‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 226 sur 428 · CO.MMENCEVENT AU CHAPELLE DE SAINTE- AS.VE DE BEAUPRÉ · texte numérisé non relu

CO.MMENCEVENT AU CHAPELLE DE SAINTE- AS.VE DE BEAUPRÉ

M. DE QUEYLUS GRAND VICAIRE, l657-58. 'igS

M. de Queylus s'efforça de mettre en honneur diverses "• oe qlt.ylls dons pratiques de piété, dont il avait vu les salutaires effets dans la paroisse de Saint-Sulpice à Paris (*), notamment la dévotion envers sainte Anne. Le grand éloignement où les habitants de la côte de Beaupré se trouvaient de l'église paroissiale de Québec leur faisait désirer depuis longtemps d'avoir dans leur voisinage quelque chapelle où ils pussent recevoir les sacrements & asfsifter au service divin. L'un d'eux, Etienne de Lessart, homme honorable, touché de leur dévotion, offrit en i658, à M. de Queylus, une terre de deux arpents de front 8c d'une lieue & demie de pro-

de pouvoirs spéciaux qu'il avait reçus de l'archevêque de Rouen, & toutefois sans aliéner de lui les esprits, ni rendre l'Église odieuse. Quelques individus, indignes de faire partie de la colonie Française, étaient tombés dans cet excès de malice & de fureur, que d'avoir osé incendier la maison d'un des plus respeflables citoyens de Québec, M. Denis, dont on a parlé (i). Jugeant qu'il était de son devoir d'employer les armes de l'Église, pour contraindre les incendiaires à confesser leur crime & à réparer le dégât commis, M. de Quevlus publia contre eux un monitoire, trois dimanches consécutifs, pendant la grand'messe, & les frappa entin d'excommunication (2), comme en avait usé autrefois saint Paul à l'égard de l'inceflueux de Corinthe. Ce fut lui aussi qui, selon toutes les apparences, introduisit à Québec l'usage de publier &. d'afficher des mandements ; & cela pour notifier, par ce moyen, aux PP. Jésuites & à ceux qui fréquentaient leur église quelques pratiques de dévotion qu'il avait ordonnées à cause du malheur des temps. K Le jour de Pâques, 21 avril i658, disent ces Pères « dans leur Journal, fut affiché, à la porte de notre église, un mande- « ment de M. l'abbé de Queylus, qui portait que tous les prêtres « séculiers & réguliers, les Religieux & les Religieuses eussent à dire (f à la fin de la messe, jusqu'à la Saint-Jean, les litanies du nom de « Jésus, pour les nécessités du pays (3). » Nous avons sous les yeux un autre mandement de M. de Quevlus, joint à la bulle d'Alexandre VII, adressé, le 7 février, à M. Souart ou à son vicaire, en faveur de la colonie de Villemarie, « afin, dit-il, de communiquer aux chères «■ âmes de votre habitation les bénédiclions apoftoliques (4). »

(*) A l'exemple de M. Olier, qui avait introduit, dans sa paroisse, l'usage des Saints du très-saint Sacrement, réservés jusqu'alors à l'oflave de la Fête-Dieu, M. de Quevlus annonça, dans son prône, le 25 novembre 1657, qu'il donnerait désormais le Salut, dansl'église paroissiale, tous les jeudis de Tannée, &, en outre, tous les samedis de TAvent, en l'honneur de la très-sainte Vierge (5).

; I ) Annales de THôtel-Dieu, par la Sœur Morin.

(2) Journal aes Jésuites, 28 ocl. iiJS-.

v3 Journal des Je suites, avril i658.

j' Archives du se'minaire de Villemarje.

Pièces autographes.

(.Tl Journal des Jésuites, 25 nov. 1657.

296 11*" PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE iMONTRÉAL.

fondeur, située sur sa concession au Petit-Cap, & ne mit d'autre condition à cette offrande, sinon que, dans la présente année, on commencerait sans délai & qu'on continuerait ensuite de bâtir une chapelle dans le lieu de ce terrain, que M. de Queylus trouverait le plus commode. (i) Arch. de l'Eglise Cclui-ci accepta la proposition le 8 mars (i), alla peu après, Sainte-Anne, contrat ^^^ macon, sur la terre indiquée, & marqua lui-même,

du S mars iO?8. ' ' t. j i '

au bord du fleuve Saint-Laurent, la place pour la future

(2) Mémoires de église (?.), voulaiit qu'cUc fùt dédiée à Sainte Anne & qu'cllc

M.d'Aiiet. ^j^ portât le nom. Enfin, le 23 suivant, il délégua M. Vi-

(3) Archives du fé- gnal, particulièrement dévoué à sainte Anne (3), qui bénit "oTTffaiïes 2"diffi: la place de l'église, & la première pierre en fut posée par cultes avant 1720. M. d'AiUebouft, exerçant alors les fondions de Gouverneur

(4) Journal des Je- général (a) (*).

suites, 23 mars i()d8. ^ ^^' ^ ''

LA CHAPELLE DE SAINTE- Lorsqu'on commettcait cette conlfrucT^ion , un habi-

tant de la côte de Beaupré, nommé Louis Guimont, affligé de douleurs de reins, mit, par un motif de dévotion, trois pierres dans les fondements, & soudain se trouva guéri. Cette guérison devint l'occasion d'une autre plus frappante encore. Marie-Esther Ramage, femme d'Élie Godin, était atteinte d'une infirmité qui la tenait toute courbée depuis huit mois, & l'obligeait de se traîner péniblement à l'aide d'un bâton, sans espérance de jamais recouvrer la santé par aucun remède humain. Sur le récit que lui avait fait son mari de la guérison de Guimont, elle se mit à invoquer sainte Anne; & au même inftant elle se trouva sur ses pieds, parfaitement droite, & aussi libre de l'usage de tous ses membres qu'elle l'avait jamais été dans sa meilleure santé. Ces guérisons furent suivies de beaucoup d'autres non moins remarquables, opérées subitement dans (5) Recueil de M. la nouvelle église (5), 6c devinrent l'heureuse occasion qui

Morei, i6ô8. accrédita la dévotion envers sainte Anne, & rendit cé-

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