut aller s'en assurer par lui-même, il peut venir les voir. A ces paroles, reprenant le ton de la menace, il réplique avec colère qu'il ira les voir, mais d'une toute autre manière que celle qu'on lui propose ; & là-dessus il se retire de l'autre côté du fleuve Saint-Laurent. Encouragés par cette prise, les Français de Villemarie résolurent d'aller attaquer les Iroquois la nuit suivante ; & M. de Maisonneuve, à qui ils firent connaître ce dessein, l'approuva. Cependant un capitaine Iroquois, qui ne participait en rien à la trahison des autres, & qui se trouvait alors au Fort, voyant les préparatifs qu'on faisait pour cette attaque, supplia M. de Maisonneuve de la ditférer, s'ofirant d'aller lui-même de l'autre côté du fleuve, pour négocier la paix avec les Iroquois. Ce capitaine était aimé des Français & leur inspirait quelque confiance; on consentit donc sans peine à ce qu'il proposait. Le lendemain, il alla en effet de l'autre côté de l'eau, s'aboucha avec la Plume & les autres, & leur demanda tous les prisonniers Français pour condition de la paix, dont il était le médiateur; mais la condition fut refusée, quelques instances qu'il pût faire.

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3* GUERRE DES IROQUOIS. l655. 237

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A peine la nouvelle de ce refus eût-elle été apportée i.k capitaine la plume

au Fort, que tous ces Iroquois, montant sur leurs canots traversent, en plein midi, le fleuve Saint-Laurent, à la siens. vue des Français, dans le dessein de les attaquer de vive force, pour recouvrer leurs prisonniers. M. de Maisonneuve, qui ne pouvait douter de leur dessein, ne leur donna pas le temps de l'exécuter. Il commanda aussitôt au major Closse d'aller, avec une escouade, les charger sur le rivage, où ils étaient sur le point d'aborder; 8^; cet ordre eft exécuté si heureusement & avec tant d'adresse, que les Iroquois n'aperçoivent ces soldats que lorsqu'ils sont sur la bouche de leurs mousquets. Se voyant donc couchés en joue les premiers, & craignant d'être prévenus par les balles des colons, s'ils faisaient mine de tirer sur eux, ils prennent précipitamment le large, &, dans leur déroute inopinée, cinq des leurs sont pris & amenés au Fort; de ce nombre, le capitaine la Plume lui-même. Charles le Moyne, qui accompagnait le Major en sa qualité d'interprète, se diflingua beaucoup dans cette occasion (i).

"Voyant que leur capitaine était prisonnier, ces barbares se mirent à parlementer de nouveau, mais en proteftant cette fois qu'ils voulaient faire une paix sincère & solide ; & M. de Maisonneuve chargea l'autre capitaine Iroquois dont on a parlé, qui était au Fort, de leur faire agréer la condition qu'il y mettait absolument, savoir : la liberté de tous les captifs. Ce capitaine lui dit alors qu'un chef Agnier, nommé la Grande Armée, célèbre chez les Cinq Nations, venait en guerre, qu'il irait incontinent à sa rencontre, & qu'aussitôt qu'il lui aurait nommé les capitaines pris & détenus dans les fers, à "Villemarie, il le ferait consentir à la condition exigée. Il partit en effet & rencontra la Grande Armée avec un corps d'Iroquois Agniers, les plus leftes & les mieux faits qu'on eût vus encore. Dès qu'il l'eut abordé : " Vous allez donc en « guerre? lui dit-il. 'Vous ignorez sans doute que tel 8: tel « de nos capitaines sont captifs à "Villemarie ; 8c, si vous

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