‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 219 sur 428 · AL POUR LE FUTUR · texte numérisé non relu

AL POUR LE FUTUR

Queylus ; mais peu après, jugeant avec raison qu'il serait évéché.

plus avantageux au succès de leurs missions & au libre

exercice de leur zèle, d'avoir un évêque qui fût de leur

propre choix, ils songèrent à proposer eux-mêmes un

sujet à la reine régente (2). Ils avaient, sans doute, autant (2) Archives de la

de droits que la Compagnie de Montréal à en présenter '"'"''"« ^ Pans, lettre

.^ ,, ,, T-v °" miniftre à M. de

un qui leur tut agréable; ou plutôt, ces Pères composant xracy, i5 nov. 1664. alors presque tout le clergé du Canada, il était conforme — Mémoire du Rot

, , o V 11 ■ j nr- 1- 1 1 • pour M. Talon, i665,

a la coutume ek a 1 esprit de 1 Lghse qu on ne leur impo- re^. des ordres du sât pas un pafteur malgré eux. Aussi le cardinal Mazarin, Roi. foi. 7?. — Méquoiqu'il eût agréé déjà la personne de M. de Queylus, chèsnave l'ôqS^ p. jugea qu'il était plus expédient de se conformer, dans cette 10, n. occasion, au désir des Pères Jésuites, qui, d'ailleurs, seuls missionnaires dans le Canada, & possédant les langues des nations sauvages, étaient devenus comme nécessaires à la Colonie Française dans ce pays. En consé- C\ Musée britarquence, ils proposèrent M. Francois-de Laval de Monti- p"?^','"'' "*"'"^'u~"

'^ . ' Bibliothèque Har-

gny, que le Roi présenta, en effet, au Pape, par les lettres leiane, coi. séguier, qu'il lui écrivit en janvier ou au commencement de fé- î:^'^ ■ ,?" '''""'^^*' "^"^

. ■ ' fT 1 • M. Guefher au coniic

vrier 1657 (3), pour solliciter réreaion d un siège épisco- de Brienne, p. 4?.

xr.

I^S ASSOCIÉS PRESSENT I-E DÉPART DES PRÊ- TRES DE SAINT-SUL- PICE ET VEULENT LES CHARGER DE l'oeuvre DE MONTRÉAL.

("i) Premier t'tablisjement de la Foi, par -le P. LeClercq, t. il, p. 54. Mémoires de M. d'Allet.

■^■^} Ar.nales Je l'Hôvel--^Dieu Saint-Josepli, p.ir la Sœur Morin. — Regillre des assemblées du séminaire à -Earis, 3i mars i6ô3.

pal en Canada^, comme nous le raconterons plus en détail dans la suite.

Le dessein d'élever M. de Queylus à Tépiscopat étant donc rompu, les associés de Montréal ne laissèrent pas de vouloir toujours établir un clergé séculier à Villemarie, & de presser le départ des quatre ecclésiaftiques déjà nommés par M. Olier. En proposant de donner la moitié de Tîle pour fonder Tévéché 8c le Chapitre, ils avaient déjà pris la résolution de se démettre du refte de Tîle en faveur du séminaire de Saint-Sulpice de Paris, étant convaincus que leur œuvre pour la conversion des sauvages ne pourrait se soutenir longtemps, ni atteindre son but, à moins qu'une communauté d'ecclésiaftiques séculiers, en état de soutenir la dépense, n'en fût chargée à perpétuité. Ils disposèrent donc M. Olier & les siens à prendre eux seuls la propriété & la conduite de l'île de Montréal, pour le temporel aussi bien que pour le spirituel; & quoique cette cession n'ait été effeduée dans les formes qu'en i663, la résolution en fut prise en l'année lôSy, à l'occasion du départ des premiers ecclésiaftiques séculiers pour Villemarie (i). On dit que M. Olier douta d'abord s'il accepterait la propriété de l'île, & se chargerait seul de l'œuvre de Montréal; mais que son grand désir du salut des âmes, son afFedion pour Villemarie, le poids des raisons que les Associés lui alléguèrent, le déterminèrent enfin, après beaucoup de prières qu'il avait faites pour ce dessein; & qu'il consentit même volontiers à se charger de cette œuvre, Dieu lui ayant fait connaître que telle était sa volonté sur lui (*) (2). C'eft ce qui explique

(*) On conçoit qu'en 1657 il pouvait, sans être téméraire, porter ce jugement, puisque, comme il a été dit, le Canada, avant même la fondation de Villemarie, avait été le premier objet qui lui fut montré, en i636, touchant sa vocation ; & que la Compagnie de Saint-Sulpice, qu'il devait former pour être consacrée à cette œuvre, avait heureusement pris naissance en 1 642, & commencé même déjù divers

M. d'Allet.

PRÊTRES DE SAINT-SULPICE. iGSy. 277

pourquoi M. Olier, apprenant que le dessein de révéché n'aurait pas lieu, fut d'avis que ses ecclésiaftiqucs partissent néanmoins pour Villemarie; & que, peu de temps avant sa mort, il déclara même que Ton devait continuer ce voyage, & que telle était la volonté de Dieu(i). Cette (0 Mémoires de recommandation fut cause qu'on le poursuivit en effet, & peut-être que sans elle on y eût renoncé pour toujours. Car M. de Queylus & ses trois confrères, s'étant rendus à Nantes pour l'embarquement, durant le carême de cette année 1657, apprirent dans cette ville que M. Olier venait de mourir à Paris, le lundi de Pâques, 2 avril; & quoique cette nouvelle les affligeât beaucoup, la recommandation qui! avait faite avant sa mort les empêcha d'abandonner l'entreprise pour laquelle il les avait lui-même choisis (*).

établissements. « Se voyant fruftré du désir de faire connaître Dieu « aux nations privées de la lumière de l'Évangile, dit son successeur, « M. de Bretonvilliers, cette sainte ardeur, c^ui brûlait toujours dans « son cœur, faisait qu'il priait incessamment la divine Majerti que, « s'il n'était pas digne d'y aller lui-même, il lui plût lui taire la « grâce d'y envoyer de ses enfants, qui fissent ce qu'il désirait faire : » & c'eft de quoi, ajoutc-t-il. Notre Seigneur a eu la bonté de lui « donner quelque vue particulière (2). » M. Tronson, successeur de (2) Mémoires his- M. de Bretonvilliers, rappelait, en 1687, ces lumières communiquées toriquessurM. Olier, • à M. Olier, lorsqu'il écrivait à M. Souart, dont on a parlé : « Tout t II. Son amour pour « ce que vous m'écrivez me comble de joie, &. me fait espérer que l'Eglise. a Montréal, cette œuvre de Dieu, se perfeclionnera, selon les vues & « les désirs de M. Olier, notre très-honoré Père (3). » Et c'eft aussi (3) Lettre de M. ce qui fait dire à la Sœur Morin, parlant de Villemarie : « Cette co- Tronson au séminaire « lonie, promise de Dieu à M. Olier, qu'il a aimée & eflimée comme deMontréal,maii6S7. « un lieu où Dieu devait être ser\'i particulièrement, & la très-sainte « Vierge honorée (4). » (^) Annafcs de THô-

(*) Ainsi s'accomplit d'abord, en la personne de ces ecclésias- tel-Dieu Saint-Joseph, tiques, la vue montrée à M. Olier en 1642, &. qu'il rapportait en par la Sœur Morin. ces termes, écrivant à son direileur : « Notre Seigneur nous appellera « pour le servir utilement, parmi les gentils & les peuples infidèles, K selon qu'un jour ce bon maître me dit : Il faut que tu sois lumière « pour la révélation des gentils ; lumen ad revelationem gentium. « C'eft là où j'espère aller, après avoir travaillé à l'imitation de notre « maître, qui lui-même travailla l'espace de trois ans & demi. Après « notre travail, il nous fera cette grâce d'aller dans la dispersion des a gentils, comme lui-même le fit après sa mort. Par le très-saint Sa

xu.

l'archevêque de rouen nomme m. de

dUEYLUS GRAND VI

L'embarquement de M. de Queylus & de ses confrères fut cependiint différé par divers incidents, qui les CAIRE POUR LE cA- rctlnrcnt à Nantes jusqu'au milieu du mois de mai; &, '*''"-*■ dans cet intervalle de temps, la Compagnie de Montréal

s'efforça de leur procurer les pouvoirs spirituels nécessaires à la mission qu'ils allaient remplir. Le Souverain Pontife, en 1643, n'ayant point répondu à la demande qu'ils lui avaient faite, d'autoriser le nonce apoftolique de France à donner la juridiiffion aux missionnaires qu'ils voulaient dès lors envoyer à Villemarie, les Associés durent s'adresser à l'archevêque de Rouen, de qui les Pères Jésuites recevaient eux-mêmes celle qu'ils exerçaient dans la Noitvelle-France. Ils eurent donc recours à ce prélat qui, par ses lettres du 22 avril, donna à MM. de Queylus, Souart &: Galinier le pouvoir de prêcher, d'ad-

(i) Mémoires auto- ■ graphes de M. Olier, t. II, p. 441-

(2) Dollier de Cassen, i656, 1657.

(3)/i.îrf.,i655, ;G56.

1 crement de l'autel, il se rendait présent partout où étaient les Apô- « très, pour publier la gloire de son Père. Ainsi, notre bon Dieu me « donne plusieurs frères, qui sont actuellement au même nombre que « les Apôtres; ils serviront la paroisse de Saint-Sulpice, pendant que « j'y serai; mais^ après, ils iront ailleurs prêcher le nom de Jésus- K Chrirt & la gloire de Dieu, lorsqu'il nous aura appelés, pour le « servir, parmi les peuples infidèles (i). »

Parlant du départ de M. de Queylus & de ses confrères, qui coïncida avec la mort de M. Olier, M. Dollier de Casson fait ces réflexions pieuses : « Dieu, qui veillait sur M. Olier, son serviteur, I exécuta tous ses desseins. Jusqu'alors il avait reçu ses services dans « toute la France; mais, pour dilater son cœur davantage, & donner ot des espaces à l'excès de son amour, il voulut le porter, par ses ence fants, jusque dans des pays étrangers. Il ne lui fit cette grâce qu'à <t la mort, parce qu'il voulait que l'arrivée de ces quatre ecclésias- € tiques fût un témoignage authentique, au Montréal, de l'intime « amour que lui portait son serviteur, par le legs pieux qu'il lui fai- « sait de ses enfants, pour le servir après lui (2). Que la Providence » divine e(t admirable ! Elle avait choisi ce lieu pour être le sépulcre « de plusieurs des enfants de ce digne fondateur, pour les y faire « mourir aux douceurs de l'Europe & les y inhumer à ce monde; & « pour cela, dès l'année 1640, nous avons vu qu'elle fit acheter à ce M. Olier, dans cette île même, un droit de sépulture par ces cent « louis d'or (3) qui furent les prémices de l'argent donné pour le « Montréal, comme autrefois Abraham acheta quarante cycles un. « tombeau des Éthéens pour toute sa lignée. »

PRÊTRES DE SAINT-SULPICE. lÔSj. 27g

miniftrer les Sacrements, d'absoudre des cas réservés à Tarchevêque, en un mot, tous les pouvoirs qu'il avait coutume d'accorder aux missionnaires dans le Canada (i). (i) Archevêché de 11 paraît que les Associés ne lui avaient demandé que cette ^°"^."' ^"s- in-foi.,

-C -l • 1 1 j 1 depuis le 2 G mars

sorte de pouvoirs. Du moms, par d autres lettres datées du lOSy, foi. 7. même jour, qu'il dit avoir écrites de son propre mouvement, l'archevêque nomma M. de Queylus son officiai & son grand vicaire pour toute la Nouvelle-France, en lui donnant ses propres pouvoirs sur toutes les personnes ecclésialliques, quelles qu'elles fussent, avec faculté de les approuver pour la prédication &: Tadminirtration des Sacrements (2). (2) ibid., toi. 6. Ces lettres mettaient ainsi tous les missionnaires, & même le supérieur des Jésuites de Québec^, sous la jurididion immédiate de M. de Queylus; & tout porte à croire que, si M. Olier eût vécu encore, il eût prié l'archevêque de Rouen de borner ces pouvoirs de grand vicaire à l'île de Montréal, & de laisser le reffe du Canada sous la juridiction du supérieur des Jésuites, comme il l'avait été depuis que les Français étaient rentrés en possession de ce pays. . Aussi M. de Queylus, qui reçut ces lettres à Nantes, pritil dès lors la résolution de n'en point user à Québec (3), (3)Hiftoire duMwt- & de rellreindre ses pouvoirs à Tile de Montréal. "^^^' '^' ""'' ^ "^-'^^

M. d'Aillebouft, qui s'était rendu à Nantes avec „. dailleboust pro-

M. de Maisonneuve pour le départ, voulut, de son côté, ^ure des reuhues

procurer de nouvelles faveurs spirituelles à Villemarie. dépositions t'esta-

Ce fut d'enrichir l'église paroissiale d'un grand nombre mentaires avant

, . 1 - i^ • A . l'embariiuement.

de précieuses reliques, entre autres de saint Denis, apôtre de la France, & de ses compagnons, de sainte Clotilde, de saint Remy de Reims, de saint Benoît &. de beaucoup d'autres, au nombre de plus de quarante. Ces reliques lui avaient été données depuis peu par sa sœur, Religieuse à l'abbaye de Saint-Pierre de Reims, la Mère Catherine d'Ailleboufl, dite de Sainte-Gertrude, qui, en mettant ces Saints en honneur dans la Nouvelle-France, voulait témoigner de son zèle pour la propagation de l'Eglise catho- ^^^^^^.^^f 'Jf ^^b^'; lique en ce pays (4). Les Associés de Alontréal, ainsi reg. a, p. 143.

28o II® PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTREAL.

qu'on Fa vu, s'étaient fait donation de l'île les uns aux autres j en excluant tous leurs héritiers; & comme M. d'Aillebouft avait reçu diverses concessions de terre qu'il faisait cultiver, connues alors sous les noms de Coulonges, Argentenai & autres, il eut la précaution, le i6 mai, veille de l'embarquement, de les rétrocéder en son nom & en celui de madame d'Ailleboufl, son épouse, aux Associés de Montréal, ses confrères, de peur que, s'il venait à mourir dans la traversée, ces terres ne pussent être revendiquées par ses héritiers naturels. Il leur donna, en outre, tous les beftiaux, meubles & bâtiments qui se

(0 Archives du se- . ^ , , 4. < i • *„, „

minaiiedeViiiemarie. trouvaieut sur CCS terrcs, ne s en reservant a lui-même

Inventaire He Paris, que l'uSufruit ( l). iC mai iGSy.

. ^^^' . Enfin, tout étant prêt pour le départ, M. de Maison-

AKRIVEE DES PRETRES ' "^ i '^ '

DE sAiNT-suLPicE EN ueuve, charmé du succès de son voyage, fit embarquer à

^*''''°'- la rade de Saint-Nazaire les quatre missionnaires avec

M. d'Ailleboufi & d'autres passagers, &, le 17 mai, on mit

(2) Premier établis- à la voile (2). La traversée fut très-orageuse; on courut

sèment de la Foi, ^-lême plusicurs fois de grands & imminents dangers de

p. 5(3. — Mémoires de .. . ., , . , . . -j^

M. d'Aiiet. faire naufrage. Néanmoins le navire arriva sans accident

aux terres du Canada, & entra enfin dans le fîeuve Saint- Laurent pour remonter jusqu'à Québec. Comme M. de Queylus & ses confrères étaient résolus de ne pas s'arrêter dans ce porte & de se rendre diredement à Villemarie, ils firent halte, ainsi que M. de Maisonneuve, dans l'île d'Orléans, deux lieues avant d'arriver à Québec, le 29 juillet, afin de s'embarquer ensuite de cette île pour le lieu de leur deftination. Leur vaisseau s'avança cependant vers Québec, où il arriva à dix heures du matin, conduisant M. d'Ailleboufl, c|ui annonça l'arrivée des quatre missionnaires. Le P. Dequen, supérieur des Jésuites, partit aussitôt, se rendit dans le lieu de l'île d'Orléans où ils s'étaient arrêtés, & les combla de témoignages si particuliers d'intérêt & de bienveillance, que, pour répondre à ses politesses, ils crurent être obligés de s'arrêter à Québec,, malgré la résolution qu'ils avaient prise de passer

PRÊTRES DE SAINT-SULPICE. l65j. 281

outre (i) (*). Ils s'y rendirent en effet, &, quelques jours (i)HiftoireduMontaprès, visitèrent à leur tour les Pères Jésuites. '''■"'•

Dans le court séjour qu'ils firent alors à Québec, il w. i>e quevlus pressé parait qu'ils visitèrent la mission de Sillery ; du moins ils °o';rs''be''gr!nd'" n' étaient à une lieue au-dessus de Québec, lorsque le P. De- caire a^uébec quen les visita de nouveau, accompagné du P. Poncet, qui faisait alors les fonctions curiales, & l'un & l'autre complimentèrent M. de Queylus sur ses lettres de grand vicaire de l'archevêque de Rouen. M. de Queylus promit au P. Dequen de lui en donner connaissance, & réciproquement ce Père l'assura qu'il lui communiquerait celles qu'il avait reçues autrefois ; & tout se passa avec beaucoup d'honnêteté de part 8: d'autre. Les lettres de grand vicaire du redeur de Québec portaient cette clause expresse que, dès qu'il y aurait en Canada des ecclésiaftiques séculiers munis des mêmes pouvoirs, le redeur ne ferait plus aucun usage des siens; aussi, dès que le P. Dequen eut pris connaissance des lettres de M. de Queylus, il le reconnut pour légitime & seul grand vicaire, 8c protella qu'il n"agi-

(*) M. DoUier de Casson rapporte que le P. Dequen & M. d'Ailleboult allèrent complimenter M. de Queylus dans l'île d"Orléans. C'eft sans doute ici une méprise, & tout porte à croire que celui qui accompagna le P. Dequen fut le nouveau Gouverneur géne'ral, qui était alors M. de Charny, dont M. d'Aillebouft ne prit la place que le i8 septembre suivant. On ne comprendrait pas comment M. d'Aillebouft, qui avait fait la traversée avec les missionnaires & les conduisait à Villemarie, eût montré tant d'empressement pour aller les féliciter sur leur arrivée, & les retrouver dans l'île d'Orléans, quelques heures après les avoir quittés; & qu'enfin lui, qui, depuis plus de deux mois, s'était conftamment trouvé avec eux sur le vaisseau, fût allé leur donner alors des témoignages si empressés d'intérêt & de bienveillance. M. Dollier de Casson savait sans doute que le Gouverneur les avait visités dans l'île d'Orléans, & pensant que M. d'Aillebouft exerçait alors cet emploi, il aura conclu qu'il les avait complimentés. Au rcfte, il a complètement ignoré le voyage que M. d'Aillebouft venait de faire en France; ce qui n'a rien d'étonnant, celui-ci étant mort en 1660, & M. Dollier n'étant venu en Canada que plusieurs années plus tard.

l'3) Mémoires d M. d'AIlet.

TRES DE SAINT-SULriCE SE LOGENT l'hôpital et PREN-

DE LA PARpiSSE.

( I ) Mémoires de ra'it à Tavenir qu'autant qu'il voudrait bien Ty autoriser (i).

M. d'AUet. ^ jjg Queylus lui répondit qu'il n'avait point intention

d'exercer ses pouvoirs à Québec^ & se bornerait à Tîle de Montréal, où il allait faire sa résidence. Les Jésuites insistèrent; l'un d'eux surtout le pressa beaucoup. A la fin, il (2)Hiftoiredu Mont- céda à leurs infiances (2) & visita la paroisse de Québec,

réai, i656 KiSy. ^^^ jj f^,^ charmé & édifié du bel ordre que le P. Poncet y avait établi. Il confirma ce Religieux dans l'adminiflration de la Cure, lui remit une bulle d'indulgence accordée par Alexandre VII, à l'occasion de son exaltation au Pontificat, & partit de Québec pour Villemarie (3).

A VILLEMARIE LES PRÊ- Les habltauts de ce dernier pofte, qui avaient désiré

si ardemment & si longtemps d'avoir un clergé attaché à ,. leur église, témoignèrent une vive satisfaction en voyant SENT LA CONDUITE Qrrlver, pour demeurer avec eux, les quatre ecclésiaftiques que M. Olier avait choisis avant sa mort, & surtout en apprenant que l'un d'eux, M. de Queylus, membre de la Compagnie de Montréal, était en état, par sa fortune, de contribuer beaucoup au bien de la colonie. Mademoiselle Mance n'avait cessé de faire des inftances pour les attirer à Villemarie; elle s'empressa de les recevoir & de les loger à l'hôpital le mieux qu'elle put, & leur céda l'usage d'une grande chambre, conftruite en bois, configuë à celle des malades. Cette chambre, le seul appartement dont elle pût disposer alors, leur servit tout à la fois de salle d'exercices, de réfedoire, de cuisine, de dortoir, & ce fut là qu'ils demeurèrent conftamment, jusqu'à ce qu'ils eussent fait conftruire pour leur usage une maison en pierre appelée le Séminaire, ce qui n'eut lieu que plusieurs années (4) Annales de l'Hô- après (4). Depuis quinzc ans, l'église de Villemarie avait

tel-Dieu Saint-Joseph, ^^^ desservic par un grand nombre de Pères Jésuites, qui

par la Sœur Monn. . r o ' i-

s'étaient succédé les uns aux autres, & dont plusieurs y avaient eu un miniftère assez court. Ceux dont on trouve les noms sur les regiftres de la paroisse sont : les révérends PP. Poncet, Dujubon, Dupéron, Dreuilliette , Butteux, Le Jeune, Daran, Dequen, Albanel, Richard, Le Moyne,

PAROISSE DE VILLEMARIE. lÔSy.

d'Andemare, Bailloquet, enfin le P. Pijart, qui cessa d'y exercer les fondions paftorales le 12 août 1657, & fut remplacé par M. Gabriel Souart, que M. de Queylus chargea de la Cure (*).

Jusqu'alors Villemarie avait été considérée plutôt comme une mission que comme une paroisse proprement dite. Étant enfin pour\'ue d'un Curé & de plusieurs autres ecclésiaftiques deftinés à la desservir, on jugea que le moment était venu de lui donner des marguilliers. Le 21 novembre lôSy, jour de la Présentation, fête solennelle pour le pays, les habitants se réunirent en assemblée générale & procédèrent, pour la première fois, à l'éledion de trois marguilliers, en présence de M. Souart & de M. de Maisonneuve (M. de Queylus étant alors à Québec) . La pluralité des voix désigna pour cette charge trois colons des p)lus honorables, qui s'étaient juftement acquis l'eftime de tous par leurs vertus, leur piété & leur zèle à procurer

VILLEMARIE , PRE- MIERE ÉLECTION DE MARGUILLIERS. DONS FAITS A LA PAROISSE.

(*) Jusqu'alors la difficulté de ss procurer de l'huile à hrùler n'avait pas permis de tenir une lampe allumée devant le très-saint Sacrement-; & nous avons vu que, pour y suppléer, on suspendit, dés les premiers temps, une fiole de verre blanc, ou un réseau renfermant des mouches luisantes. M. Souart, étant devenu curé, signala la générosité de son zèle par l'engagement qu'il prit aiors de faire brûler de l'huile d'olive, nuit & Jour, à ses propres frais, en attendant qu'il put acheter un fond de terre, qui assurât à l'Église une rente perpétuelle deftinée à cet usage (i). Quoique M. Souart fit les fondions (,) Regiftre de la curiales, M. de Queylus ne laissait pas d'officier à l'église, dans cer- paroisse de Villemataines occasions. Ainsi, peu après son arrivée, le 29 du mois d'août, rie, 10 juin i685. ce fut lui qui célébra le service solennel pour le repos de Fàme d'un vertueux colon, mort viilime de sa charité & de son zèle. Jean Davouft, de Clermont en Anjou, étant allé coaduire en canot le P. Dupéron, qui montait à Onnontagué, s'était noyé, la veille, au Sault Saint-Louis, en revenant. Quoiqu'on n'eût pas retrouvé son corps, on célébra pour lui un service solennel, le lendemain, dans l'église de la paroisse. On le retrouva enfin, le i5 septembre suivant, à la seconde île Percé, où on l'inhuma, en élevant une grande crois sur sa fosse; & il rerta dans ce lieu jusqu'à ce que M. Souart fit exhumer ses refies, qui furent transportés à Villemarie Si inhumés dans le (.2^ Regiilre des sécimetière avec honneur (2). pultures,2Saoùt 1637

le bien de la colonie : Louis Prudhomme, Jean Gervaise & Gilbert Barbier; 8: ce fut par l'ai^l^e même de leur élection que commença le premier regillre des délibérations (i) Regiftres de u de la Fabrique de Villemarie (i). La joie universelle que paroisse de Viiiemaric. ^■Q■^^^g^ gyj- pieux colons Cette première organisation de la

Actedu2i nov. lO-^y. . ^ i -i rr ■

paroisse parut assez par les dons qu us offrirent alors a Téglise, en reconnaissance de la protection de leur puissante patronne, dont ils avaient si heureusement expérimenté les effets dans les guerres précédentes; car, ce même jour de sa Présentation au temple, ils donnèrent spontanément à l'église de Notre-Dame plus de onze cents livres. Le Major Lambert Closse en donna deux cent cinquante, &, en outre, trois cent vingt-cinq quelques jours après; enfin, au mois suivant, le lendemain de la fête de la Conception, les colons firent un nouveau don de plus de sept cents livres.

M. DE MAisoNNEuvE M. dc Malsonncuve, après avoir conduit un clergé

DONNE A LA soEiR g^i^uller à Villemaric, s'occupa des moyens de préparer les

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