‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 216 sur 428 · NOUVEAU A FAIRE · texte numérisé non relu

NOUVEAU A FAIRE

avaient toujours eu de faire ériger un Siège épiscopal en ériger un évêché

Canada, avantage qu'ils n'avaient cessé de demander à

Dieu par leurs prières. Ils jugeaient qu'indépendamment

des secours que les Français en retireraient, la présence

d un évêque en Canada serait un moyen plus efficace pour

procurer, comme ils s'exprimaient pieusement eux-mêmes

dans leurs motifs, « la régénération d'un peuple nouveau,

AU CANADA, ET DESI- GNENT M. DE QIEY- I,US.

272 ir PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

« SOUS la conduite de quelque homme apoftolique, qui

(( les mènerait dans les pâturages de la grâce, avec le

« bâton pafloral : bienfait autant attendu, ajoutaient-ils,

« qu'il eft retardé par notre froideur à prier le Seigneur

« de cette moisson, qui veut en être pressé, ainsi qu'il Fa

(1) Les vcritabie- u recommandé à ses disciples (i). » Pour lever donc tous motifs, in-4" 164.-, j^^ obftacles , ils s'engagèrent de nouveau à faire les frais

p. I 3. — Luc A, 2. ' .

d'établissement & de dotation de Tévéque & de son Chapitre, & à présenter même un sujet pour un tel polïe, qui n'offrait alors que des privations de tout genre & des dangers toujours renaissants. Ils avaient proposé autrefois M. Legauffre; ils jetèrent cette fois les yeux sur un autre de leurs confrères, M. deQueylus, qti'ils jugeaient très-

'2) Mémoires de . i- c ' /• \

j^i j^iij;; propre a remphr ce nouveau Siège (2).

QLALiTÉs ET TRAVALx M. Gabrlcl dcTliublère de Levy Queylus était, dit le P. le DE M. DE QUEïLLs. Ckrcq, iUuffrc par 53 piété, sa do(51rine&songrandzèle(3).

(3) Premier établis- j^g^^ d'uue ancienne famille du Rouergue, & abbé de

sèment de la Foi, t. II, . ■ j

p. 19. Loc-Dieu (4), il s'était appliqué de bonne heure à 1 étude,

(4) Bibiioth. Maza- avait pris le bonnet de dodteur en théologie (5), & s'était

rine, manuscrit 1882, ■ ■ ^ -k/i r^,- ■ -i r • j 1

in-foi. intitulé: Mai- 1°!"^ ^ ^- <Jhei"j. » Vaugirard, pour s exercer aux vertus son de Q.ueyius. de SOU état & travailler sous ses ordres à la réforme du

Rouen leurr'^du o! clcrgé de France. Quoiqu'il eût joui, dès son enfance, d'un avril 1657, regiftrein- rcvenu Considérable, il pratiquait d'une manière peucom- '°'' ^°^' "■ mune parmi les hommes de sa condition le renoncement

aux biens de ce monde; & devenu ensuite supérieur de la communauté de la paroisse de Saint-Sulpice à Paris, il porta, par l'efficacité seule de son exemple, les membres de cette communauté naissante, à se contenter de la nourriture & du vêtement, pratique qui a persévéré jusqtià ce (1.) Vie de M. de jour (6). 11 ne travailla pas avec moins de succès à la ré- Qusyius, par Grandet, forme dcs ecclésiaftiqucs dans plusieurs diocèses de Languedoc, spécialement dans celui de Viviers, où il établit le séminaire diocésain, dont il fut le soutien par ses libéralités pendant six ou sept ans, c'efl-à-dire jusqu'à son départ pour la Nouvelle-France. On sait enfin les bénédldions singulières dont fut couronné son zèle, lorsque, devenu

CHE POim LE t

DESSEIN d'un ÉVÊCHÉ EN CANADA. l656. 273

curé de la ville de Privas, en Vivarais, Tune des métropoles du parti huguenot, il entreprit avec tant de succès la conversion des hérétiques de cette province (i). Les (i vicdcM. Oiicr, Associés de Montréal, jugeant donc que M. de Queylus, p-'"''- '"> ''^- v,Oi. x. entré vers ce temps dans leur Compagnie, serait trèspropre à être évèque du Canada, le proposèrent à l'assemblée générale du clergé, réunie alors à Paris, pour qu'ellemême le présentât au monarque.

Mil.

IVl^' Godeau, évèque de Vence, qu'ils avaient chargé l'assehbi ée oÉNÉaAU!: de nouveau d'exprimer leurs désirs, rappela aux évêques, pRlN!-E'^D\"MrKDE dans la séance du 9 août i656, les mouvements que l'As- l'érection dUnévêsemblée précédente du clergé s'était donnés pour faire réussir le même dessein. « Depuis ce temps, dit-il, les « guerres arrivées entre les Hurons &les Iroquois, jointes « aux troubles de la France, en ont empêché l'exécution. (I Maintenant que la paix eft faite dans le Canada entre « ces nations, quelques personnes de condition & de (I piété de cette ville ont repris la pensée de l'établissement « d'un évèque, d'autant plus nécessaire aujourd'hui, que « le nombre des chétiens, tant Français que sauvages, « étant devenu fort grand, ils se trouvent privés des sacre- « ments que l'évèque seul peut conférer, & des autres « bénédictions que Dieu répand sur les peuples, lorsque « l'Église eft parfaitement formée : ce qui ne peut être que V par rétablissement d'un évèque. Pour faire solidement (I cette fondation & celle d'un Chapitre, ces personnes " pieuses & de qualité donnent la moitié de l'île de » Montréal, avec tous les droits seigneuriaux, ce qui, dans <i quelques années, produira un revenu considérable : « cette île étant au centre du pays, sous un ciel tempéré, « la terre y étant fort fertile, & y ayant auprès des habi- <( tations beaucoup de terres défrichées, dont l'évèque « pourrait jouir dès à présent. » M'-'' Godeau conclut que, pour l'accomplissement de ce dessein, il ne reftait plus qu'à obtenir l'agrément du roi, touchant réredion du Siège, &: la nomination d'un abbé commendataire, qui

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