BOURGEOYS UNE MAI- ' ^ •' '^ '^
SON POUR LES ÉCOLES, voles à Tétablissemeut de Tinlfitut de la Congrégation de Notre-Dame, non moins nécessaire au bien du pays. Nous avons vu que, par les articles qu'ils avaient promis à la grande Compagnie d'observer, les Associés de Montréal s'étaient engagés, en 1640, à établir une communauté chargée d'élever les jeunes filles Françaises & sauvages, & que, dans son voyage de i653, M. de Maisonneuve avait amené la Sœur Marguerite Bourgeoys à Villemarie, comme très-propre à exécuter ce dessein. Depuis ce temps, elle avait exercé son zèle à l'égard d'un très-petit nombre d'enfants, les seuls qu'il y eût encore dans la colonie; mais d'autres étant nés & la population devant se multiplier d'année en année, M. de Maisonneuve jugea qu'il ne devait pas différer davantage de procurer à la Sœur Bourgeoys le moyen de commencer une inftitution si nécessaire au bonheur des familles, & de lui donner, au nom des Associés de Montréal, un bâtiment où elle pût se loger & y recevoir les enfants. Il n'en eut d'autre à lui offrir alors
CONGRÉGATION DE N.-D. A VILLEMAKIE. l658. 285
qu'une maison en pierre, de trente-six pieds de long sur dix-huit de large, située proche de Thôpital, avec un terrain contigu de quarante-huit perches, pour servir aux récréations des maîtresses & des enfants. 11 ne doutait pas que la Sœur Bourgeoys ne donnât naissance à une société de filles, qui continueraient après elle la même œuvre; &, pour cela, il mit cette clause dans le contrat de donation : « La présente concession faite pour servir à l'inlfruclion « des filles de Montréal audit Villemarie, tant du vivant « de ladite Marguerite Bourgeoys qu'après son décès, à ■I perpétuité (i). » Cet ade eft du 22 janvier i658. Le (i)Arciiivcsderno. même jour, la Sœur Bourgeoys, alors âgée de trente-huit '«^i-Dieu^amt-Joseph.
' . 0 j :: o Y,.^£ j^ ,^2 janvier
ans, accepta la donation par-devant Bénigne Basset, gret- loss.
fier de la juftice des seigneurs, & en présence de tous les
officiers de la colonie, qui confirmèrent l'acceptation en y
apposant leurs signatures. Ce furent M. Souart, curé;
M. Galinier, vicaire; Louis Prudhomme, Jean Gervaise &
Gilbert Barbier, marguilliers; Marin Jannot, syndic des
habitants; Lambert Closse, Major de l'île; mademoiselle W ^'"'^';'^"« '^^, '^
' ' ' Congrégation, 22 jan-
Mance, adminiftratrice de l'hôpital Saint-Joseph, & Charles vienôss.piLcestrans-
Le Movne f'^l crites de la main de la
Sœur Bourgeoys.
Rien de plus modefte que les commencements de .ommencemenf de i.a cette inffitution, que nous voyons répandue aujourd'hui '«ngrégation dans tant de paroisses, au grand avantage de la religion 8: de la société. Elle prit naissance dans une maison qui méritait à peine ce nom & ressemblait plutôt au lieu de Bethléem, où le Sauveur du monde voulut naître. La Sœur Bourgeoys en fait ainsi elle-même la description : « Quatre " ans après mon arrivée, M. de Maisonneuve voulut me « donner une étable de pierre pour en faire une maison &; » y loger les personnes qui feraient l'école. Cette étable avait « servi de colombier <k de loge pour les bctes à cornes. Il « y avait un grenier au-dessus, où il fallait monter par une « échelle par dehors pour y coucher. Je la fis nettoyer, « j'y fis taire une cheminée & tout ce qui était nécessaire « pour loger les enfants. J'y entrai le jour de sainte Cathe-
XOTRE-DAME A VIL- I.ENURIE.
« rine de Sienne (3o avril i658) (*). Ma sœur Marguerite « Picaut (qui a été ensuite madame Lamontagne) demeui( rait alors avec moi, & là je tâchai de recorder le peu de <i filles & de garçons capables d'apprendre. » Il y avait à Villemarie quelques filles qui n'étaient plus en âge d'aller à l'école; la Sœur Bourgeoys voulut étendre aussi sur elles sa charité, en les réunissant dans cette maison pour les animer toutes à la piété & les exciter à la ferveur. Dans ce dessein elle établit, sur le modèle de ce qu'elle avait vu pratiquer à Troyes, la Congrégation externe, qu'elle commença le jour de la Visitation, 2 juillet i658, ce qui insensiblement fit appeler du nom de Congrégation la maison de l'école, où ces filles se réunissaient ainsi. Cette Congrégation externe, qui persévère encore aujourd"hui sous le nom de Demoiselles de la Congrégation, a été jusqu'à ce jour une source de bénédidions confiantes pour Villemarie.
PREMIÈRES FILLES sAu- Lcs Assoclés dc Moiitréal, en attribuant cette maison à
vAGEs INSTRUITES ET j.^ commuuauté de la Sœur Bourgeoys, désiraient qu'elle