‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 215 sur 428 · OLIER D ENVOYER DE · texte numérisé non relu

OLIER D ENVOYER DE

SES PRÊTRES A VILLE- daut lamvée des prêtres dont nous parlons. Plusieurs "*'"^- fois ces Religieux avaient eux-mêmes témoigné le désir

fil Premier établiss. ji . w i ^ i , v . .

deiaFoi,t.ii,p.5i-52. u être decharges de cette œuvre, étrangère a leurs mis- (2) Hiftoire du Ca- sious (2); &, dans l'impuissance où ils se voyaient de sufmont ^^"^ ^•''^^'^'- fli-e à tout, il arrivait que, par intervalles, Villemarie se trouvait sans missionnaires. De là M. de Maisonneuve, M. & madame d'Ailleboufl, mademoiselle Mance & plues; Regiftre des as- sieurs autres avaient-ils souvent écrit à M. Olier (3), pour

semblées du sémi- i j i- ■ i

nairedeSaint-Sui ice presscr de rempUr ses anciennes promesses, en leur ende Paris, 3i mars voyant dcs prêtres formés de sa main. Enfin celui-ci étant tombé en paralysie, M. de Maisonneuve, qui craignait qu'il ne mourût sans en avoir envoyé aucun, résolut, pour l'y déterminer efficacement, de faire ce nouveau voyage en France, de concert avec M. d'Ailleboufl & M. Desmusseaux. Après s'en être ouvert confidemment à mademoiselle Mance, qui le fortifia encore dans l'exécution de ce dessein, il annonça son départ aux colons de Villemarie, en les assurant que ce voyage procurerait le bien de tous, quoiqu'il ne leur en fît pas connaître l'objet; & comme l'expérience leur avait heureusement appris que .toutes ses absences tournaient à leur grand avantage, ils se consolèrent par l'espérance de quelque secours nou-

DE MAISONNEUVE EN FRANCE. l656.

veau. Il se disposa donc au départ, &, avant de quitter Viilemarie, nomma, pour y commander en son absence, M. Closse, son Major, bien propre aie remplacer, tant à cause de Texpérience qu il s'était acquise dans la profession des armes, que du grand ascendant que ses exploits militaires lui donnaient sur tous les soldats. Lui ayant communiqué ses ordres, il quitta Villemarie vers la fin de l'année i655, & arriva heureusement en France, où les affaires qu'il allait négocier le retinrent près de deux ans (i).

11 ne lui fut pas difficile de faire entrer les Associés de Montréal dans le dessein de donner aux filles de Saint- Joseph la conduite de l'Hôtel-Dieu. C'était ce qu'ils désiraient tous, & ce qu'ils s'étaient toujours promis depu's leur entrée dans cette Compagnie; &, pour en venir enfin à l'exécution, ils se réunirent le 3 i du mois de mars i656, & firent un compromis avec les Hospitalières de Saint- Joseph, de la Flèche. Par cet ade, ils s'engagèrent, an nom de la personne fondatrice qui ne voulait être connue, à recevoir à l'Hôtel-Dieu de Villemarie, sous le bon plaisir du Roi & de l'agrément de l'évèque d'Angers, trois ou quatre de ces Hospitalières, comme aussi à leur en donner la propriété, ainsi que celle des bâtiments qu'ils y feraient conftruire pour elles, & enfin telle quantité de terres que M. de Maisonneuve, mademoiselle Mance & les Hospita- Uères elles-mêmes détermineraient d'un commun accord. Le tout fut attribué a la communauté que ces filles formeraient à Villemarie, avec cette clause expresse, que leurs biens seraient séparés de ceux qui avaient été, ou qui seraient donnés pour traiter dans cette maison les malades pauvres. De leur côté, les Hospitalières de la Flèche s'engagèrent à envoyer trois ou quatre de leurs Sœurs, dès que les logements deftinés pour elles seraient en état de les recevoir, & de fournir pour chacune une pension annuelle de cinquante écus au moins, avec tous les meubles nécessaires à leur propre usage. Il fut aussi convenu que, si les

( I ) Hiftoire du Montréal, i655 à i636.

COMPROMIS ENTRE LrS ASSOCIÉS DE MONT- RÉAL ET LES FILLES DE SAINT JOSEPH DE LA FI ÉCME.

colons de Montréal étaient contraints d'abandonner ce pays, les Hospitalières de Villemarie seraient reçues dans la maison de la Flèche, qui jouirait alors de leur revenu jusqu'à ce qu'elles pussent retourner en Canada (*).

srn i.ïs INSTANCES DES M. dc Malsonncuvc n'agit pas avec moins de succès

d?s°gne\u"tre"c- poi-11" procurer un clergé séculier à Villemarie. Les AssocLÉsiASTicBLEs POUR clcs de Moutréal n'avaient jamais eu en vue que les eccléviu-EMARiE. siaftiques du séminaire de Saint-Sulpice, & s'en étaient

ouverts déjà à M. de Maisonneuve lui-même, dans ses voyages précédents. Arrivé donc à Paris, il déclara tiux associés que le temps du départ de ces Ecclésiastiques était venu, & que c'était pour les conduire lui-même qu'il avait entrepris ce voyage. De leur côté, les Associés jugeant qu'il fallait presser fortement M. Olier, M. de Maisonneuve alla le trouver de leur part, pour lui faire connaître leurs désirs & leurs inllances; & dans l'une de ses visites le pria de se ressouvenir d'une lettre que mademoiselle Mance lui avait écrite Tannée précédente. Dans cette lettre, elle l'avertissait qu'il était temps, pour lui, d'exécuter les beaux projets qu'il avait toujours formés povir le Montréal, & de ne pas

(*) On voit, par l'afte dont nous parlons, que le nombre des Associés de Montréal s'était accru, depuis le voyage que mademoiselle Mance avait entrepris, pour affermir leur Compagnie, menacée alors d'une ruine prochaine. Les signataires sont : M. Olier, direfteurde la Compagnie; M. Alexandre le Ragois de Bretonvilliers, curé de Saint-Sulpice; M. Antoine Barillon de Morangis, conseillerdu roi en ses conseils & direfleur de ses finances] M. Duplessis, baron de Montbar; M. Pierre Chevrier, baron de Faucamp; M. Bertrand Drouart, gentilhomme du duc d'Orléans; M. Louis Séguier de Saint-Firmin ; M. Roger Duplessis, duc de Liancourt; M. Jérôme Royer de la Dauversière, & Paul Chomedey de Maisonneuve, auxquels il faut ajouter encore M. Lculs d'Ailleboufl. Comme ces messieurs poursuivaient toujours le dessein de procurer un Siège épiscopal à la Nouvelle- France, & qu'ils espéraient bientôt de le voir ériger, ils déclarèrent qu'à la fin de chaque année les Hospitalières rendraient compte du

. ,„ , „, bien des pauvres à Mgr l'cvêque du lieu & au Gouverneur de Vile (i) Acte de Chaus- . . '^ o •> 1, . , ■ 1 ..1

ière notaire à Paris conjointement, & qu à legard de leur propre revenu elles n en se-

îi nîars if)56. ' raient comptables qu'à l'évéque (i).

M. DE MAISONNEUVE EN FRANCE. l656. 2Jl

tarder davantage d'y envoyer des prêtres de son séminaire (i). M. Olier, qui eût désiré d'aller finir ses jours à (i)HiftoireduMont- Villemarie (2), avait prié beaucoup pour connaître la vo- '^'^t\^i^liil^ ^^J^'ll' lonté de Dieu sur la part que ses ecclésiaftiques devaient phes de m. oiier. prendre à cet établissement (3). Il jugea aussi lui-même (3) Regiftre des asque le moment d'accomplir les desseins de Dieu était ar- ^^-^biéesdu séminaire

T^ \ de Pans, 3i mars

rivé, & promit de choisir quelques ecclésiaftiques de sa 1603.

Compagnie qu'il croirait les plus propres à cette œuvre

apoftolique. Dès qu'ils eurent connaissance de son dessein,

tous s'offrirent à lui comme de concert; l'un d'eux, M. Le-

maître, voulant lui témoigner son zèle, se mit à dire qu'une

fois en Canada il courrait de toutes parts, pour chercher

des sauvages, & irait même les trouver dans leur pays.

« 'Vous ;i'en aurez pas la peine, reprit M. Olier, ils vien-

« dront bien vous chercher eux-mêmes, & vous vous

« trouverez tellement environné par eux, que vous ne

« pourrez vous échapper de leurs mains (4); » prédidion (4'':Gaiiiachrisfiana,

qui fut juftifiée à la lettre, le 2g août 1661, comme nous t. mi, coi. lois.

le raconterons dans la suite. Toutefois, M. Lemaître ne

fut pas du nombre des quatre ecclésiaftiques que M. Olier

désigna pour Villemarie. 11 choisit M. Gabriel de Queylus,

qu'il nomma leur supérieur; M. Gabriel Souart, prêtre

de Paris, bachelier en droit canon, & qui, étant neveu du

P. le Caron, Récollet, fut ravi de reprendre ainsi en

quelque sorte l'ouvrage interrompu de son oncle (5); (5) Premier éta-

M. Dominique Galinier, prêtre de Mirepoix, &M. d'Allet, Glissement de la Foi,

j. , "^ . '^ f ' > parleR. P.LeClercq,

diacre de Pans. 1. 11, p. '?'?, 56.

L'envoi de prêtres séculiers à 'Villemarie devait ré- les associés de montveiller dans les Associés de Montréal le dessein qu'ils ''^''' pensent de

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